Maudit qui communique: sous une glace carpenterienne, Hill et Immonen plongent et tirent le ver zombie par la queue

Dans la Hill House, contrairement aux apparences conférées par le titre de cette collection déployée par Joe Hill, on aime le grand air et l’évasion, le vent et le sel qui conduisent tout droit vers l’horreur, en enfer. Dans un one-shot à la fin ouverte et carnassière, le fils de Stephen King fait la paire avec Stuart Immonen pour invoquer l’esprit de John Carpenter et ses figures monstrueuses mais prenant néanmoins forme humaine. Ce qui les rend encore plus pernicieuses.

Résumé de l’éditeur : Au lendemain d’un tsunami, on détecte au large du détroit de Béring le signal de détresse du Derleth, un navire d’exploration scientifique… disparu depuis 40 ans. Le biologiste marin Moriah Lamb rejoint l’équipe de remorqueurs d’épaves missionnée par Rococo International, un groupe privé très intéressé par la cargaison du Derleth. De même qu’il est heureux que les mystères de l’univers soient inaccessibles à l’entendement humain, certains secrets devraient quant à eux rester immergés dans les abysses du cercle arctique.

© Jeremy Wilson

Est-ce un monstre du Loch Ness (enfin, un peu plus au nord, quand même beaucoup plus à l’est) ou bien véritablement le Derleth qui a resurgi, quarante ans après son naufrage, dans la froideur du détroit de Béring. Manifestement, son souvenir est intact d’autant plus que s’il n’y a plus une âme humaine à sauver, il y a dans les cales, blindées, un stock d’une substance rare et donc convoitée.

© Hill/Immonen/Stewart chez DC Comics

On vous a dit qu’il n’y avait plus âme qui vive ? Oups, on s’est trompé, aussi incroyable et effroyable que cela puisse paraître, la quasi-intégralité de l’équipage a survécu sur une île à proximité. Les roches et les glaçons ne sont pas si délétères et l’équipe de sauvetage, très hétérogène, est surprise de retrouver les naufragés intacts: ils n’ont pas vieilli mas ont quelque chose d’étrange dans le regard. Habités. Des vers surévolués, dont l’esprit de communauté et de communication est une arme ultime face à des humains qui sous prétexte de survivre ensemble trouveront bien un moment pour se la jouer perso.

© Hill/Immonen/Stewart chez DC Comics

Bouffés de l’intérieur, les marins entendent pourtant garder les nouveaux arrivants plus vifs que morts, le temps de réaliser une mission  qui permettrait à ces invertébrés désormais vertébrés de réaliser enfin leur but sur cette terre et cette mer.

© Hill/Immonen/Stewart chez DC Comics

Dans l’ambiance comme les patronymes de certains de ses protagonistes, Joe Hill ne cache pas sa volonté de rendre hommage à Big John, qui a notamment adapté son père au cinéma, avec cette histoire à l’ancienne, entre aventure et horreur. On pense à The Thing, The Fog. Nous sommes dans les années 80 et, à part les cibies, nos héros poussés dans leur retranchement, remués intérieurement par des asticots qu’on pensait inoffensifs, ne bénéficient d’aucun équipement pouvant les sortir de ce mauvais pas. Stuart Immonen est glaçant, dans le noir comme les éclairs de violence, dans la retenue et les moments où la pression carnassière incite les sauveteurs sans secours à accomplir la volonté de ces extra-terrestres cauchemardesques. C’est captivant jusqu’à cette fin ouverte, machiavélique, laissant penser que le mal est peut-être désormais bien plus près de nous.

© Hill/Immonen/Stewart chez DC Comics

Titre : Plunge

Récit complet

Scénario : Joe Hill

Dessin : Stuart Immonen

Couleurs : Dave Stewart

Traduction : Arnold Petit et Camille Gardeil

Genre : Fantastique, Horreur

Contenu : #1 – #6

Éditeur VO : DC Comics

Éditeur VF : Urban Comics

Collection : DC Black Label / Hill House

Nbre de pages : 136

Prix : 16€

Date de sortie : le 28/05/2021

Extraits : 

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