Dans Retour à Liverpool, Bourhis et Solé plongent dans une réalité parallèle so 80’s dans laquelle les Beatles se reforment (ou se consument?) pour notre plus grand bonheur

De quoi l’année 2021 était-elle emblématique ? Chaque année amène son lot de faits inoubliables qu’ils soient chanceux ou désagréables. Parmi d’autres thématiques sanitaires et autres, 2021 fut l’année des… Beatles. Anachronique, quarante ans après la séparation des Fab Four ? Pas tellement. Alors que les Rolling Stones ont perdu l’un des leurs mais continuent les tournées avec leur irrésistible énergie, les Beatles eux gardent une place chère dans l’imaginaire populaire. 2021 fut l’année de Let it be (et sa réédition) et de Get Back, fameux triptyque documentaire réalisé par Peter « Lord of the ring » Jackson. Il y a deux ans, Danny Boyle imaginait dans Yesterday un monde sans Beatles, Hervé Bourhis et Julien Solé imaginent un monde avec du rab’, un tour de piste supplémentaire pour John, Paul, Ringo et George.

Résumé de l’éditeur : Et si les Beatles s’étaient reformés ? De 1960 à 1970, John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr ne faisaient qu’un : les Beatles. En 1980, séparés depuis dix ans, ils sont au creux de la vague… Hervé Bourhis et Julien Solé imaginent avec humour ce qu’aurait été leur come-back ! Un retour acrobatique pour être à la hauteur d’une légende qui semble déjà oubliée, même à Liverpool…

© Bourhis/Solé chez Futuropolis

Il y a Manchester… et Liverpool, épicentre de la musique beat, place to be pour quatre garçons dans le vent. Du moins le temps d’une décennie, de 1960 à 1970. Avant le clash, le splatch. Et la séparation des chemins, sur d’autres passages piétons. Irréconciliables, ces coléoptères qui avaient fait les beaux jours de la musique anglo-saxonne? En tout cas, certaines fortes têtes (John et George, en frères ennemis) risquent bien de mener toute entreprise de come-back à l’échec. Sauf si un coup de pouce du destin… ou de la fiction  alignait les astres, les stars.

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© Bourhis/Solé chez Futuropolis

C’est dix ans après le split que Hervé Bourhis (formidable connaisseur et encyclopédiste de la musique par le dessin) et Julien Solé (inénarrable quand il s’agit de travestir la réalité pour créer des super-héros et des situations abracadabrants) retrouvent John Lennon, pièce maîtresse d’une possible réconciliation. Dans la tempête, cauchemar météorologique, sur son voilier mal embarqué, John voit la mort de près… et décide de réparer ce qui a été cassé, dix ans plus tôt. Il pend son bâton, ou plutôt sa guitare, du pèlerin, pour retrouver le trio gagnant.

© Bourhis/Solé chez Futuropolis

Avec Paul, les retrouvailles se passent sans trop d’encombre; avec George, en chiens de faïence, mais c’est Ringo, et un accident qui lui fut presque fatal, qui allait aider les enfants terribles à se rabibocher (non sans continuelles piques les uns à l’égard des autres) et à poursuivre leur aventure là où ils l’avaient laissée.

© Bourhis/Solé chez Futuropolis

Sauf que, forcément, tout ne se passe pas comme prévu. À commencer par le fait que le quatuor a changé de décennie et de paradigme. Les musiciens en solo ont su évoluer mais les Beatles restent un groupe des années 60, supplanté par de nouvelles modes, de nouveaux styles et même leurs femmes se sont mises à faire de la musique.

© Bourhis/Solé chez Futuropolis
© Bourhis/Solé

Puis, il y a les punks qui ne voient pas forcément d’un bon oeil ces revenants et ces fans prêtes à tout pour voir un nouvel album signé par les Fab Four sortir. Il va falloir que ces quatre-là se détendent, et la zénitude hindouiste de George va être mise à rude épreuve. Insérant des faits divers et des faits réels dans leur conte défait, Bourhis et Solé font rocker les Beatles dans un cocktail détonnant de surprises et de délires en noir et blanc. Les couleurs de la couverture sont tellement réussies dans ce Liverpool pluvieux que j’ai été un peu déçu de voir le reste de l’album en noir et blanc.

© Bourhis/Solé chez Futuropolis
© Bourhis/Solé chez Futuropolis

Pour le reste, quel plaisir de se balader dans ce docu-fiction revisitant secrets et lieux mythiques et qui se révèle beaucoup moins attendu que les récentes réunifications des Friends, par exemple, ou, n’en doutons pas, d’Harry Potter.

© Bourhis/Solé chez Futuropolis

Titre : Retour à Liverpool

Récit complet

Scénario : Hervé Bourhis

Dessin : Julien Solé

Noir et blanc

Genre : Docu-fiction, Humour, Musique

Éditeur : Futuropolis

Nbre de pages : 96

Prix : 17€

Date de sortie : le 03/11/2021

Extraits : 

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