Jérémy a rêvé et cauchemardé Vesper : une autre saga de l’éther, un projet fou et fort d’univers étendu au coeur de la BD franco-belge

© Jérémy chez Dargaud

« Tout est un ». Trois mots ont suffi à créer un univers.

Si tout est un, alors vous n’êtes pas externe à l’univers ; vous êtes l’univers.

De cette croyance est né le monde d’Etheria ; l’arbre-monde de cristal qui insuffle l’âme à la matière.

Dans un corps prêté pour un temps limité, la vie se cherche et élève sa conscience en dépassant ses limites.

Lorsque vient l’instant de mort, le monde n’est plus le même que celui qu’il était avant. Tout comme l’âme qui retourne à Etheria n’est plus la même.

Infini, éternel, en perpétuel changement. Sans changement, il n’y aurait pas de vie.

L’âme, la conscience, l’esprit… Quel que soit le nom qu’on lui donne, ne se perd pas. Chargée de ses expériences, elle transforme l’univers.

(Jérémy)

© Jérémy chez Dargaud

Après avoir fait ses armes, et de belles, aux côtés des maîtres que sont Jean Dufaux et Alejandro Jodorowsky, Jérémy se lance avec Vesper dans une aventure ambitieuse (six tomes prévus) et dont il est l’unique capitaine, au scénario, au dessin et aux couleurs. Non sans avoir une sacrée muse : le jeu Final Fantasy et une de ses incroyables armes, l’épée-massue Vesper. Faite femme (une nouvelle héroïne rousse dans le paysage du Neuvième Art), tout aussi redoutable, dans un monde héroïque autant qu’obscurantiste.

Résumé de l’éditeur : Elle s’appelle Vesper. On la surnomme « l’Amazone des chevaliers de Nyx ». Vesper est une hybride, mi-humaine et mi-chimère. Elle parle la langue éthérée qui lui confère une puissance magique fabuleuse. Une maîtrise de la magie qu’elle met au service du prince Crimson Nyx afin de repousser l’assaut des Sorajis et de sauver le royaume de Sylvaestris. Ensuite, une nouvelle ère pourra commencer. Ensemble, Vesper et Crimson rêvent de bâtir un royaume dans lequel toutes les races vivraient en harmonie, à l’abri des discriminations. Mais leur triomphe tourne court. Sur ordre de l’Ekklesia, ils sont jetés au cachot. Tandis qu’un terrible supplice attend Crimson, Vesper est condamnée à avoir la langue tranchée…

J’adore le travail de Jérémy, peut-être encore plus au sortir de la lecture de ce premier tome d’une série qui s’annonce spectaculaire. Dans son trait, il y a un fin travail de technicien mais aussi une vraie dimension populaire, un amour du dessin tel que nous pouvons tous le pratiquer à de (très) moindres niveaux.

© Jérémy chez Dargaud

Avec Vesper, on trouve tout ce qui fait le sel des épopées racontées par le trentenaire rumois: un décor médiévaliste d’heroïc fantasy, des clans opposés et prêts à en découdre jusqu’au sang et même l’os, des hommes qui se mêlent à un bestiaire féroce, de l’action et de la tragédie. Un réel engagement dans un monde qui pourrait scintiller s’il n’était pas à ce point dominé par les ténèbres et les jeux de pouvoir. Avec un certain intérêt du côté des puissants, bien en place et tenant à le rester, à conserver un climat de haine et de guerre – diviser pour mieux régner – et à jeter dans une geôle (sordide traitement de faveur en prime) leur plus inspiré et fraternaliste combattant : le prince en personne, Crimson Nyx. Sous prétexte qu’il s’est associé à une amazone, mi-humaine mi-chimère vue comme une créature du diable et que le clergé, usant d’une religion très orientée et à laquelle on ferait dire et ordonner n’importe quoi, entend bien renvoyer d’où elle vient, non sans lui avoir retiré son pouvoir sorcier.

Artwork © Jérémy
Artwork © Jérémy
© Jérémy chez Dargaud

En 56 pages de ce début de saga étincelant (retournant les estomacs aussi, parfois), Jérémy installe sa mythologie (et ses références) par l’action, sans encore trop avancer dans l’histoire. Il place ses pions, et le résumé de l’éditeur dit quasiment tout de ce qu’il se passe dans cet album. Bref, on reste sur notre faim quant à l’intrigue, à l’histoire en retenue, mais le show est tellement spectaculaire et les images cinglantes (de héros déjà soumis à rude épreuve physique et mentale) qu’on adhère complètement à cette mise en bouche fracassante et attisant le feu. Le mystère de cet univers sans partage et sans demi-mesure est bien introduit et ne risque pas de relâcher sa démoniaque étreinte de si tôt.

© Jérémy chez Dargaud
© Jérémy chez Dargaud

Cela dit, si cet album sexy et vénéneux est le plat de résistance, la pierre angulaire de cet univers épique, Jérémy a imaginé – c’est la tendance plutôt au cinéma – qu’il soit partagé et multi-plateformes: l’ether saga. On ne parle pas (encore) d’adaptation filmique mais bien d’une bande originale signée Soheil Forouhi, d’un jeu vidéo (pour l’été 2022, par Jérémy, Sylvain Harlaut, Mika, Romaric et Soheil Forouhi), de tirages spéciaux, d’un artbook chez BD Empher et d’un portfolio Synergies (avec différents auteurs de prestige invités : Mohamed Aouamri, Benoît Dellac, Jérémy, Enrico Marini, Mika, Béatrice Tillier, Fred Vignaux et Philippe Xavier). Tout cela sera vendu d’ici quelques jours lors d’une campagne de financement participatif Ulule, que je vous conseille de garder à l’oeil. Ne sacrifiez pas toute votre bourse aux fêtes de fin d’année.

Pour tout savoir sur le projet : http://www.ether-saga.com/ et la page Facebook du projet

Série : Vesper

Tome : 1 – L’Amazone

Librement inspiré de l’univers de Final Fantasy

Scénario, dessin et couleurs : Jérémy

Genre : Heroic Fantasy

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 56

Prix : 14,50€

Date de sortie : le 15/10/2021

Extraits et artworks: 

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