Echo & The Bunnymen avait posé ses valises à l’AB ce mercredi pour un concert devant une AB sold out depuis des lustres. Les hommes de Liverpool ont choisi de présenter un concert en deux parties entrecoupé d’un entracte d’une vingtaine de minutes.
L’Ancienne Belgique est pleine comme un oeuf lorsque le groupe britannique fait son apparition sur les planches.

Et c’est parti pour un premier set entamé avec Going Up, AllThat Jazz et Flowers. Première constatation, le son est bon ce qui est de bon augure. Le band enchaine avec Brussels is Haunted, titre de circonstance, qui précède Villiers Terrace- Roadhouse blues, All My Colours et Never Stop.
Ian campé sur son micro et entouré de cinq retours au sol bouge peu, sa voix est parfois hésitante et ses quelques interventions avec le public difficilement compréhensibles.

Le groupe formé en 1978 par le chanteur Ian McCulloch et le guitariste Will Sergeant, dont le bouc grisonnant tranche avec sa chevelure noir jet, se compose aujourd’hui du bassiste Stephen Brannan, du batteur Simon Finley, de Peter Riley à la guitare rythmique et du claviériste Mike Smith.
Tout ce petit monde est irréprochable musicalement, mais néanmoins le concert peine à décoller, et même si le public semble concentré et conquis par cette prestation remplie de nostalgie made in 80’s, il semble peu coopératif.
Il faut dire que le côté moyennement communicatif du groupe n’arrange pas vraiment les choses.

Durant le deuxième set, Ian se montrera un peu plus bavard, et les titres proposés Show Of Strenght, Over the Wall , Seven Seas, Nothings last Forever -Wild on the Wild Side-In the Midnight Hour, Heads will roll, Bedbugs and Ballyhoo feront un peu plus réagir le public.
Un public toujours fort calme dans l’ensemble, et qui sortira enfin de sa réserve sur les derniers titres qui sont aussi les meilleurs et les plus emblématiques du band : The Killing Moon, The Cutter, Lips Like Sugar et Ocean Rain tiré de l’excellent album du même nom, et dernier tout grand album des Bunnymen.

Lorsque Echo & The Bunnymen quittent définitivement la scène on se dit qu’on a assisté à un bon concert, certes, mais pas non plus à un concert exceptionnel,

Le show n’a jamais vraiment décollé, et on a plus assisté à une formation en représentation qui fait bien son job, qu’à un concert d’anthologie , bien loin de ceux d’une époque révolue où le groupe proposait des prestations cinq étoiles au Klacik à Uccle en 80, à la VUB en 81 et même encore au Trix à Anvers en 2014, où le groupe fut encore réellement emballant.

Est ce le band qui est vieillissant, ou notre perception des choses qui a changé ? Mystère.
Un fait est certain, Echo & The Bunnymen a certainement ravi ses fans purs et durs avec cette soirée tirée de leur tournée intitulée Songs To Learn And Sing (en référence à leur première compilation sortie en 1985), et le groupe a sans doute ravivé la nostalgie chez les autres le temps d’un concert avec un show de bonne facture, mais qui ne restera pas non plus gravé à jamais dans les mémoires. En tout cas pas dans la mienne.
Si je devais coter ce concert sur l’échelle du plaisir je dirais: bien, sans plus…
Jean-Pierre Vanderlinden / Photos Lara Herbinia
