Alyson Ford, l’héritage phonétique d’un acteur aventurier pour une petite fille globe-trotteuse qui lève le voile sur le monde et ses mystères

D’un Canterbury américain (décor de Blanc Autour) à l’autre anglais (pour le début d’Alyson Ford), il n’y a qu’un pas dans l’actualité BD. Du drame à l’aventure, voilà que se révèle une petite héroïne, libre comme l’air, sauvage aventurière. Les cheveux roux incendiaires, signe avant-coureur qu’il ne faut pas trop la chercher: la bonne élève cache une battante aux poings redoutables, plus proche de la Nature que de la nature humaine. Sous d’autres horizons, malgré quelques défauts graphiques, Joris Chamblain et Olivier Frasier signent un chouette début d’aventure, héritière de celles de son presque-homonyme. 

Résumé de l’éditeur : Angleterre, Canterbury College, 1963. Alyson Ford a 11 ans, elle parle déjà plusieurs langues, connaît des techniques de combat, sait bivouaquer à flanc de montagne ou trouver de l’eau dans le désert. Pour cause, sa famille compte parmi elle les plus grands explorateurs de toute l’Angleterre. Sans nouvelles de ses proches depuis des mois, l’intrépide jeune fille sent résonner l’appel de l’aventure le jour où elle reçoit de l’autre bout du monde un courrier de ses parents : ces derniers sont en danger et ils ont besoin de son aide !

© Chamblain/Frasier/Blanchot/Versaevel chez Vents d’Ouest

Alyson Ford ? T’es sûr que tu ne veux pas dire Harrison Ford, Indiana Jones, Han Solo, etc. ? Non, non, c’est bien d’Alyson Ford qui fait son entrée dans le monde des petits miquets. Avec un ange gardien au-dessus de la tête et des inspirations d’aventures spielbergiennes. Bon sang ne saurait mentir et il ne peut s’agir là d’une pure coïncidence. Délurée, du haut de ses 11 ans, Alyson représente déjà le seul espoir de sauver sa famille, son grand-père, sa mère et son père partis loin du fog anglais, dans la touffeur de la jungle brésilienne. Et ils y ont disparu.

© Frasier

Alors que sa nanny reçoit des informations étranges et cryptées parlant de civilisations anciennes et de trésors, Alyson doit donc quitter l’école, prendre l’avion et espérer qu’à des milliers de kilomètres de là, les alliés qu’on lui a promis, mais qu’elle ne connaît ni d’Ève ni d’Adam, seront bien au rendez-vous. Elle doit plus que jamais écouter sa petite voix, son pouvoir spécial.

© Chamblain/Frasier/Blanchot/Versaevel chez Vents d’Ouest

D’un écureuil à un coursier, entre un riche industriel tyrannique, ses sbires, et des amères indiens qui tentent de sauver le lien privilégié qu’ils ont avec la nature face à la destruction galopante, Alyson va très vite trouver ses marques et apprendre à se méfier. Comme si ce nouveau monde ne lui était pas tout à fait inconnu. Elle va aussi vite se rendre compte que la menace qui pèse sur la vie de ses parents, explorateurs qui auraient mis le doigt sur quelque chose qu’il ne fallait pas ou de convoiter?, est en fait bien plus grande. C’est tout un équilibre qui est mis en péril face aux rêves de conquête d’un homme blanc à l’âme bien grise. C’est vrai qu’il a des airs de Belloq, dans Indiana Jones.

© Chamblain/Frasier

Se gardant bien de provoquer l’enfer et l’horreur présents dans cette saga cinématographique culte, Joris Chamblain et Olivier Frasier se font plaisir et se baladent dans des décors, quasiment immuables et sacrés, qui ne peuvent que faire rêver. Les auteurs ont eu carte blanche pour livrer ce premier tome en 62 planches, de quoi remplir le contrat tant en termes d’actions mais aussi de psychologie des personnages, tout en permettant quelques moments de contemplation. Le récit est bien mené et place judicieusement quelques éléments qui laissent penser que ce premier tome n’est que la partie immergée d’un continent perdu, d’un grand oeuvre.

© Chamblain/Frasier/Blanchot/Versaevel chez Vents d’Ouest

Malgré cela, tout n’est pas toujours parfait dans cet album. L’une ou l’autre incohérence laisse pantois, notamment quand un informateur condamné à l’exécution par un méchant paraissant intraitable s’en tire avec quelques pansements. Une autre scène m’a fait tiquer mais je la garderai pour moi pour ne pas spoiler. Niveau dessin, Olivier Frasier se révèle très habile à créer des ambiances, des décors, quelque chose d’envoûtant. Pourtant, dans les scènes d’action, son trait semble trop rigide et se casse, certains personnages bougent comme des robots et d’autres cases restent floues, comme laissées à l’état de storyboard. Et encore, regardez-ça.

Storyboard © Frasier
© Chamblain/Frasier/Blanchot/Versaevel chez Vents d’Ouest

En fait, il y a un fossé entre certaines planches et on se demande, à regrets, si l’auteur n’a pas été pris par le temps à certains moments. Même s’il y travaille depuis des années, un lustre, et que les images qu’il présente sur les réseaux ont beaucoup de gueule. Je n’arrive pas à m’expliquer cette baise de régime par endroits, une autre énigme. Il me reste donc un curieux sentiment pour une série, moins jeune public que tout public, qui a tout de même ce qu’il faut pour plaire et laisser envisager d’autres récits riches en émotions et en événements. En espérant qu’elle bonifie.

Série : Alyson Ford

Tome : 1 – Le temple du Jaguar

Scénario : Joris Chamblain

Dessin : Olivier Frasier

Couleurs : Fabien Blanchot, Olivier Frasier, Meephe Versaevel

Genre : Aventure, Ésotérique, Jeunesse

Éditeur : Vents d’Ouest

Nbre de pages : 62

Prix : 14,95 €

Date de sortie : le 06/01/2021

Extraits :

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.