Auzou se lance dans le bain BD : une femme préhistorique anachronique, une princesse-araignée, une bande de potes de tous horizons, des Écuyers en classes vertes de rage

© Philippon/Sauge chez Auzou

Sortie aux prémisses de l’été, la série À l’année prochaine prend peut-être encore plus son sens au sortir de celui-ci. Dans ce premier album réalisé par Benoît Philippon et Nicolas Sauge, dont le titre reprend la seconde partie de la locution devise de la Suisse ou des Trois Mousquetaires (Tous pour un!), place aux bons sentiments et à l’aventure au coin du lieu de villégiature. Ceux qui évadent et font penser à autre chose… et auxquels on repense une fois les vacances passées. Avec en plus, d’autres lectures proposées par Auzou pour occuper le temps libre jusqu’aux prochaines vacances qui ne sauraient tarder.

© Philippon/Sauge chez Auzou

Résumé de l’éditeur : Comme tous les étés, Swann va passer les vacances dans un village du Tarn avec ses parents. Depuis toujours, il y retrouve sa bande d’amis, composée des vacanciers comme lui et le Léon, le seul qui habite là à l’année. L’arrivée de Léna, la nouvelle voisine va bouleverser Swann pour qui cet été sera différent de tous les autres.`

© Philippon/Sauge chez Auzou

C’est fou comme il y a un monde de différence entre celui de l’école et celui des vacances. En vacances, les enjeux sont moindres, tout le monde est en short, en tenue de baroudeur et il est beaucoup moins question de discriminer l’un ou l’autre que dans l’écrin d’une cour d’école. C’est mon impression et sans doute aussi celle de Benoît Philippon et Nicolas Sauge qui font partie des pionniers de la partie BD du catalogue des Editions Auzou (actives depuis près de 50 ans dans le monde de l’illustration jeunesse mais qui se sont ouvertes depuis quelques mois au Neuvième Art).

© Philippon/Sauge chez Auzou

En effet, les vacances débutent dans ce merveilleux coin de France, les Gorges du Tarn, et Léna arrive comme un poisson dans la rivière. Si sa famille vient d’acheter une jolie résidence secondaire, façon vieille pierre, le contact passe très vite avec les voisins et le fils du voisin, Swan qui entraîne la nouvelle venue dans son monde estival, sa bande saisonnière : Jessie, Baba, Tim et Fanny et Léon, le régional de l’étape, pour toute l’année. Alors, forcément, cette escapade idyllique, il la voit comme sa routine et ça le ramène toujours à ce qu’on attend de lui, ici. Fils de et futur boucher. Reste que chacun a son tempérament, ses forces et faiblesses, tout en rigolant bien des préjugés que chacun peut générer en dehors de cette bulle confortable, où tout est possible. Kayak, rapprochement amoureux mais aussi union quand un membre du groupe va moins bien.

© Philippon/Sauge chez Auzou

En déjouant les pronostics sur une trame pourtant classique quand on parle de récits de bande, Benoît Philippon et Nicolas Sauge apportent un vent de fraîcheur, beaucoup de spontanéité dans le bain de l’enfance qui s’il n’est parfois pas rendu facile par les congénères (je le disais, ce n’est pas le cas ici) peut aussi l’être par les parents. Je n’en dévoilerai pas plus ici, mais à l’heure où on parle d’une explosion de burn-out parentaux, cet album vient à point sans jamais gâcher ou occulter la lumière du beau soleil du Tarn (il en a de la chance, cet été, ce ne fut pas le cas partout). En effet, si le propos se durcit, la détente et la belle aventure humaine restent les maîtres-mots de cette histoire qui donne à son « laissé-pour-compte », malgré les bonnes intentions de ses potes, la force de vaincre les démons et les peurs qui ne sont pas les bons pour affronter ce qui vraiment le paralyse. Il y a des bons sentiments mais aussi une complicité, une confiance et un respect des secrets purs qu’on ne trouve que chez les enfants. Dans son style hybride, faisant feu de tout bois et notamment d’un héritage manga mis au format et aux couleurs franco-belges, Nicolas Sauge (Golam) est pleinement avec ses héros et en partage toutes les émotions et les inquiétudes. Avec une galerie de personnages forte et tonitruante.

© Philippon/Sauge chez Auzou

Auzou, c’est aussi trois autres BD parues ces derniers mois…

Migali, tome 1

© Arlène/Lambert chez Auzou

Résumé de l’éditeur : Migali est une princesse araignée : elle a donc 6 bras, deux jambes et un certain talent pour les catastrophes. Cette année, elle fait sa rentrée à la prestigieuse Académie Royale. Elle a hâte de commencer le programme, composé aussi bien de stratégie militaire que de cours de danse classique. Grâce à ses dons d’acrobate et son infatigable bonne humeur, Migali ne manquera pas d’impressionner toute sa classe.

