La Gazette du BIFFF #5: un slasher qui baigne dans la réalité virtuelle, une chasse aux sorcières contemporaine, un dernier client psychopate glacial et un double qui devient gênant, c’est au BIFFF que ça se passe !

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le cœur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, avec La Gazette du BIFFF je vous dis tout sur le 40e festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Mardi 05/09, le Bifff est rentré dans sa deuxième semaine et mon choix de films de la journée me conduit vers le Ciné 2 où est projeté Realidad Virtual.

Matias est grand, séduisant avec le cheveu soyeux. Matias est riche, sûr de lui et plein de ressources. Il est réalisateur, aime se comparer à Tarantino et vient de terminer un film d’horreur qu’il estime être en toute modestie le digne successeur de SCREAM. Après avoir terminé un premier montage, il invite l’équipe du film chez lui pour une projection privée du futur chef-d’œuvre en question, avec pinard et pétards à foison. Mais, dès les premières images, l’équipe découvre des scènes qu’elle n’a jamais tournées, tandis que les comédiens se voient réciter à l’écran des dialogues totalement inconnus… Mais là, ce ne sont encore que quelques zakouskis occultes qui précèdent une sauterie particulièrement sanglante, où chaque meurtre à l’écran aura des répercussions dans la vie réelle. Parce qu’en fait, Matias n’est rien d’autre qu’un réalisateur de merde avec le talent d’une mouette diabétique. Et son succès, il a été le chercher dans un pacte faustien redoutable, où les comédiens vont devoir trouver le moyen de rentrer en contact avec leurs personnages pour rester en un seul morceau…

Alors, l’idée de la réalité augmentée n’est pas mauvaise, mais passé ce pitch de départ original, on se retrouve vite face à un énième slasher comme il y en a des milliers sur le marché. Hormis le fait que les comédiens du film dans le film vont vraiment souffrir au nom de l’art, le reste est d’une banalité affligeante avec des personnages pas très futés auxquels on a beaucoup de mal à s’attacher si bien qu’on se surprend à sourire à chaque fois qu’un d’eux se fait dégommer. Pour amateurs inconditionnels de slashers, pour ma part je passe mon tour.

Note: 9/20

Année 2021
Réalisateur Hernan Findling
Casting Vanesa González,
Cesar Bordon,
Federico Bal,
Guillermo Berthold,
Sofía Del Tuffo,
Francisco González Gil & Tobias Findling
Distributeur Filmsharks
Genre horreur
Audience ENA
Durée 89′
Pays Argentine

Ensuite direction le Ciné 1 pour Witch Hunt

On l’a vu, on le voit et on le verra encore : ce qui est légal n’est pas toujours juste. Ce qui est juste n’est pas toujours légal. C’est une question de perspective morale, de boussole éthique qui fluctue avec l’air du temps (béni des colo… hé merde, on dérape déjà…). Bref, nous voici plongés dans une version alternative de l’Amérique moderne où, grâce à un amendement opportunément rajouté dans la Constitution, tout acte de sorcellerie est désormais interdit. Grosso modo, toute rouquine un peu trop poil de carotte est vouée au contrôle de faciès, tout point de beauté un peu trop gros est considéré comme suspect et, pour les cours de piscine, toutes les filles doivent passer le test de la noyade. Une nouvelle discrimination arbitraire pour les rétrogrades sectaires qui ont décidé de varier un peu, après avoir tapé sur la couleur de peau ou l’orientation sexuelle des victimes potentielles. Heureusement, les sorcières ont encore des alliées, comme Martha qui fait passer clandestinement la frontière à cette minorité. Mais c’est sans compter Claire, son ado de fille, qui – pour faire plaisir à ses copines de lycée – trouve que c’est trop tendance de « basher » de la « witch ».

Dans une Amérique ravagée par les clivages politiques, idéologiques et raciaux ce nouveau film de la jeune Elle Callahan se pose en métaphore du cadeau empoisonné de la globalisation. La chasse aux sorcières est transposée de nos jours et montre à quel point l’homme peut être un loup pour l’homme ( ici particulièrement la femme sorcière) lorsque la différence n’est pas acceptée est idéologiquement combattue.

Voilà pour le fond , maintenant parlons de la forme et ça c’est une autre histoire. Assez lent dans son déroulement, le film enfonce des portes ouvertes et accumule des scènes assez téléphonées avant de proposer une fin plutôt abrupte qui  laisse le spectateur sur sa faim. L’interprétation n’est pas mauvaise, la réalisation est correcte mais au final le film ne restera pas longtemps dans nos mémoires.

