La gazette du BIFFF #3: une bombe placée sous une voiture, Une Pieta dérangeante, la présence de John McTiernan, du thriller coréen, un étonnant Hinterland, un Predator qui n’a pas pris une ride, des revenants maléfiques, un peepshow sanglant et un Studio 666 bien barré de chez barré. Le BIFFF continue son chemin

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le cœur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, avec La Gazette du BIFFF je vous dis tout sur le 40e festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Nous sommes le jeudi 1er septembre et ma sélection de la journée démarre avec Blast à 16h30 au Ciné 1.

Paris et les bagnoles, ça n’a jamais été une grande histoire d’amour. Mais ce qui emmerde particulièrement Sonia aujourd’hui, ce ne sont pas les bouchons interminables du périph’, ni les zones 30 qui bourgeonnent un peu partout dans la capitale. Encore moins cette frénésie du tout-à-l ’électrique et ces trottinettes kamikazes qui défoncent le code de la route à chaque virage. Non, ce qui emmerde particulièrement Sonia, c’est qu’elle vient à peine de mettre les gamins dans sa voiture, prête à sortir de son parking souterrain, quand elle se rend compte qu’elle a ramené sans le savoir du travail à la maison. Oui, parce que Sonia, elle est démineuse professionnelle pour une ONG, dont la devise est « ta première erreur serait aussi ta dernière ». Et là, elle vient de remarquer que quelqu’un a placé une mine antichar sous sa titine, tandis qu’un décompte de 30 minutes s’enclenche au même moment… Bref, le genre de situation où Sonia se dit qu’elle aurait mieux fait d’être caissière à Jardiland. Eux, leur devise, c’est « cultivez votre bien-être », et c’est quand même vachement plus zen que d’avoir l’équivalent de 8 kilos de TNT sous les fesses…

Blast est le premier film de Vanya Peraini-Vignes (plutôt habitué aux collaborations avec Claude  Lelouch), et l’action se passe à huis clos dans un garage, et plus précisément dans une voiture. C’est clair qu’au niveau budget pour les décors le film n’a pas vidé les poches de la production, le challenge étant de créer en unité de lieu et de temps un climat de tension qui tient en haleine le spectateur.

Et sur ce plan c’est une demi réussite, car une fois au coeur de l’action ( enfin quand j’écris action c’est une façon de parler ! ) on est interpellé par de nombreuses failles dans le scénario qui paraissent totalement invraisemblables: le mari qui voyant que la voiture ne démarre pas demande à sa femme de le rejoindre au garage, le choix à faire entre les 2 enfants pour les évacuer de la voiture, les collègues démineurs qui sont par moment plutôt nonchalants, enfin bref plusieurs scènes semblent peu crédibles dans une situation de stress qui dans la réalité serait épouvantable et réellement très difficile à vivre sans perdre les pédales. Ceci dit c’est un premier film, et il a le mérite de démontrer que le cinéma d’exploitation hexagonal existe encore et tente des choses

Note: 11/20.

Année 2021
Réalisateur Vanya Peirani-Vignes
Casting Nora Arnezeder,
Pierre Kiwitt,
Rasha Bukvic,
Sara Mortensen,
Édouard Montoute,
Marius Blivet,
Lewine Weber,
Alika Del Sol,
Olga Korotyayeva,
Pierre Marello & Anton Yakovlev
Distributeur Wide
Genre thriller
Audience ENA
Durée 97′
Pays France

Ensuite, toujours au Ciné 1, place à la projection de La Pieta.

Libertad est une mère très attentionnée envers son fiston Mateo. Toujours à le cajoler, prête à lui donner le sein, à le nourrir et à le mettre au lit pas trop tard. Sauf que Mateo a atteint l’âge adulte depuis une paye, qu’il vit dans l’atmosphère suffocante d’un appartement aux couleurs Chuppa Chups fascistes, et que sa Libertad de mère est capable de se faire un autodafé quotidien de Françoise Dolto devant un crucifix inversé si on remet en question son éducation digne de Pol Pot. Mais, un soir, alors qu’elle demande à Mateo comment étaient ses selles, il lui répond par un geyser vomitif, signe annonciateur du crabe qui le ronge de l’intérieur. Alors que Libertad refuse l’évidence même, Mateo voit sa chimio comme un retour quasi biologique dans le giron maternel, quitte à se faire dominer comme un foetus sans défense…

Ce film est une allégorie sur la relation malsaine et déviante entre une mère et son fils qui lui est entièrement soumis. Cette figure maternelle oppressive – qui est comparée dans le film à la dictature nord coréenne – sur fond d’images clinquantes et esthétisées à outrance, n’empêche pas le film d’être assez laid sous divers aspects. C’est glauque, souvent ennuyeux, bassement provocateur, si bien qu’on se demande de quel esprit dérangé est sorti le scénario d’un long-métrage pareil. A mon avis une bonne thérapie s’impose.

