Elric a le sens de l’à-propos à côté de la plaque pour décrire les premiers rendez-vous amoureux, vintage et obsédés, entre porcs et piques

© James/Elric /Leprévost chez Delcourt

Quand je t’aime
J’ai l’impression d’être un roi
Un chevalier d’autrefois
Le seul homme sur la terre
Quand je t’aime
J’ai l’impression d’être à toi
Comme la rivière au Delta
Prisonnier volontaire
Quand je t’aime
Tous mes gestes me ramènent
A tes lèvres ou à tes bras
A l’amour avec toi

La romance, c’est sans Demis mesure pour vous ? Alors, passez votre chemin car le polymorphe Elric vient pimenter les beaux et grands sentiments en ramenant homme et femme à leurs plus bas instincts et à leurs pensées parasites. Avec le goût de l’à-propos à côté de la plaque.

© Elric / Leprévost chez Delcourt

Résumé de l’éditeur : Ah, la romance. Avec ses personnages élégants, raffinés, aux intentions chastes et nobles. Mais tout ceci n’est qu’une façade. Et toutes les intentions ne sont pas avouables dans une relation amoureuse, loin de là.

© Elric / Leprévost chez Delcourt

Sous des airs de rien, classes et charismatiques, mièvres dans un dessin sans âge, le trublion (à défaut d’être Cupidon) s’en est donc allé visiter les années 50 façon Young Romance de Kirby et autres bluettes graphiques qui mettaient des papillons dans le ventre… c’est ainsi qu’Elric préfère mettre de la tension dans le bas-ventre, montant à la tête.

© Elric / Leprévost chez Delcourt

Dans des gags en quatre cases (titre iconique inclus), Elric visite les relations homme-femme sans tabou dès le premier rendez-vous plus qu’au pieu, dans l’érotisme des pensées parasites. S’il utilise une ou deux fois la position allongée, c’est pour mettre un de ses protagonistes seul face à soi-même.

© Elric / Leprévost chez Delcourt

Surtout, sous des allures tirées à quatre épingles, c’est sans fard mais toujours avec leur sexe que les personnages se causent. Parce que, mine de rien, c’est toute la force de la bande dessinée dans le rapport aux textes, au dialogue ou l’aparté, dans une lisibilité immédiate, que l’auteur engage avec facétie.

© Elric / Leprévost chez Delcourt

De paroles sonores en pensées inavouables (mais jouissives) sous forme de phylactères pointillés, Elric joue du bite à oreille, du tac au tac, de manière non conventionnelle et s’en fichant du politiquement correct. Mais jamais du divertissement en costume trois-pièce et service trois-pièces: comme souvent, chez Pataquès, on rit de bon coeur face à ses porcs et piques.

© Elric

Ne ménageant pas sa monture, épinglant mâle comme femelle dans leurs pulsions langagières, Elric réussit pleinement à amuser la galerie face à ces élans du coeur… sexe

© Elric / Leprévost chez Delcourt

Notons que, dans un tout autre genre, Elric va reprendre la série Iznogoud des mains de Nicolas Tabary (fils du co-créateur, avec Goscinny, Jean Tabary de cet anti-héros qui fêtera en 2022 ses 60 ans). L’auteur se fait la main régulièrement dans la newsletter hebdomadaire de la Vie Française avec Olivier Andrieu mais aussi aux côté de Nicolas dans une série de cinq histoires courtes signées Jul, Laurent Vassilian et Olivier Andrieu et regroupées dans un 31e album intitulé Moi, calife… à paraître le 23 octobre prochain aux Éditions IMAV.

Titre : Romance

Recueil de gags

Scénario et dessin : Elric

Couleurs : Thierry Leprévost

Genre : Humour, Parodie, Romance

Éditeur : Delcourt

Collection : Pataquès

Nbre de pages : 102

Prix : 9,95€

Date de sortie : le 03/02/2021

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