Dans un esprit Mickeylodeon, Superino fait du canular son super-pouvoir vaudevillesque

Tadada, tadadadadada, tadada, tadada, tadadaaaaaa. Oui je sais, je fais très mal le générique de la 20th Century Fox, encore plus par écrit. Toujours est-il que c’est un sacré personnage que nous font rencontrer le trio magique Trondheim-Keramidas-Findakly: Superino, star de la stampa italienne, qui a combattu (et parfois aidé, malgré lui) le mal tout en restant sur le territoire d’une Botte, New Napoli pour être précis, qui trempe parfois dans de drôles d’eaux. De quoi faire surgir des tentacules qui n’augurent rien de bon.

Résumé de l’éditeur : Superino est le super-héros vedette de New Napoli. Il n’a pas de super-pouvoirs mais des gadgets rigolos et redoutablement efficaces quand ils ne sont pas défaillants. Jugez plutôt : des fusées sont incluses dans ses grosses bottes, elles lui permettent de voler tandis que ses énormes gants contiennent mille et un ustensiles pour le combat, ils peuvent même être propulsés vers ses ennemis pour les assommer ! Héros drôle et maladroit, Superino n’a cependant pas froid aux yeux et affiche une bonhomie naturelle doublée d’un sens de la justice très poussé. Alors qu’il intercepte une criminelle notoire, il se heurte à une dure réalité : les prisons sont déjà pleines à craquer et il va devoir la laisser en garde chez le milliardaire Dino DiMarco et son opiniâtre maman qui lui sert de comptable, majordome et cuisinière. La présence permanente de la délinquante va évidemment créer de nombreux quiproquos.

Première incarnation hors des frontières italiennes pour le méconnu Superino, donc… Ou peut-être est-ce un vrai canular? Comme ceux des chanteurs qui ont sorti un album (Chris Conty, Gilles Gabriel…) alors qu’ils n’ont jamais existé. En effet, Lewis Trondheim, Nicolas Keramidas et Brigitte Findakly ont inventé de toutes pièces ce vengeur masqué, son histoire dans et hors-texte, de cheville avec un éditeur et un maquettiste qui ont aligné les astres pour faire croire à cette reprise qui est en réalité une pure création, certes très référencée.

© Trondheim/Keramidas/Findakly chez Dupuis
© Trondheim/Keramidas/Findakly chez Dupuis

Quelque part entre Mickey et Eric Powell, connectant l’Italie (qui n’a pas son pareil pour faire émerger des super(?) héros très originaux comme Jeeg Robot, les quatre Freaks…) et l’Amérique des Batman et autres, les auteurs ont opté pour le cartoon vintage, avec une trame bien ancrée, pour donner vie à une cité futuriste. Le décalage fait mouche, y compris chez cet énième héros, une sorte de chat dont le costume est cheap, complètement à côté de ses pompes et des ambitions qu’il se prête. Et pourtant, ça marche du tonnerre.

© Trondheim/Keramidas
© Trondheim/Keramidas

Reprenant des motifs de leurs albums Disney (Mickey & Donald’s Craziest Adventures), le trio retrouve sa liberté totale et fougueuse pour livrer le chaînon manquant, nous entraîner dans une histoire somme toute banale de la naissance d’un justicier masqué… mais avec le ton et le second degré (et les goodies, avec quelques pages de fausses pubs qui finissent d’incarner le riche anachronisme de cet album) qui changent et bousculent tout pour nous faire adhérer à ces péripéties pleines cases. Y compris quand elles enferment le héros chez lui… alors qu’avec l’intrusion de sa meilleure ennemie, il n’est plus chez lui.

© Trondheim/Keramidas/Findakly chez Dupuis
© Trondheim/Keramidas/Findakly chez Dupuis

Le format est petit, mais les planches sont amples avec 4 cases maximum, et des actions qui les explosent. Dans ce vaudeville super-héroïque, les trois auteurs sont dans leur élément, réunissant un casting irrésistible et des ambiances qui, elles, sont spectaculaires. Keramidas, après le gros loupé de Commando Barbare en compagnie de Sfar, retrouve ses esprits, sa puissance bondissante, comique mais néanmoins redoutable. Qui a dit que les héros n’étaient que des resucées et qu’ils n’avaient plus rien d’inventif? Quand on ne les prend pas trop au sérieux, pourtant, tout peut arriver! La blague tient la route.

© Trondheim/Keramidas/Findakly chez Dupuis
© Trondheim/Keramidas/Findakly chez Dupuis
© Trondheim/Keramidas/Findakly chez Dupuis

À lire chez Dupuis.

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