Bref j’ai détesté ce film, qui n’apporte rien ni au genre ni au spectateur, témoin d’un faux beau film esthétique, juste d’un vomissement d’images inutiles et clinquantes sur grand écran qui lui ont fait perdre 97 minutes de son temps.

Note : 8/20

Année 2022
Réalisateur Eduardo Casanova
Casting Macarena Gómez,
Ana Polvorosa,
Ángela Molina,
María León,
Antonio Durán ‘Morris’,
Manel Llunell,
Meteora Fontana,
Daniel Freire,
Alberto Jo Lee & Songa Park
Distributeur Film Factory Entertainment
Genre black comedycamp
Audience ENA
Durée 84′
Pays Spain / Argentina

1/09, 20h30 au Ciné 1, c’est l’heure de la Masterclass de John McTiernan.

Durant deux heures le réalisateur américain de Predator, Die Hard, Nomads entre autres, va répondre aux questions de Gorian Delpâture journaliste à la Radio Télévision Belge Francophone, et même s’il ne possède pas la bonhomie ni le charisme d’un Guillermo Del Toro ses anecdotes souvent précédées d’un long temps de réflexion parfois déroutant, n’en seront pas moins intéressantes. Le tout en anglais sans traduction, tant pis pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare, ils garderont malgré tout le souvenir de deux heures passées en présence d’un géant du cinéma.

La Masterclass fut suivie par une séance d’autographes dans le village du Palais 10.

A 22h30 au Ciné 1 il le BIFFF proposait Confession

Non content d’être marié à l’héritière d’un empire financier colossal, Min-ho vient en plus de gagner le titre d’entrepreneur de l’année. Bref, du bonheur ultralibéral à en jeter par les fenêtres. Mais qu’est-ce qui pourrait donc bien gâcher cette vie de rêve ? Qu’il soit pris en flagrant délit d’adultère ? OK. Soyons plus pervers. Qu’on retrouve carrément le cadavre de son extra-conjugale ? Mieux encore : que l’on arrête Min-ho dans une chambre d’hôtel, verrouillée de l’intérieur, avec le macchabée encore chaud de son illégitime à ses pieds… Forcément, notre golden boy a la gueule du suspect idéal, pour ne pas dire rêvé aux yeux d’une presse de caniveau mais, malgré les apparences, les faits et les évidences atrocement évidentes, Min-ho soutient qu’il est victime d’un coup monté. Barricadé dans son chalet de montagne après une libération sous caution, il a une seule nuit pour convaincre Shin-ae, célèbre avocate et véritable rottweiller des prétoires, de son innocence. Et qu’est-ce qui pourrait gâcher encore plus cette situation de merde ? Que Min-ho soit obligé d’avouer un autre meurtre pour se disculper du premier, par exemple. Ça serait moche, hein ? Mais ce n’est que le début d’une très longue nuit…

Ce film est la version coréenne de The Invisible Guest qui fut projeté au BIFFF en 2017 et dont je vous avais écrit le plus grand bien à l’époque dans une précédente gazette du Bifff. Le scénario qu’Alfred Hitchcock n’aurait pas renié est parfait, mais cette version coréenne réalisée de manière très académique tient la route mais reste nettement inférieure à la version originale espagnole signée Oriol Paulo, surtout dans son coup de théâtre final moins bien exploité. Un bon film tout de même .

Note : 13/20

Année 2021
Réalisateur Jong-seok Yoon
Casting Ji-sub So,
Yun-jin Kim,
Nana & Kwang-il Choi
Distributeur Lotte Entertainment
Genre thriller
Audience ENA
Durée 105′
Pays Corée du Sud

Il est 00h30 et l’heure de Midnight Peepshow au Ciné 2.

