La recette est connue : du sang, des boyaux, de la rate et… pas de cerveau: Debuhme livre un western campagnard, improbable et décérébré

© Debuhme chez Le Lombard

Debuhme aime les invités surprise! Après avoir accueilli un ours chez lui et conquis le Prix Raymond Leblanc, le voilà qui conduit les plus terribles (quoique) représentants de la mafia à la porte d’une charmante fermette. En apparence. Car il y a quelque chose qui cloche. La fermière officie toute seule avec les cochons et les poules et son homme a disparu du jour au lendemain. Peut-être court-il le monde? Non, découpé grossièrement, il vit désormais dans le congélo. Il faut dire que quand Lou a le couteau ou la hache qui la démange… et un verre d’alcool de trop, le drame est si vite arrivé.

Résumé de l’éditeur : Aldo est un truand. Mais Aldo ne supporte pas la vue du sang chaud. C’est pas de bol ! Et la malchance, Aldo, ça le connaît : à peine sorti de prison après avoir purgé sa peine, il plante sa voiture dans un ravin. Blessé, il atterrit chez Lou. Peu accueillante, elle ne goûte gère d’avoir un étranger chez elle. Et pour cause, elle vient de tuer son mari dont les restes sont entreposés au congélo ! Pour seul héritage, ledit mari lui laisse les dettes contractées auprès de la mafia locale. Entre quiproquos et règlements de compte, une seule certitude : le sang chaud va couler à flots…

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Sortir de prison pour se planter en bagnole, c’est ballot! Heureusement, Aldo, fils de boucher devenu mafieux, va s’en sortir avec quelques bandages et trouver refuge, une nuit pas plus, chez Lou. Si elle l’a soigné, elle n’est pas très causante, hostile même. Il faut la comprendre, son mari est parti et ne reviendra plus… Peut-être même Aldo peut-il finalement l’aider à ce qu’il ne lui cause pas plus d’ennuis. Il faut dire qu’avant sa disparition, les dettes étaient légion tant le disparu dilapidait le petit matelas financier de son couple. À tel point que pour solder ses comptes, il s’est acoquiné avec la mafia. Mauvaise idée, c’est à double tranchant. Lou et Aldo ignorent jusque-là qu’ils sont deux cibles, réunies désormais au même endroit bientôt en état de siège.

© Debuhme chez Le Lombard
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Après avoir lu De la nécessité d’avoir un ours chez soi et m’être familiarisé avec le style de Debuhme, je n’osais l’imaginer dans un style aussi hardboiled et sanguinolent. Ça lui va comme un gant tant l’auteur ne perd rien de sa veine comique, hilarante même, l’intensifiant même dans ce règlement de comptes dans un corral ridicule. Le refuge de notre duo complètement improbable a tout d’une maison des trois petits cochons face à des loups qui n’ont pas que les dents longues: costumes sombres, sur des t-shirts parfois anachroniques (l’un des mafieux offre un festival de mauvais goût), chapeaux gris, flingue toujours à portée de main… Et tant qu’à parler de main, on vous parle pas du Homard, le plus terrifiant et professionnel de ce gang de bras cassés autour duquel gravite toute une ville: maire (corrompu forcément), police et autres carcasses qui vont se retrouve au menu du feu d’artifice final et amoral.

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Entre film de mafieux et western, avec ses couleurs cinglantes et minimalistes, Debuhme tire le ciel progressivement vers le rouge sans jamais se perdre entre sa verve parodique et son sérieux criminel. C’est le genre d’album où on pourrait craindre qu’à force de jouer sur les deux tableaux, l’un s’efface au profit de l’autre. Non, jusqu’au bout, humour et action, trash et badass, se mêlent joyeusement, profitant de la bêtise de chacun des protagonistes mais n’oubliant pas d’en mettre certains dans de sales draps, rouge sang. Ça aurait pu être écœurant, ça reste savoureux de bout en bout et ça défend bien son steak.

© Debuhme chez Le Lombard
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Titre : Le goût du sang

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Debuhme

Genre : Huis clos, Parodie, Thriller, Western

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 112

Prix : 17,95€

Date de sortie : le 27/05/2022

Extraits : 

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