Ethan Hawke, personnage de BD dans Meadowlark : un road-thriller westernien interrogeant ce qu’est être héros ou méchant, d’un petit oiseau à l’âge adulte

© Hawke/Ruth aux Grand Central Publishing

Nous connaissons Ethan Hawke comme un acteur capable de tout, le meilleur dans des rôles fantastiques, le pire dans la peau de personnages clichés et surjoués, mais dans l’ombre d’Hollywood, le comédien joue d’une plume qui vaut le détour. Quelques années après s’être révélé au Neuvième Art avec Indeh – Une histoire des guerres apaches, Ethan retrouve le dessinateur Greg Ruth dans Meadowlark. Un petit oiseau (une sturnelle) à gorge rouge qui nous entraîne dans une Amérique fracassée, un road-trip périlleux et néanmoins initiatique dans lequel il est possible qu’il n’y ait pas de héros, juste des hommes qui veulent montrer leur meilleur visage en agitant les plus vils démons pour y parvenir. Briller de mille feux demande des compromis.

© Hawke/Ruth aux Éditions Robinson

Résumé de l’éditeur : Au Texas, dans la petite ville tranquille de Huntsville, Jack « Meadowlark » Johnson et son fils Cooper vont partager une journée épique. Cooper va devoir se confronter aux choix calamiteux de son père et lutter pour sa survie. Emportés dans un tourbillon de violences, le père et le fils vont, soudés, faire face à l’adversité et nouer une relation aussi dysfonctionnelle qu’émouvante.

© Hawke/Ruth aux Éditions Robinson

Ça fait longtemps que ce n’est plus tout rose dans la vie et la chambre de Cooper, son père et sa mère ont appris à se détester, comme le veut irrationnellement la tradition des divorcés, et le jeune  ado a vite décroché de son beau-père, « Barry l’abruti » et sa belle voiture. Quelle vie de merde que 400 coups ne suffisent pas à égayer même si ça embête bien les autres. Tous des gamins, comme dit la mère de Jack, en l’incluant dedans, forcément. Mais si ce jour d’énième engueulade entrait dans la légende, le rite initiatique et constructif d’un gamin qui ne savait pas ce qu’il voulait ?

© Hawke/Ruth

Car, par un concours de circonstances, Jack « Meadowlark », ce surnom est resté mais n’est plus qu’un vestige du passé glorieux d’un boxeur prometteur mais qui n’a pas réussi son uppercut, va devoir embarquer son fils dans son monde, sa prison. Au milieu du désert et ses coyotes, dans un trou perdu mais pas assez loin de l’avidité et de l’inhumanité, Jack est gardien de prison. Si sa faune hirsute, tatouée et acérée vaut le détour, elle n’en est pas moins dangereuse. Ce ne sont pas des enfants de chœur mais des brutes que Jack et ses collègues (Smokey la charismatique amérindienne, seule femme dans ce monde d’homme; Hitler, Teddy, Buck…) ont appris à les dompter. Jusqu’à ce jour. Il y a une faille, un coup bien préparé et les détenus les plus voraces se font la malle, bien décidé à empocher le magot bien trop longtemps oublié.

© Hawke/Ruth aux Éditions Robinson

Père (sous des traits EthanHawkien) et fils se retrouvent pris en étau dans une course-poursuite, une chasse dans laquelle proie et prédateur s’inversent constamment. S’il y a urgence, que toute la petite bourgade à proximité (y compris Loretta, la mère de Cooper) est menacée par les criminels en puissance qui viennent de s’échapper, par l’odeur des biftons mais aussi du sang alléchés, il y a néanmoins un court espace-temps pour se projeter dans ce qui a pu foirer entre ce père et ce fils qui s’idéalisent, entre le rêve et la réalité, les héros et les monstres. De ces univers-là, en collision, pour faire un seul et même monde, personne n’en sortira indemne.

© Hawke/Ruth

Toujours dans ce noir et blanc jaunâtre qui n’empêche en rien d’imaginer les couleurs dévastatrices, et néanmoins fondatrices, Greg Ruth donne le ton au scénario d’Ethan Hawke, brutal, violent mais aussi complice. Tout va à toute allure, au fil de grandes cases en longueur ou en largeur, rebelles et directes. Meadowlark, c’est une opération coup de poing (quand l’arme fratricide n’y est pas) de tous les instants, avec un regard aiguisé pour trouver les meilleurs cadrages et angles de vue qui font ressentir l’émotion et la douleur de ce récit sans cadeau. Diable que ces deux créateurs se sont bien trouvés dans cette chasse au trésor désabusée, westernienne et moderne.

Titre : Meadowlark

Récit Complet

Scénario : Ethan Hawke

Dessin et couleurs : Greg Ruth

Genre : Drame, Road trip, Thriller

Éditeur VF : Robinson

Éditeur VO : Grand Central Publishing

Nbre de pages : 256

Prix : 22€

Date de sortie : le 25/08/2021

Extraits :

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