Dans les bas-fonds de Soho, une « Madame » tient un Peep Show unique en son genre. Derrière ses néons putassiers et aguicheurs, le voyeur le plus tordu ne va pas seulement lâcher quelques biffetons pour mater de la chair triste: il va avoir droit à une expérience sur mesure, adaptée à ses peurs les plus profondes… Et, ce soir, c’est Graham qui s’y colle. Homme d’affaires paumé et esseulé, Graham tire sa fortune grâce à un investissement dans un site de fantasmes extrêmes, connu sous le nom de Black Rabbit. Il n’a jamais demandé plus de détails sur les activités du site. La trouille, probablement. Mais, ce soir, tout va changer: il va avoir droit à trois histoires par le bout de la lorgnette voyeuriste. Trois conséquences de ses investissements, qui ont permis aux esprits les plus retors d’assouvir leur fantasmes cauchemardesques…

Avec ce film on est face à un quatuor de réalisateurs/trices qui ont uni leurs forces pour nous servir un film d’horreur sans concessions, une sorte de version gore et hallucinatoire d’Alice in Wonderland version snuff movie et avec un black rabbit. Si les différents sketches de ce cocktail horrifique et vénéneux sont inégaux, l’ensemble fait le boulot et nous laisse sur une dernière histoire choc signée Jake West.

Pas mal du tout dans le genre !

Note: 13/20

Année 2022
Réalisateur Anthony ‘Airell’ Hayles, Jake West, Andy Edwards & Ludovica Musumeci
Casting Richard Cotton,
Sarah Diamond,
Chiara D’Anna,
Miki Davis,
Derek Nelson,
Jamie Bacon,
Jack Fairbank,
Roisin « Rachel » Browne,
David,
Zach Gilligan,
Bethan Walker & Ryan Oliva
Distributeur The Haunted Cinema
Genre gorehorreur
Audience ENA
Durée 93′
Pays UK

Ce film terminait ma journée au BIFFF, il est pratiquement 3h00 du matin, une bonne heure pour regagner mon bercail histoire de reprendre des forces et de me reposer les yeux qui piquent un peu.

02/09/14h / Ciné 1 Don’t Come Back Alive.

Pour son baptême du feu dans son unité d’élite de la police, la jeune Camilla va être plus que gâtée… Une opération à très haut risque dans un quartier qui ferait passer les favelas de Rio pour Fort-Jaco. Autant dire que les collègues sont armés jusqu’aux dents, les chargeurs sont doublés et les dents claquent, même chez les plus aguerris… Quand l’assaut est donné, Camilla est aux premières loges et elle se retrouve en plein milieu d’un rituel où tous les membres décident de s’immoler ensemble. Le feu se propage tellement vite que Camilla finit en merguez trop cuite. Brûlée au troisième degré, elle est plongée dans le coma, tandis que Fatima, son amie et procureure, aidée de l’inspecteur Angel, se coltinent une série de meurtres trop cuits. La coïncidence est évidemment énorme et tous deux attendent avec impatience le réveil de leur amie. Mais quand elle finira par ouvrir les yeux, elle ne sera pas revenue seule des limbes…

Ce projet né du Bifff Market et signé Nestor Sanchez Sotelo  plaira sans doute aux amateurs du genre, mais lorgne méchamment vers le déjà vu maintes et maintes fois. Une nana qui sort du coma et ne revient pas seule, mais accompagnée de présences maléfiques fait un peu office de plat réchauffé, aux saveurs connues et peu relevées. Du cinéma bien réalisé, mais vite oublié aussi.

Note: 10/20

Année 2022
Réalisateur Néstor Sánchez Sotelo
Casting María Abadi,
Melisa Garat,
Marco de la O,
Ruby Vizcarra & Fiorela Duranda
Distributeur Del Toro Films
Genre horreursupernatural
Audience ENA
Durée 85′
Pays Argentine

Encore au Cine 1 – 02/09/2022 – 16:30 Hinterland

Après avoir vécu le cauchemar des tranchées et celui des camps de prisonniers, Peter Perg et les survivants de son peloton retournent enfin au bercail. Mais leur Vienne fastueuse qui faisait la grandeur de l’empire austro-hongrois n’est plus qu’une cité décadente qui s’enlise dans le désespoir et la pauvreté galopante. Pire encore, ces estropiés de la Grande Guerre n’ont même pas le temps de soigner leur syndrome post-traumatique à coups de schnaps qu’un tueur décide de s’en prendre à eux. Et pas n’importe comment, car cet assassin est un esthète de la torture et de mise en scène macabre… Flic dans une autre vie, Perg décide de se lancer aux trousses du psychopathe mais, au fur et à mesure que les cadavres s’empilent et que les têtes se dévissent, notre vétéran finit par comprendre que la clé du mystère se cache dans son passé trouble…

Dès les premières images de Hinterland on se dit que si le reste du film confirme notre première impression on va en prendre plein les yeux. Visuellement somptueux et narrativement abouti ce long-métrage austro-luxembourgeois constitue un grand moment de cinéma. Chaque plan filmé pourrait être un tableau d’art, la gestion de la lumière est superbe et l’interprétation des comédiens impeccable. Quand au scénario bien ficelé il tient le spectateur en haleine jusqu’au bout. Hinterland se pose comme un des grands films du BIFFF dans la catégorie thriller, et même un grand film tout court.

