Le destin dessiné de Bessie Coleman: libre dans l’air plutôt que prisonnière des démons de la terre

Après avoir été distingués et chevronnés avec la série Dent d’ours, Yann et Alain Henriet ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Cela dit, ils changent d’époque, de monde et de héros, tout en gardant cette propension à mettre en avant le destin d’une femme, forte et impétueuse. Ce qui tranche d’autant plus avec l’univers masculin et blanc, vénéneux et criminel dans lequel elle évolue. 

Illustration © Henriet

Résumé de l’éditeur : Née à l’aube du XXe siècle de mère noire et de père Cherokee, Bessie Coleman est déterminée et passionnée d’aviation. Mais l’Amérique des années folles est aussi celle du Ku Klux Klan et de la ségrégation raciale : les écoles de pilotage sont inaccessibles pour une femme métisse. Partie passer son brevet de pilote en France, Bessie met ses talents d’aviatrice au service du trafic d’alcool d’Al Capone…

© Yann/Henriet

Les récits d’avions, très peu pour moi… Et pourtant, ça j’aime bien. Dès le départ, les premières planches de cette nouvelle saga inspirée d’une histoire vraie, il y a le goût de l’exploit. La mer est presque aussi mortelle que le froid qui glace les airs, il faut en avoir dans le pantalon pour voler par ce temps. Les côtes de la Terre-Neuve peuvent être mortelles. Mais aux abords du petit quai de bois, des hommes s’activent autour de tonneaux et de cageots. Le trafic s’organise, loin de Chicago mais sous les yeux d’un homme de main d’Al Capone qui exige le meilleur des cognacs, champagnes, rhum… Négociations à l’appui.

© Yann/Henriet/Usagi chez Dupuis

Et au milieu de tout ça, semblant considérer ce job de chauffeuse d’avion pour le parrain par excellence, Bessie semble poursuivre d’autres buts, dont la liberté semble la plus prégnante. Au galop sur un cheval, ou en liberté, déployant ses ailes au milieu des flocons.

Making-of © Henriet

Comme l’eau se souvient, l’air aussi ravive la mémoire. Malgré son jeune âge, Bessie Coleman, surnommée L’ange noir de Waxahachie (ville du Texas, bien loin des lieux où commence cette aventure à sensations), a déjà un sacré parcours de vie. D’un hiver à l’autre, Yann et Alain Henriet survolent les époques, d’une organisation criminelle à l’autre (le KKK), nous offrant d’être les témoins privilégiés des actes de bravoure de cette Afro-amérindienne au tempérament de feu (comme les couleurs d’Usagi toujours aussi bien dans sa peau de papier), bien décidée à secouer les temps qui courent, avec leurs horreurs et leurs tyrannies racistes, notamment.

Ex-libris © Henriet

Basculant d’une époque à l’autre, les auteurs en mettent plein les yeux, malgré une scène d’explosion qui m’a laissé un peu dubitatif. Mais, s’ils se laissent porter à contre-courant, que les scènes d’action ne manquent pas, j’ai eu l’impression que cet ensemble très prometteur ne racontait pourtant pas grand-chose. Quitte même à avoir l’impression que le résumé placé sur la quatrième de couverture en dit plus long que les 48 planches de cette envolée. On était pris la tête dans les nuages, et l’expression « à suivre » est si vite arrivée. On attend la suite avec impatience et espérance.

Illustration © Henriet

Série : Black Squaw

Tome : 1 – Night Hawk

Inspiré de la vie de Bessie Coleman

Scénario : Yann

Dessin : Alain Henriet

Couleurs : Usagi

Genre : Aventure, Biopic, Drame

Éditeur : Dupuis

Nbre de pages : 56

Prix : 14,50€

Date de sortie : le 12/06/2020

Extraits : 

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