Encore une fois l’art s’allie à l’architecture d’un vieux bâtiment: « Hors-sujet » met en lumière l’Abbaye Notre-Dame du Vivier

Quand une Abbaye s’embellit, non pas à la grâce de Dieu mais bien par la magie d’artistes engagés, serait-ce un blasphème ou une bénédiction?

« L’exposition Hors-sujet fait le pari de rassembler plusieurs artistes autour d’une thématique commune visant à souligner le côté à la fois central et marginal de la peinture. C’est la marge, du hors-sujet en effet que peut naître un questionnement du monde mouvementé qui nous entoure. Au monde et hors du monde, l’artiste et plus singulièrement le peintre est celui qui tente de comprendre ce qui nous arrive, nos désirs, nos pulsions, nos traumatismes multiples et variés, qu’ils soient personnels ou collectifs comme celui que nous venons tous de vivre. Centrale parce qu’en marge, en marge peut-être parce que centrale, cette exposition nous invite à redécouvrir un monde en mouvement par de-là la sclérose et le désespoir qui sont en un sens le fait de notre époque. Au fond, cette exposition est une invitation faites à chacun.e. d’entre nous à devenir témoins actifs de ce qui nous arrive au quotidien. Dit autrement, les oeuvres ici rassemblées veulent signifier dans leur variété et leur singularité l’importance d’être un homme du monde, c’est-à-dire au fond, un « citoyen spirituel de l’univers », comme Baudelaire a pu le souligner dans ses Curiosités esthétiques. » Voilà le programme qui était annoncé.

Après avoir lu cette invitation au voyage esthétique, spirituel et humain, je ne pouvais que me rendre le plus vite possible à Marche-les-Dames. Ce petit village pittoresque namurois regorge de patrimoine et de sérénité. Longeant la Meuse ou sillonnant la vallée du Samson, la route qui mène à l’Abbaye est sublime. On a l’impression de remonter le temps ou de l’avoir mis sur pause. Je comprends qu’on ait pu construire un bâtiment religieux dans ce lieu.

Mais la grâce ne touche pas uniquement l’édifice, également ce qu’il contient. Un peu à l’instar d’une boite à bijoux. L’écrin peut être magnifique mais ce qu’il détient dépasse sa valeur séculaire. Il est accompagné également par ses histoires et les sentiments qui s’y rattachent. Et c’est ce que nos quatre artistes sont parvenus à faire. Ils ont amené leurs âmes et leurs manières d’appréhender le monde dans ce lieu chargé de spiritualité et ce via le prisme de leur traits et de leur sensibilité. Pour nous éclairer sur ce monde qu’on a de plus en plus de mal à comprendre, s’approprier.

Voici ces artistes qui ont pu comprendre et qui essayent de nous reconnecter à la nature et à la compréhension de notre place au sein de notre environnement.

Charley Case: artiste multitâches, il ne peut être réduit à une seule catégorie: ce ne serait pas lui rendre honneur. Il peint, dessine, il travaille certaines oeuvres comme on traite de la photo. Il est complètement en phase avec les choses, la nature qui l’entoure. Cet artiste met de la poésie dans son art.

Pierre Debatty n’est plus à présenter. Artiste international, il s’exporte et s’expose du Luxembourg à la Suisse en passant par l’Allemagne ou encore l’Angleterre et Hong Kong… Il nous présente son travail dans des endroits prestigieux, comme l’Abbaye de Villers-la-Ville ou le Bois du Cazier. Ses techniques picturales lui permettent de pouvoir faire naître son art sur de grands, voire de très grands, formats. Il fait apparaitre ou transparaitre dans ses oeuvres la nature ou son reliquat. Il est également professeur à l’Académie des Beaux Arts de Namur.

Denis Héger est avocat de formation et étudiant en art avec Pierre Debatty. Il laisse libre cours à son art et recouche sur ses toiles la magie de l’environnement qui l’entoure. La naïveté qu’il met dans ses oeuvres en font un peintre sans prétention, touchant.

Enfin, Joaquim Hernandez-Dispaux est le plus jeune des quatre. Docteur en philosophie et enseignant, il s’intéresse aux artistes tels que Beuys, Mondrian, Rilke, Rodin. Pas uniquement par rapport à leur oeuvres mais également par leurs écrits. Il a suivi un parcours académique aux Beaux Arts de Tamines, Namur et Wavre. Cet artiste à fleur de peau intègre dans ses oeuvres une forme d’écriture. Il raconte une histoire, un instant, une description. Il parvient à nous faire « lire ou relire » notre environnement. Pour mieux se comprendre ou comprendre la place de l’humain dans la nature, là encore.

Je ne peux que me répéter mais allez à la rencontre de ces artistes. Ils nous racontent des histoires ou nous transmettent des émotions. Ils nous font réfléchir sur notre place dans cette société de consommation qui laisse peu de place à l’imaginaire, à l’oisiveté et à la création artistique. Mais où nos quatre artistes font fort, c’est en parvenant à intégrer à merveille leurs oeuvres dans un cadre sublime.

Merci beaucoup pour les paroles échangées, pour la magie du lieu choisi et pour vos ondes hyper-positives que vous faites passer dans vos toiles.

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