A voir d’urgence !

Note : 17/20

Année 2021
Réalisateur Stefan Ruzowitzky
Casting Murathan Muslu,
Max Von Der Groeben,
Liv Lisa Fries & Marc Limpach
Distributeur Beta Cinema GmbH
Genre serial killerthriller
Audience ENA
Durée 99′
Pays Austria / LuxembourgBelg

Au Ciné 1 – 02/09/2022 – 18:30 Predator

Un commando de mercenaires est envoyé en mission dans une jungle d’Amérique centrale. Une fois sur place, ils vont découvrir que leur cible n’est autre qu’un extra-terrestre, en villégiature sur notre planète pour une chasse exotique. Juste pour le plaisir de tuer. Ça tombe très bien : le Major « Dutch » Schaefer est également fan de ce sport en plein air…

Le BIFFF a eu l’excellente idée de nous reproposer Predator en présence de John McTiernan, et la salle était plus que bien remplie.

A la question posée par le présentateur du Bifff  au public:  » Y a t’il dans la salle des gens qui n’ont jamais vu Predator ? « , environ trente pour cent des spectateurs ont levé la main, comme quoi il n’est jamais trop tard pour découvrir un chef d’oeuvre du film d’action, et pour ma part un de mes 10 films préférés de tous les temps.

Quand on interroge John McTiernan pour savoir s’il est conscient d’avoir réalisé avec ce film un incontournable du 7e art qui est la quintessence même du film d’action des 80’s,  il répond :  » Je voulais juste faire un bon film pop corn ! «  Alors du pop corn pareil John, on veut bien en ingurgiter des kilos !

Un film incontournable à voir absolument au moins une fois dans une vie de cinéphile.

Note : 19/20

Année 1987
Réalisateur John McTiernan
Casting Arnold Schwarzenegger,
Carl Weathers,
Elpidia Carrillo,
Bill Duke,
Jesse Ventura,
Sonny Landham,
Richard Chaves,
R.G.Armstrong,
Shane Black & Kevin Peter Hall
Distributeur Libérations Films / Disney Belgium
Genre actioncultscience-fiction
Audience ENA
Durée 107′
Pays USA

Après une séance de Predator acclamée par les fans, la grosse foule se pressait devant le Ciné 1 à 20h30 pour Studio 666, le film très attendu des Foo Fighters.

Punaise ! Voilà presque 30 ans que les Foo Fighters déferlent leurs riffs endiablés dans tous les stades du monde ! 15 Grammy Awards sur la cheminée et 9 albums qui se sont vendus par millions… ça en jette, hein ? Sauf que, là, le groupe est en manque cruel d’imagination, et le label de disques fout une pression dingue aux Foo pour emballer leur dixième album. Acculé, le chanteur Dave Grohl décide d’emmener tous ses musicos dans un vieux manoir pour s’inspirer des lieux et retrouver leur mojo. Bon, l’endroit ne manque pas d’atmosphère, ça c’est sûr… Mais toute cette petite mise au vert va partir en vrille lorsque Dave tombera sur le cadavre d’un raton-laveur sacrifié dans la cave. Et fallait surtout pas toucher à la déco d’époque car, maintenant, Dave est possédé par un esprit démoniaque qui va booster sa créativité pour écrire la plus épique des chansons sataniques…

Si vous êtes fan des Foo Fighters ou fan de rock tout court, et que vous aimez les films d’horreu,r il ne faudra pas vous convaincre à aller voir le film, et si ce n’est pas le cas ne ratez pas cette péloche déjantée et jubilatoire menée à 100 à l’heure. On attendait beaucoup de ce film et on n’est pas déçu ! Gore, irrévérencieux, rock, hilarant et punk, Studio 666 est une pépite dans le genre.

Et quand on sait que c’est BJ McDonnell qui réalise et que John Carpenter est de la partie notamment pour le score et que Kerry King y traine ses tattoos aussi, il ne vous reste plus qu’à vous jeter sur ce film de grands malades.

Terrible !

Note : 18/20

Année 2021
Réalisateur BJ McDonnell
Casting Dave Grohl,
Whitney Cummings,
Leslie Grossman,
Will Forte,
Jenna Ortega & Jeff Garlin
Distributeur Sony Belgium
Genre comedyhorreur
Audience ENA
Durée 106′
Pays USA

Voilà c’est fini pour cette fois, rendez vous très bientôt sur Branchés Culture ici même pour une prochaine Gazette du BIFFF.

Et en attendant : Bon film ! Goede film !

Jean-Pierre Vanderlinden

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