Note: 10,5/20

Année 2021
Réalisateur Elle Callahan
Casting Elizabeth Mitchell,
Abigail Cowen,
Christian Camargo,
Gideon Adlon,
Assaf Cohen,
Lulu Antariksa & Treva Etienne
Distributeur Global Screen
Genre fantasyhorreur
Audience ENA
Durée 98′
Pays USA

Restons dans la même salle, le Ciné 1 avec The Last Client, que les rumeurs annoncent comme un très bon thriller.

Suzanne est, de toute évidence, une femme comblée : un mari idéal, une petite fille parfaite et un boulot dans lequel elle excelle. Psychologue de renom avec un joli paquet de best-sellers au compteur, elle se fait de quoi remplir au moins trois pleins de diesel par séance, à écouter ses patients torturés. Mais la journée est bientôt finie pour Suzanne : plus qu’un client qui va probablement lui parler de sa mère qui boit et de son père qui louche, avant de pouvoir rentrer à la maison. Et ce dernier client, il s’appelle Mark. La banalité incarnée, à première vue. Si ce mec était un feuilleton, ce serait Derrick. Sauf qu’il ne faut jamais se fier aux apparences, car Mark est un tueur en série qui fait la une des tabloïds à force d’arracher les fœtus de ses victimes. Et Mark, il a une proposition à faire à Suzanne : cette dernière a une heure pour le guérir, sinon elle sera la suivante sur son tableau de chasse macabre…

Attention thriller glacial qui va vous scotcher à votre fauteuil !

Ce nouveau film d’Anders Rønnow Klarlund (écrit sous son pseudo d’écrivain, AJ Kazinski) fait clairement partie de ces films qui constituent des sommets de manipulation à la mécanique perverse. Même si la première partie du film pourrait sembler un peu longuette aux plus tatillons des spectateurs, une fois l’histoire en place on se prend des retournements de situation en pleine poire jusqu’à la terrible scène finale. Attendez vous à un grand thriller scandinave implacable dont vous sortirez éprouvé mais ravi.

Excellent !

Note : 16/20

Année 2022
Réalisateur Anders Klarlund
Casting Signe Egholm Olsen & Anton Hjejle
Distributeur Level K
Genre thriller
Audience ENA
Durée 95′
Pays Danemark

Après l’excellent thriller The Last Client au Ciné1, place à un autre film très attendu projeté à 20h30 : Dual

Sarah vient d’apprendre une grosse tuile: l’hôpital vient de lui coller un diagnostic terminal et elle ne passera pas l’hiver… Plutôt que de sortir les Kleenex et les violons pour son petit copain et sa mère, elle décide de signer pour une procédure assez courante, le Remplacement. Grosso modo, elle accepte de se faire cloner pour que ses proches puissent avoir un ersatz de Sarah, une fois qu’elle a passé l’arme à gauche. Evidemment, son double doit passer quelques temps avec elle, histoire d’ajuster les paramètres comportementaux. Mais, au fur et à mesure que les semaines passent, sa famille semble largement préférer la version « upgradée » de Sarah. Et lorsque celle-ci apprend qu’elle est en totale rémission, c’est une autre tuile qui s’annonce: étant donné qu’il ne peut y avoir qu’une version de la même personne sur terre, la loi prévoit un combat à mort entre les doublons. Histoire de ne pas faire de jaloux, quoi…

Ce film est une excellente surprise ! D’abord le scénario totalement inventif, puis l’excellente interprétation des acteurs et la réalisation nerveuse qui cerise sur le gâteau laisse la place à un humour noir assez jubilatoire.

Riley Stearns fait clairement partie des réalisateurs attendus au BIFFF et démontre ici que l’attente valait le coup. De plus au casting on retrouve Karen Gillan ( vous savez Nebula dans le monde des Avengers) qui s’en sort plus que bien dans un registre inaccoutumé.

Un très bon film, à voir d’urgence !

Note : 16/20

Année 2022
Réalisateur Riley Stearns
Casting Karen Gillan,
Aaron Paul,
Beulah Koale & Theo James
Distributeur Park Circus
Genre dystopia
Audience ENA
Durée 94′
Pays USA / Finland

Voilà, c’est fini pour aujourd’hui, à très bientôt ici même pour une prochaine Gazette du BIFFF.

Et d’ici là bon film, goede film !

Jean-Pierre Vanderlinden

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