Les amants de la Terre Sauvage de Katherine Scholes… quand tous les ingrédients d’un grand roman sont réunis mais que la sauce ne prend pas !

Katherine Scholes nous a habitué à de grand romans d’évasions, en terre lointaine. Que ce soit la Tanzanie, l’Inde ou la Tasmanie, il y a toujours une femme, un territoire vaste et une nature sauvage, un homme qui croise le chemin de notre belle héroïne. C’est du roman d’évasion, du roman passion. On sait ce qu’on vient y chercher. Et avec ce titre très prometteur : Les amants de la Terre Sauvage, les allusions non dissimulées à l’exceptionnel Out of Africa de Karen Blixen (et Denis Finch Hatton remarquablement incarnée au cinéma par un Robert Redford qui nous a toutes laissées songeuses), on pouvait s’attendre à en avoir le souffle coupé… Hé bien j’ai le regret de constater que NON. Les descriptions des paysages sont fabuleuses mais l’histoire entre Mara et Peter, on n’y croit pas. Elle ne s’incarne pas, elle ne prend pas vie. On reste dans le descriptif et pas dans l’émotion ! Dommage

« Mara, jeune Australienne de vingt-sept ans, vit depuis trois ans en Tanzanie avec son mari John, chasseur professionnel. Les affaires vont mal pour les deux époux qui possèdent un établissement hôtelier en plein coeur de la savane : les réservations se font rares ; le couple bat de l’aile.

Alors que John est parti pour un safari, une équipe de tournage d’Hollywood arrive sur les lieux pour filmer les dernières scènes d’un film. Mara se rend compte que leur avenir peut être sauvé. Le succès du film repose sur elle, et elle se sent revivre avec cette soudaine responsabilité et cette indépendance. Mais elle se sent aussi dangereusement attirée par Peter, la vedette masculine du film…

Une histoire d’amour émouvante relevée par la description envoûtante de paysages magnifiques. »

Pour celles et ceux qui, comme moi, on vu une bonne centaine de fois Out of Africa, il est évident que ce roman n’en est qu’une pâle copie, l’émotion amoureuse en moins.

Mara débarque sur le continent, comme Karen (Blixen), et s’installe dans un lodge à quelques kilomètre de la ville de Kikuyu. Elle épouse John, un chasseur professionnel (largement inspiré de Denis) mais des tensions s’installent dans le couple. Il est d’ailleurs dommage que le personnage de John ne soit pas plus étoffé, plus nourri par l’auteure. Car on ne peut s’empêcher de lui coller l’image de Redford, d’autant qu’il est décrit blond avec de grands yeux bleus… Bref, on n’a aucune envie de le détester et on n’adhère absolument pas au délitement du couple.

Par contre, la faune et les paysages, le climat et les gens sont remarquablement décrits. Ils sont tels que les Européens que nous sommes peuvent se les imaginer. Tels que nous pouvons les ressentir si nous avons la chance de poser le pied dans ces régions. La moiteur de l’air, la sueur qui colle à la peau, les odeurs particulièrement fortes et emmêlées de tout ce qui mûrit au soleil. La latérite qui se colle partout, sur les carrosseries des voitures, dans les voiles des rideaux, dans les cheveux et sur la peau. Les insectes, les prédateurs, la chaleur et le danger. C’est remarquablement vivant, c’est remarquablement juste, c’est criant d’un amour pour cette région et cette époque révolue.

Puis, il y a les descriptions mi-réelles, mi-légendaires du comportement des éléphants. Cet animal énorme, à la force herculéenne que les chasseurs se font un devoir d’abattre. Ces animaux qui témoignent d’une grande humanité, de comportements envers leurs morts qu’il est difficile de ne pas comparer aux nôtres. Des scènes parfois insoutenables qu’il m’a fallu lire en diagonale tellement la compassion et l’empathie envers cet animal inondaient mon coeur. Et je ne sais toujours pas si elles sont le fruit de légendes locales, de l’invention de l’auteure ou de réalités de terrain…

Puis, débarque Peter, cette vedette de cinéma dont on a du mal à percevoir le charisme et sous le charme duquel Mara tombe… On ne comprend pas pourquoi. Pour les amateurs de scènes carrément romantiques ou totalement hot (le titre nous laisserait penser que…), ben là non plus, vous n’aurez pas votre compte.

Il est des livres dont on se dit qu’ils ont fait « plouf »… Et malgré les magnifiques descriptions immersives dans cette Afrique majestueuse, l’histoire entre Mara et Peter ne prend pas. On n’y croit pas… et elle nous laisse froid….. Ce livre n’aura réussi qu’une seule chose, et c’est une merveilleuse nouvelle, je me suis enfin décidée à lire le roman de Karen Blixen : Out of Africa… après avoir usé la cassette VHS jusqu’à la bande, le DVD ensuite, et l’avoir regardé à chaque rediffusion sur les chaînes de télévisions… Prenons l’original et les émotions seront certainement au rendez-vous. Il ne me reste plus qu’à trouver un exemplaire du roman 😉

Auteure : Katherine Scholes

Titre : Les amants de la Terre Sauvage

Editions : France Loisirs

Sorti en janvier 2009

486 pages

Prix d’occasion : < 5€

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