Si seulement, Lucie de Vincent Engel : un roman jeunesse touchant sur la complexité des sentiments

Si seulement, Lucie de Vincent Engel est un roman jeunesse touchant. C’est un roman qui parle des sentiments naissants chez deux ados, Lucie et Jim. C’est un roman qui parle aussi des secrets auxquels on essaie d’échapper mais qui remplissent tout l’espace et la vie. C’est un roman qui parle de différence, de chagrin d’amour des adultes, des couples qui se disputent mais restent vivre sous le même toit. C’est un roman qui expose la difficulté de croire en l’amour quand les modèles qui vous entourent n’y parviennent pas. C’est juste et c’est la vie, la vraie.

« Depuis l’enfance, Lucie porte un secret qui l’empêche parfois de faire des choix. Lorsqu’elle rencontre Jim, elle le déteste tout de suite car elle sait qu’elle pourrait tomber amoureuse. Lorsque Jim croise le regard de Lucie, il sait que sa vie va changer. »

« Les mots, c’est toujours des chaussures trop étroites. Pour être heureux, il faut courir pieds nus dans l’herbe »

Lucie est une jeune ado de quinze ans qui débarque dans une nouvelle ville, un nouvel appartement, une nouvelle école. Contrainte et forcée de quitter sa campagne adorée et d’accompagner ses parents dans cette nouvelle vie dont elle ne veut pas. Cette vie qui l’éloigne un peu plus de ses souvenirs d’enfance.

Elle va occuper l’appartement du dessus dans l’immeuble de Jim, un collégien de son âge qui l’attend tous les matins pour partir à l’école. Elle ne lui a rien demandé, elle lui parle à peine d’ailleurs et fait tout ce qu’elle peut pour le décourager. Mais rien à faire, Jim, c’est la patience et la gentillesse incarnée.

Et ces deux-là s’apprivoisent doucement. Car ce roman est aussi une ode à la patience. Jim permet à Lucie d’évoluer à son rythme, sans la brusquer. Et puis un jour, il propose de lui faire découvrir son bois, sa forêt…. Et Lucie, en manque de nature et totalement écœurée par l’urbanisation nouvelle qui l’entoure, ne peut que succomber. C’est le début d’une belle histoire d’amour, de respect et de tendresse. De secrets qui prennent toute la place aussi.

Lucie est persuadée de porter malheur à ceux qui l’aiment. Ses parents se disputent et puis il y a cet ami qui n’existe pas à qui elle parle. Et qui sait bien, lui, à quel point elle porte malheur. Alors, ce bonheur qu’elle découvre dans les bras de Jim, elle n’ose s’y abandonner complètement. Pourtant, elle ne cesse d’écouter en boucle la playlist des Pink Floyd que Jim lui a téléchargée. Mais entre sa culpabilité, les cris des disputes de ses parents et la solitude de la maman de Jim, peu de choses convergent pour aider les ados à croire en leur histoire.

Et lorsque Jim est victime d’un accident, Lucie y voit un signe. Le signe qu’elle est responsable du malheur des autres.

Ce roman, au-delà de l’histoire simple et touchante, c’est aussi l’écriture d’un homme : Vincent Engel. Et il contient bon nombre de jolies petites pépites.

« Elle s’était vite retrouvée à l’étage où travaillait Maman (de Jim), celui des soins palliatifs, où la médecine assure vaille que vaille le service après espoir. »

Un joli roman d’amour (qui finit bien, je vous rassure). Bien écrit et qui permet d’ouvrir le débat en famille sur le poids des secrets, la capacité de résilience de chacun et le droit au bonheur.

Auteur : Vincent Engel

Titre : Si seulement, Lucie

Editions : Mijade – Zone J

Sorti le 28 octobre 2021

Nbre de pages : 188 pages

Prix : 9,50 €

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