Jedda, un rayon de soleil et de liberté de plus pour aller puiser l’eau dont l’homme a sous-estimé la puissance et les absences

Cet été, dans mon coin, il y a trop d’eau, des inondations, des pluies diluviennes… Mais n’oublions pas que les années précédentes, nos terres avaient eu soif. Comme celles de Jedda, sur un autre continent, à une époque reculée. C’est ainsi que Fabien Fernandez et Nicoletta Migaldi nous entraînent sur sa piste, au pays des aborigènes et des espèces animales plus ou moins exotiques qui s’accordent à dire que c’est l’Homme qui les a menés au bord de la déshydratation. Et que mort s’ensuive? Non, l’intrépide et casse-cou Jedda ne va pas baisser les bras. 

© Fernandez/Migaldi chez Jungle

Résumé de l’éditeur : Jedda et les habitants de son village subissent une terrible sécheresse. La jeune Aborigène attend avec impatience la venue de l’homme-rêve, qui doit invoquer la pluie. Mais cela fait trop longtemps qu’il est parti… Guidée par un rêve, Jedda part en quête d’une source. Mais elle est loin d’imaginer que voyager dans une région si aride sera une rude épreuve… surtout quand certains esprits de la nature se mettent en travers de son chemin.

© Fernandez/Migaldi chez Jungle

Miss Jungle, est-ce que ça fonctionne auprès des petites filles ce nom de collection genré, girly ? Les petits garçons, eux, en tout cas, leurs parents surtout, doivent y aller à reculons. Ce serait dommage. Parce que si les héroïnes se sont finalement fait leur place dans le paysage de la bande dessinée tout public, il serait dommage de réduire leur audience tant les jolies valeurs qu’elles portent et leur détermination sont universelles, unisexes.

© Fernandez/Migaldi chez Jungle

C’est le cas de la tempétueuse, comme illustré déjà en couverture, Jedda, à qui on reprochera d’ailleurs de se mêler d’affaires qui ne regardent pas les femmes, les filles. Pourtant, elle ne peut plus attendre. Des abeilles, comme son village sont mal en point sous le soleil aride. L’esprit de l’eau semble en rogne et L’Homme-Rêve, désillusionné, a semble-t-il failli à sa mission et a disparu. Comment regagner les faveurs des dieux australiens ?

© Migaldi

De nuit, comme une voleuse, Jedda s’engouffre dans l’aventure de sa vie, celle qui va la changer et la faire grandir, au-delà de sa quête d’eau essentielle. Elle voyage seule vers l’intérieur des terres, vers l’endroit où logiquement elle devrait trouver le bouchon. Enfin, seule, c’est un peu présomptueux. Si elle est la seule représentante du genre humain, elle croise pour un temps ou pour longtemps et de manière plus ou moins rassurante toute une série d’habitants de cet univers de plus en plus chaud et sec : wombat, koala, serpent, chien sauvage et même de vicieuses créatures caillouteuses insoupçonnées jusque-là. Sans compter ces esprits qui peuplent ses rêves et l’aiguillent dans sa mission.

© Fernandez/Migaldi chez Jungle

Dans cet album qu’on aurait sans doute aimé un poil moins bavard (parce que toute la ménagerie dialogue avec notre héroïne) pour un retour aux sources onirique et initiatique en solo, de belles valeurs et prises de conscience émergent, des changements de mentalité aussi, alors qu’il est aussi montré que l’Humain n’apprend pas de ses erreurs dans la manière dont il traite ses cultures comme des esclaves plutôt que des associées. D’où la fatigue de nos sols, ici ou ailleurs, et un soleil de plus en plus vorace.

© Fernandez/Migaldi chez Jungle

Esquissant la problématique du réchauffement climatique, ce one-shot de cette aventurière en mode Yakari est avant tout une belle odyssée, un peu fantastique, mais surtout réconciliante pour l’homme, la faune et la flore. Pour son premier album, du moins publié dans nos contrées, Nicoletta Migaldi assure dans un environnement pourtant redondant, entre le désert et le ciel sans nuage, et tanne la peau de ses personnages pour les user. Tout en les poussant, jusqu’à l’euphorie, pour qu’ils puissent ramener l’eau sur Terre. Cela passe aussi par quelques songes très poétiques, dans un autre style graphique, comme les immuables peintures rupestres dans des grottes qui font dates. Un chouette périple, donc, pas si unidirectionnel qu’il y paraît, bien mené et attrayant, dans un paysage pas si souvent exploré et face à une transmission de savoir qui ne va pas toujours de soi.

© Fernandez/Migaldi chez Jungle

Titre : Jedda

Sous-titre : L’esprit de l’eau

Récit complet

Scénario : Fabien Fernandez

Dessin et couleurs : Nicoletta Migaldi

Genre : Aventure, Fantastique, Jeunesse

Éditeur : Jungle

Collection : Miss Jungle

Nbre de pages : 56

Prix : 11,95€

Date de sortie : le 03/06/2021

Extraits : 

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