Christine And The Queens au Cirque Royal, sans doute un des cinq meilleurs concerts de l’année et certainement le plus envoûtant !

Christine and the Queens se produisait ce mardi soir au Cirque Royal de Bruxelles. Pas simple d’écrire sur un phénomène adulé par les uns et détesté par les autres dont les albums se suivent et ne se ressemblent pas, même s’ils suivent un fil rouge pas toujours simple à déceler. Pas simple non plus de suivre les états d’âme de l’artiste et son parcours créatif atypique. D’ailleurs dans cet article je l’appellerai l’Artiste pour éviter toute polémique stérile de quelque nature qui soit. Que les haters, homophobes, donneurs de leçons et autres bien pensants passent leur chemin, dans cet article on va parler musique et rien que musique et prestation scénique. Le reste appartient à l’artiste, point barre.

Avec quatre albums à son actif et après être rentré dans la peau de différents personnages, qui au final ne sont rien moins que des expressions différentes de son moi intérieur, tels Christine and the Queens, Chris ou Redcar l’artiste qui en 2017- 2018 avait été répertorié par le magazine Forbes comme faisant partie des Européens de moins de trente ans les plus influents au monde, nous revient avec une démarche nettement plus rock et un album Paranoïa, Angels, True Love (d)étonnant.

Comme David Bowie l’a fait à son époque, ou Madonna qui comme Bowie est aussi une de ses idoles, l’Artiste aime se créer des personnages et brouiller les pistes dans le cadre de ce qui semble être une métamorphose autant artistique que personnelle.

Toujours est il que si j’avais un peu perdu de vue Christine and The Queens durant quelques années faute d’accrocher à certains de ses efforts, je retrouve l’artiste ce soir en concert au Cirque Royal, et au vu de ce que j’ai pu voir et entendre sur le net, notamment une performance bluffante de Big Eye au festival de Glastonbury, je m’attends à tout.

Et je ne vais pas être déçu. Mieux même je vais me prendre une énorme claque musicale et artistique de deux heures.

Le dernier album de Christine and The Queens, sans nul doute son meilleur, est une pure réussite qui engendre sur scène une performance de haut vol d’une puissance émotionnelle et physique impressionnante.

Dès les premiers instants du spectacle on est happé par cette ambiance étonnante créée par les trois formidables musiciens présents sur scène et le charisme indéniable de l’Artiste. Tears can be so soft ouvre le bal poétique suivi d’un Marvin descending absolument épatant, puis de A Day in the Water, Full Of Life, et Track Ten.

La prestation scénique s’articule autour des trois parties de l’album joué dans son intégralité. Chris vit chaque note , chaque phrase, véhiculant par la gestuelle de son corps mis partiellement à nu volontairement mais sans aucune connotation sexuelle, une puissance de feu impressionnante. Musicalement c’est extraordinaire, et puis il y a cette voix formidable dont je guette la moindre faiblesse, qui n’arrivera jamais.

Moi qui ai été biberonné à la culture rock et ses codes je reconnais dans cette prestation un côté non conventionnel et percutant qui fait plus que me séduire.

Flowers day, I Met an Angel, True Love, Let Me touch You Once, Shine, We Have To Be Friends, l’impressionnant Lick The Light Out, To Be Honest et en final l’incroyable Big Eye, moment suspendu allant crescendo jusqu’à la déflagration finale. J’avoue rester sans voix, à mon plus grand étonnement.

« C’était un poème écrit et interprété par Christine and The Queens », annonce l’artiste.

Le public en demande plus, et Christine and The Queens reviendra pour un dernier titre Je Te Vois Enfin avant de quitter définitivement les planches. Un titre fun pour remercier son public, mais pour moi la soirée aurait tout aussi bien pu se clôturer sur cette version de Big Eye, tellement énorme.

Poussant de plus en plus loin sa démarche créative sans concessions, l’Artiste a sans doute perdu une partie de son public plus conventionnel, mais en a gagné un autre plus underground, ainsi que le respect d’une scène pop rock alternative qui tombe forcément sous le charme.

Sans doute en ce qui me concerne, un des cinq meilleurs concerts de l’année et certainement le plus envoûtant.

Une tuerie !

Jean-Pierre Vanderlinden / Photos Fabian Braeckman

 

 

 

 

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