La Gazette du BIFFF #10 : une plongée cauchemardesque dans l’immunité morale des plus riches, des fascistes dégustant une tarte ornée d’une croix gammée. Au BIFFF il faut s’attendre à tout !

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la gazette du BIFFFTout, vous saurez tout sur le 41e festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Deux films à mon programme ce jour.

On commence au Ciné 1 à 19h00 avec INFINITY POOL de Brandon Cronenberg.

Bienvenue dans le all-in luxueux de l’île de La Tolqa. Niché au bord d’une mer émeraude, l’hôtel est un havre de paix pour les riches touristes qui souhaitent se ressourcer peinard. James et Em Forster sont justement là pour se ressourcer peinard, au bord de la piscine, mais c’est sans compter l’arrivée d’un autre couple qui leur propose une autre façon de « se ressourcer peinard » : en visitant cette île dangereuse, totalitaire et gangrenée par des maraudeurs assassins. Mais, en revenant de leur safari humain particulièrement arrosé, James renverse mortellement un autochtone et, selon les lois du pays, la sentence est irrévocable : c’est le peloton d’exécution. Heureusement pour James et tous les ultra-riches du monde entier qui veulent se ressourcer peinard, si on est prêt à payer une grosse somme, la police scientifique du coin crée un clone parfait du coupable, mémoire et remords compris. Idéal pour une mise à mort sans risque. Parfait pour se livrer aux pires atrocités en laissant sa responsabilité à l’hôtel. Là où on peut se ressourcer peinard. Sans se soucier de rien. Et tout recommencer…

Cherchez le père, vous trouverez le fils ! David Cronenberg nous a habitué à des films dérangeants, controversés et qui divisent le public, le fiston Brandon fait lui aussi dans le complètement barré de chez barré, mais hélas avec bien moins de talent que papa. Infinity Pool est en effet plus que bien barré et inégal.

Le film commence académiquement avant de plonger très vite dans un délire scénaristique devant lequel il faut s’accrocher…ou pas.

Constitué de plans dérangeants, de séquences choc ou gore plutôt sanglantes et de moments hystériques, le film est intéressant dans sa première moitié avant de souffrir de quelques  longueurs et d’un délire jusqu’au-boutiste qui séduira certains et peinera à convaincre les autres.

On se demande quand même à la vision de ce métrage ce qui doit se passer dans le cerveau de Brandon pour proposer ce genre de film.
La forme hallucinée supplante le fonds, et j’avoue m’être assez ennuyé dans le seconde partie du film où j’ai décroché avant de me perdre définitivement dans ce délire qui n’en finit pas de finir.

Dommage car l’idée de départ de cette plongée cauchemardesque dans l’immunité morale des plus riches, où tout devient marchandise, même la conscience humaine était de base assez intéressante, mais le résultat final lui ne m’a pas convaincu outre mesure.
Par contre le casting est excellent, rien à dire là dessus.

Note : 12/20

Director : Brandon Cronenberg
Screenplay : Brandon Cronenberg
Cast : Alexander Skarsgärd, Mia Goth, Cleopatra Coleman & Jalil Lespert
DOP : Karim Hussain, Csc
Producer : Rob Cotterill, Karen Harnisch, Andrew Cividino, Christina Piovesan, Noah Segal, Anita Juka, Daniel Kresmery &Jonathan Halperyn
Production : Film Forge / Elevation Pictures Production / 4Film / Hero Squared Production
Distribution : Sony Belgium
World Sales : Universal Pictures / Year : 2023 / Country : Canada, France, Hungary
Audio : English / Subtitles : FR / NL / Running time : 117′ / Genre : horror, science fiction

Au Ciné 2 à 21h00, un public nombreux s’était déplacé pour SOFT & QUIET de Beth de Araújo

Elle est jeune, elle est puéricultrice, elle s’appelle Emily et elle s’implique à 100% dans sa communauté. Ce soir, elle rejoint un groupe de parole dédié aux femmes, avec un petit gâteau fait maison pour agrémenter leurs bavardages. Quelques bisous de bienvenue plus tard, elle déballe sa pâtisserie, ornée d’un énorme svastika en son milieu. La vilaine blague fait glousser l’assemblée qui démarre aussi sec sa parole libérée : c’est quoi, cette discrimination positive qui leur sucre des promotions dans leur propre pays ? Et ces moricauds et bridés qui, non contents de leur voler le pain de la bouche, veulent prostituer le sacro-saint « American Way of life » ? Elles sont chez elles, bordel : les white lives matter aussi, et on ne peut même pas en parler ? Elle est passée où, la liberté d’expression ? Défendre son pays et ses valeurs devient soudain anti-américain ? P… d’immigrés. Après ces échanges courtois et posés sur le vivre ensemble, notre troupeau de bigotes décide de poursuivre la soirée avec du pinard californien. Et là, par le plus malheureux des hasards, leurs théories suprémacistes nauséabondes vont trouver de la matière pour passer à la pratique.

Le thème du film avait tout pour plaire et pour en faire un grand film de dénonciation. Malheureusement on est ici face à un métrage filmé assez souvent en caméra subjective, peu emballant, et à la photographie assez terne.

Plutôt intéressant dans son premier tiers, néanmoins fort bavard, le film vire dans l’horreur de la réalité quotidienne de ces fascistes en puissance, puis s’empêtre dans un dernier tiers long et peu passionnant, mal filmé, et dont la conclusion assez prévisible est plus qu’attendue pour le spectateur un peu attentif.

Au final un film qui dérange avec certaines séquences bien amenées, mais qui s’enlise très vite et ne tarde pas à susciter chez le spectateur une forme d’ agacement devant le jeu trop appuyé de certaines protagonistes et génère un solide ennui.

Note : 10/20

Director : Beth de Araújo
Screenplay : Beth de Araújo
Cast : Stefanie Estes, Olivia Luccardi, Eleanore Pienta, Dana Millican, Melissa Paulo, Jon Beavers &Cissy Ly
DOP : Greta Zozula
Producer : Josh Peters, Saba Zerehi, Joshua Beirne-Golden & Beth de Araújo
Production : Blumhouse Productions / Second Grade Teacher
Distribution : Blue Finch Films Releasing / Year : 2022 / Country :USA
Audio : English/ Subtitles : FR / NL / Running time : 91′ / Genre : horror

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La Gazette du BIFFF c’est fini pour cette fois, rendez vous très bientôt pour une nouvelle gazette, toujours dans les colonnes de Branchés Culture.

Et en attendant bon film, goede film !

Jean-Pierre Vanderlinden

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