© Arlène/Lambert chez Auzou
Dans le spider-verse cher aux petits comme aux grands, pourquoi ne pourrait-on pas compter une princesse pas comme les autres dans une contrée très reculée, façon Transylvanie? Avec Migali, Alexandre Arlène et fabien Öckto Lambert ne révolutionnent pas le genre (jeunesse, gags et scolaire fantastique) mais mettent tout leur coeur dans ce début de série rythmé par les gaffes d’une héroïne qui n’a pas fini de s’emmêler les pattes mais peut compter sur un sacré bestiaire de potes (entre animaux et monstres, bizarres et attachants) pour la supporter dans sa formation de princesse.
© Arlène/Lambert chez Auzou
Dans cette sorte de Poudlard, il y a mille pièces et plein de trésors mais aussi des règles à suivre… ou pas. Les plus anciens lecteurs ont eu Mélusine ou L’école Abracadabra, Migali en est l’héritière bien dans son temps, complètement délurée et délirante. En si bon chemin, un deuxième album vient de sortir.
© Arlène/Lambert chez Auzou

Elya et sa tribu, tome 1

© Milena chez Auzou

Résumé de l’éditeur : Léo est un petit animal préhistorique. Il a deux passions : la chasse au mammouth et Elya, sa petite maîtresse. Lorsque la famille d’Elya décide de migrer vers le sud, Léo est un peu inquiet : à quoi va donc ressembler ce nouveau territoire sans neige et sans mammouths ?

© Milena chez Auzou

Des quatre de cette sélection, voilà l’album qui m’a le moins plu, auquel en tout cas j’ai le moins accroché. Pourtant la jeune auteure Milena propose un univers déjà vu mais illimité sous un dessin assez mignon et assez simple mais néanmoins aventureux que pour que tout le monde y adhère. Nous voilà donc projetés dans le monde féroce d’une préhistoire revisitée.

© Milena chez Auzou

En effet, si des fiches documentaires sont proposées en fin d’album, elles désamorcent aussi le fait que durant les huit histoires courtes mais reliées, l’évolution et la cohabitation ou non entre l’Homme et différentes espèces archaïques ne soient pas respectées. De quoi donner du peps aux aventures de la jeune héroïne sans peur mais aussi, je le crains, induire en erreur les lecteurs de moins de 10 ans auxquels la série est dédiée. Bien sûr, il y a tant de fictions qui ne me posent pas problème. Mais, ici, je trouve que le trait choisi est celui qu’on voit souvent à l’oeuvre dans les BD de reportage ou documentaires. Cela dit, cette parenthèse faite, je n’ai que peu goûté au grand n’importe quoi anachronique de ces aventures inénarrables, riches en action mais finalement très primaires et déjà-vu.

Ecuyers, tome 1

© Deveney/Pelletier/Thibaut-Jouvray chez Auzou

Résumé de l’éditeur : Liam et Galadriel sont amis depuis toujours. Galadriel est le plus charismatique ; Liam, le plus rêveur. Cette année, les deux adolescents débutent leur formation d’écuyers à la Schola. Entre apprentissage musclé et éducation sentimentale, la rentrée promet d’être mouvementée.

© Deveney/Pelletier/Thibaut-Jouvray chez Auzou

Entre Elya et À l’année prochaine, dans la balade dans le temps et l’Histoire que proposent les Éditions Auzou, nous voilà aux Moyen-Âge en compagnie de deux héros qui ne sont pas du même monde. Un prince et un manant, amis, voyez-vous ça ? Et pourtant… Comme Migali, les deux larrons font leur rentrée, chacun pour apprendre les tâches de son rang et ne pas y déroger. Et quand il y a des classes vertes, les armes ne sont pas bien loin car si les voisins sont a priori tenu par un pacte de non-agression, dans ce monde médiéval, les choses peuvent vite être revues. Encore plus sous la menace du souffle du Monstre-Dieu. Car oui, si tout semble normal, comme les tâtonnements amoureux des personnages et le cheval-école-dodo, le fantastique et les sortilèges se taillent la part du lion pour emmener ce récit dans une direction différente de ce qu’on aurait pu penser. C’est haletant, ça prend le temps de planter le décor (72 planches, trois chapitres) et c’est séduisant.

© Deveney/Pelletier/Thibaut-Jouvray chez Auzou

Série : À l’année prochaine

Tome : 1 – Tous pour un

Scénario : Benoit Philippon

Dessin et couleurs : Nicolas Sauge

Genre : Aventure, chronique sociale, Jeunesse

Éditeur : Auzou

Nbre de pages : 64

Prix : 11,95€

Date de sortie : le 27/05/2021


Série : Migali

Tome : 1 – Bienvenue à l’académie royale !

Scénario : Alexandre Arlene

Dessin et couleurs : Fabien Ockto Lambert

Genre : Fantastique, Gag, Humour, Jeunesse

Éditeur : Auzou

Nbre de pages : 140

Prix : 10,95€

Date de sortie : le 04/03/2021


Série : Elya et sa tribu

Tome : 1 – Les oiseaux de terreur

Scénario, dessin et couleurs : Milena

Genre : Anachronisme, Histoire, Histoires courtes

Éditeur : Auzou

Nbre de pages : 104

Prix : 10,95€

Date de sortie : le 04/03/2021


Série : Écuyers

Tome : 1 – La belle saison

Scénario : JC Deveney

DessinOlivier Pelletier

Couleurs : Anne-Claire Thibaut-Jouvray

Genre : Medieval-fantasy

Éditeur : Auzou

Nbre de pages : 80

Prix : 12,90€

Date de sortie : le 27/05/2021


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