Entre pression parentale et tentation du dopage, le monde du tennis peut s’avérer impitoyable avec ses stars en herbe

Maria Sharapova, Justine Henin, Anna Ivanović. Quand on a 15 ans et que l’on souhaite devenir joueuse de tennis professionnelle, ces filles font inévitablement rêver. Mais que le chemin est long. Et que de sacrifices à faire pour pouvoir, un jour, comme elles, soulever une coupe, gagner des grands chelems. Masha en sait quelque chose. Elle qui s’entraîne 3 heures par jour, 5 jours par semaine depuis son plus jeune âge. Mais l’adolescente en est certaine, être tenniswoman c’est sa destinée.

Malheureusement, depuis quelque temps Masha fait du surplace. Battue assez sèchement lors du tournoi junior de Roland Garros, elle sait que son jeu n’est pas assez musclé pour pouvoir espérer battre un jour des joueuses beaucoup plus puissantes. Alors la tentation est grande pour ses parents, anciens sportifs venus tout droit d’Ukraine. Quelqu’un pourrait peut-être « aider » leur fille même si cela signifie user de méthodes à la limite de la légalité.

À la faveur d’un article pour le journal l’Équipe, Fred journaliste sportif, va s’intéresser de près à cette étoile montante du tennis féminin au toucher subtil et dont la transformation physique et mentale semble trop soudaine pour être complètement honnête. Lui, le spécialiste du dopage qui ne supporte plus de voir le monde du sport mentir, sait que son article risque de faire beaucoup de bruit.

Cameron Spencer/Getty Images/AFP

Les sportifs sont de grands enfants, leur vie est un jeu et ils détestent perdre. La plupart des athlètes sont prêts à prendre des risques avec leur santé, à pousser leur corps à la limite, pour gagner un avantage sur les autres. N’est-ce pas l’essence même du sport de haute compétition? L’athlète devenu machine.

Malgré la situation sanitaire préoccupante, le tournoi de Roland Garros se tiendra bien d’ici quelques jours à Paris. Le roman de Florent Dabadie tombe donc à point nommé. Mais le roman du fils de Jean-Loup Dabadie, journaliste sportif basé au Japon, nous décrit un monde bien loin de l’imagerie un peu bling bling du tournoi de tennis le plus célèbre au monde. Un milieu où la corruption et le dopage ne sont jamais bien loin. L’auteur force-t-il le trait? Il est évident que nous ne sommes plus à l’époque du rideau de fer, époque à laquelle on piquait aux hormones les jeunes sportives, avec pour terribles conséquences de les rendre stériles. Néanmoins les récents déboires de Maria Sharapova et de Marin Cilic tentent à prouver que, malgré les nombreux contrôles, quelques sportifs, et non des moindres, tentent encore et toujours de tricher.

Mais le roman de Dabadie ne s’intéresse pas qu’au dopage. Dans la préface, Paul-Henri Mathieu, ancien numéro 12 mondial, décrit très bien la pression à laquelle les jeunes sportifs doivent faire face continuellement, que ce soit de la part de leurs parents, de leurs coachs, ou bien encore leurs sponsors. C’est certain, il faut être armé psychologiquement lorsque l’on veut suivre les traces de Nadal ou de Steffi Graf. On ose toutefois espérer que la plupart des joueurs et des joueuses de tennis pratiquent ce sport par passion. Le récent retour de notre Kim Clijsters nationale semble en tout cas le démontrer, elle qui a presque 40 ans a voulu renouer avec la compétition parce que l’ambiance des courts lui manquait.

Ainsi même s’il risque de décourager ceux et celles qui rêvent un jour de fouler les terrains de Wimbledon, ou de performer sur le court Suzane Lenglen; À revers reste un roman très intéressant sur un sport, il est vrai, rarement évoqué en littérature.

Titre : à revers

Auteur : Florent Dabadie

Genre : Roman

Éditeur : J-C Lattès

Nbr de pages : 250

Date de sortie : 16/09/2020

Prix : 20€

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