Dour 2022: un dimanche entre découvertes et valeurs sûres sur la plaine aux éoliennes


Durant une semaine caniculaire, les festivaliers dourois ont fêté comme il se doit le retour de l’évènement musical le plus éclectique du Plat Pays. Au cours de 5 jours de festivités, 264 artistes se sont produits et 223.000 festivaliers ont foulé les 170 hectares du Dour Festival.

Comme le veut son ADN, le festival hennuyer a offert un feu d’artifice d’émotions et de bons sons, en rythmant ses 8 scènes de belles découvertes et de stars incontournables. Entre Carl Cox, Amélie Lens, Disiz, Booba, Angèle et Roméo Elvis, des noms beaucoup moins connus ont une fois encore réussi à convaincre les aficionados du festival des amoureux de musique en tout genre.

Dans les lignes, l’équipe de Branchés Culture présente sur place (Douglas et Régis, ce second à la rédaction) vous propose un focus sur les temps forts du dimanche de clôture du Dour Festival.

Malgré les dires en préambule du festival, il y avait bien du rock et des guitares sur le site de la plaine aux éoliennes pour cette 32e édition de Dour. Toutes les déclinaisons de genre musical avaient été majoritairement programmées sur la scène du Labo, le dimanche du festival. Warmduscher, Los Bitchos et Black Midi ont enchaîné les accords devant un public très clairsemé mais terriblement enthousiaste.

Il faut reconnaître que le constat de Mathieu Fonsny s’est malheureusement vérifié au cours de cette journée acoustique au Labo. Le modèle doit être repensé pour permettre à Dour d’accueillir de nouveau en grandes pompes les pépites des quatre coins du globe des scènes rock, punk, metal et indie en terre hennuyère.

Malgré ce triste retour par rapport à l’accueil des genres musicaux historiques du festival, la prestation énergique du groupe britannique Warmduscher renforce l’idée que le Rock n’est pas encore mort à Dour.

Si le labo posait une véritable remise en question sur le format futur du festival dourois face à ses envies et ses valeurs alternatives, la Petite Maison Dans La Prairie a fait émerger par surprise un modèle très contemporain qui tend à prouver que la musique offre ce qu’elle possède de meilleur quand elle est l’alliance d’un métissage culturel sans frontière.

Julia Lanoë AKA Rebeka Warrior de Sexy Sushi et de Kompromat a déjà séduit depuis longtemps le public de Dour. Et son charme a une nouvelle fois opéré avec le projet Mansfield.TYA. Le duo qu’elle forme avec Carla Pallone est percutant.

Entre le thérémine, le violon et la musique électronique, c’est une véritable expérience sonore qui est livrée sur scène. La scénographie est épurée. Un long drap blanc, des stroboscopes et une lumière rouge suffisent à emporter le public déjà bercé par la voix réconfortante mais pleine d’urgence de Julia Lanoë. L’esprit punk renaît à chaque instant de cette prestation.

Le concert était déjà un plaisir indescriptible quand le duo invita sur scène François Guillemot AKA Fanfan de Bérurier Noir pour entonner le morceau Les filles mortes.

La performance suivante sur la scène de la Petite Maison Dans La Prairie fut une claque encore plus désarçonnante. Mezerg étant un artiste des plus surprenants. Cet homme-orchestre 3.0 mit littéralement la foule en transe. Le son de son Piano Boom Boom créa un climat tropical dans le chapiteau. Le public se livra alors corps et âme, en dansant à l’unisson, sous une musique fusionnant house, acoustique, funk et acid techno par l’intermédiaire d’un thérémine, d’une grosse caisse et de plusieurs synthétiseurs.

Mais l’OVNI de ce dimanche fut sans nul doute Chibi Ichigo qui se produisait sur la scène de la Chaufferie. La chanteuse-rappeuse belgo-russe offrit un concert electro-kitsch digne des prestations de l’Eurovision mais qui rappelait par moment la folie enivrante de Sexy Sushi.

Ce dimanche dourois, le tombeur des cœurs des festivaliers de tout âge fut, sans contestation possible, Roméo Elvis. Dans la foule, toutes les générations présentes sur le site de la plaine aux éoliennes se confondaient. Ce public de 7 à 77 ans était rassemblé pour voir et entendre le show du chef de file de la scène rap belge actuelle.

Entre auto-promotion et auto-dérision, le spectacle fut à la hauteur des attentes. Les grands trous exigés par Roméo Johnny Elvis Kiki Van Laeken laissèrent place à des jumps et des pogos dignes des mouvements de foule des plus grands festivals de Metal. Au passage, le frère aîné d’Angèle profita de son concert pour gentiment troller l’interprète de La loi de Murphy. En fin de show, Caballero et Jeanjass ainsi que l’Or du commun vinrent rejoindre leur ami pour clôturer ce concert survolté en entonnant Bruxelles arrive.

La fin de journée fut assurée par les très attendus Vald, sur la Last Arena, et Rone, dans La Petite Maison Dans La Prairie, qui sont devenus depuis longtemps des valeurs sûres du Dour Festival.

Pour les plus impatients, la 33e édition du Dour Festival se tiendra du 12 au 16 juillet 2023.

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