Arlequin, valet de deux maîtres, un spectacle jubilatoire et festif, véritable cri d’amour à la scène et au public enfin retrouvé !

La vie est déjà compliquée quand on a un maître… mais alors deux ! Pour Arlequin, petit homme analphabète, pauvre et affamé, servir deux maîtres à la fois est un défi à relever. Y’a pas à dire, ça rapporte plus. Et quand on a faim, on compte ses sous. Pour réussir le pari de servir deux aristocrates en goguette, l’ingénu autant qu’ingénieux valet, s’invente un clone, bouleverse les amours de ses maîtres, vole, virevolte, reçoit double ration de coups de bâton, d’insultes et… triomphe à la fin. (Théâtre Le Public)

Quel bonheur pour les comédiens d’Arlequin, Valet de deux maîtres, joué en ce moment au Théâtre Le Public, de retrouver leur public depuis quelques semaines déjà ! En raison de précautions sanitaires bien compréhensibles, la pièce s’est jouée initialement en plein air dans la cour du théâtre, avant de regagner, à partir du 13 juillet dernier, la grande salle bien ventilée et limitée à une jauge de maximum cent personnes qui peuvent ainsi assister aux représentations à l’abri des intempéries et dans un environnement sain.

Mais venons-en à la pièce. Cette reprise de la plus célèbre œuvre du Vénitien Carlo Goldoni, créée il y a vingt ans déjà avec le Théâtre de l’Eveil, rend un vibrant hommage à la commedia dell’arte. Ingéniosité, naïveté, ruses et travestissements sont les principaux ingrédients de ce genre de théâtre remporta un vaste succès en Europe, du 16e au 18e siècle.

Le spectacle est mené tambour battant par une brochette de comédiens tous aussi excellents les uns que les autres, et par un Othmane Moumen virevoltant Arlequin qui, après sa performance mémorable dans The Elephant Man il y a deux ans déjà, retrouve ici une fois de plus un rôle très physique, rôles dans lesquels il excelle particulièrement.

L’humour et l’espièglerie de son personnage font mouche à tout les coups et on rit beaucoup tout au long de la pièce d’une durée de deux heures qui nous est proposée en deux parties entrecoupées d’un entracte de 15 minutes.

Autour de lui la distribution est parfaite. Impossible de sortir un comédien du lot tant ils sont tous complémentaires et habités par un même élan.

Thierry Janssen campe un Docteur truculent et bedonnant, qui veille sur son fils Silvio (Jérémie Petrus) amoureux transi de sa charmante Clarice qui évolue sous les traits de la délicieuse Yentl Rousseau Piot.

Jeanne Kacenelenbogen pour sa part enfile avec bonheur le rôle de Béatrice follement éprise de son FlorindoSoufian El Boubsi, formidable ! – et prête à tout pour le retrouver. Le couple d’amoureux  follement épris qu’ils forment à la scène est succulent de drôlerie.

N’oublions pas non plus de citer le personnage de Brighella le pittoresque aubergiste bègue incarné par Marwane El Boubsi, la charmante Smeraldine jouée par Sherine Seyad et  le personnage de Monsieur Pantalon interprété magistralement par le toujours impeccable Pierre Poucet dont la justesse de jeu est un régal à chaque fois.

Dans un décor coloré simple mais efficace, et porté par une mise en scène de Michel Kacenelenbogen assisté de Mirabelle Santkin, tout ce petit monde affublé de masques et de costumes colorés signés Stefano Perocco et Lionel Lesire nous tient en haleine et nous fait sourire de la première à la dernière réplique.

Soulignons aussi, hormis l’importance évidente des parties musicales, que les nombreux bruitages et clin d’yeux sonores qui enrichissent l’action et le jeu des artistes, sont exécutés en direct par les comédiens eux-mêmes, ce qui rajoute une dimension particulièrement ludique à cette farce irrésistible.

Arlequin valet de deux maîtres est un spectacle jubilatoire, intelligent et festif, un véritable cri d’amour à la scène et aux spectateurs.

Et rien que pour ces raisons-là, c’est un spectacle à ne pas manquer !

Jean-Pierre Vanderlinden

ARLEQUIN, VALET DE DEUX MAÎTRES

Infos et réservations : https://www.theatrelepublic.be/

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