Fin de nuit à Rome : chassé-croisé dans la Caput Mundi, les amours de papier peuvent-elles être aussi éternelles que la ville qui les abrite ?

« Week-end à Rome, tous les deux sans personne »… La vie, y compris celle dans les BD de Jim, c’est pas du Daho. Si, il y a du monde autour de Raphaël et Marie, deux héros qui jouent les chassés-croisés depuis dix ans dans la tête des lecteurs et de l’auteur, auxquels ils sont intimement liés. Après un premier diptyque qui devait se suffire à lui-même, Jim a voulu pousser plus loin ses personnages, les plus personnels de son oeuvre sans doute, dans leurs retranchements. Après tout, Rome ne s’est pas faite en un jour. Mais la relation de deux personnages, aussi fugaces l’un à l’autre, elle, peut se défaire en quelques heures.

© Jim/Delphine chez Grand Angle

Résumé de l’éditeur : Dix années après leur première nuit à Rome, Marie n’a pas réussi à honorer son second rendez-vous avec Raphaël. Cette nuit en Italie aura été à mille lieues de ce qu’elle imaginait. Et puis, peut-être certaines promesses sont-elles trop difficiles à tenir… ? Aux premières lueurs du jour, Marie quitte la vieille ville pour regagner l’aéroport… Elle ne sait pas encore que Raphaël va tout tenter pour inverser le cours des choses. Malgré l’âge, malgré le temps des deuils et des renoncements, et la vie qui complique tout…

Si tous les chemins mènent à Rome, il est encore plus facile de la quitter. En ce jour de retrouvailles, c’est la débandade. Marie, tantôt en pleurs tantôt colère, n’a pas le coeur à la fête. Les nouvelles sont mauvaises, elle doit rentrer chez elle, tant pis pour Raphaël. Comme un fou, il délaisse Tatiana la tatouée et se rue dans les artères romaines, les impasses surtout. S’il retrouve Marie puis la reperd, celle-ci n’est pas réceptive.

© Jim

Elle a d’autres chats à fouetter et le manque de sommeil peine à ravager ses charmes, pour autant. La nuit de leurs cinquante ans a vite accouché du jour, et ce n’était pas celle que les deux tourtereaux épisodiques, décennaux, s’étaient promise. Le temps passe et bafoue les rêves de gosses et des insouciants jeunes adultes. L’amour one-shot à répétition a ses raisons, ses déraisons et sa fin brusque. Et le coeur lâche. Mais les sentiments ?

© Jim/Delphine chez Grand Angle

S’émancipant de la nuit pour jouer avec les émotions de ces deux quinquas qui se cherchent comme des enfants, Jim réussit à relancer la machine après un troisième tome qui en avait déçu quelques-uns, paraît-il.  Il donne au lecteur ce qu’il veut sans que celui-ci puisse réellement s’y attendre. Tout tourne au vaudeville, au chassé-croisé, faisant comme victimes, d’un côté, les collègues de Raphaël qu’il avait promis de guider et, de l’autre, une ancienne connaissance de Marie qui pensait pouvoir bénéficier des faveurs de cette plus-si-demoiselle en détresse.

© Jim
© Jim

On n’a jamais vu Marie avec un visage si dur, même si Jim se refrène toujours à l’embarrasser des dégâts du temps. Mais, dans la ville de tous les luxes (reconstituée pierre antique après pierre antique), les petites fragilités s’exacerbent.

© Jim/Delphine chez Grand Angle

Sur la proue romaine, Marie et Raphaël sont loin d’être les rois du monde. Et si comme dans la chanson, « ils sont plus de 2000 mais je ne vois qu’eux deux », ils doivent faire face à toute une série d’éléments compromettants cette idylle qui, cette fois, ne doit pas avoir lieu. Le temps, les circonstances et les imprévus, le dédale de la Caput Mundi à laquelle les couleurs de Delphine rendent toute la grâce et tous les fastes. Rien ne va se passer comme ils l’auraient voulu, il y a dix ans, il y a vingt ans. Le rendez-vous de trop ?

© Jim

Entre cocasseries et tracasseries, Jim rallume la flamme, plus que jamais, du lecteur qui ose, malgré tout, espérer que la Ville Éternelle rendra tout aussi durable l’amour de Raphaël et Marie. Rien n’est moins sûr, mais Jim clôture le livre et laisse, apparemment à jamais (en dépit d’un poisson d’avril très comique), ses deux héros à leur vie de papier. Qu’il fasse ce que bon leur semble, leur mission généreuse est accomplie et laissera des traces dans la mémoire du lecteur qui, en fonction des éléments laissés, pourra peut-être prolonger l’aventure.

Poisson d’avril © Jim

Notez qu’une nouvelle vie s’offre à Une nuit à Rome. Peut-être le projet au cinéma verra-t-il le jour prochainement, toujours est-il qu’Ulysse Terrasson, le fils de Jim, tire des albums de son père des romans. Dont le premier sort en même temps que le dernier album BD. Éternel recommencement. Puis, comme vous l’aurez vu, quelques bonus habillent cette chronique, ils proviennent de l’excellent et généreux blog de Jim. Et il y vend, en ce moment, diverses pépites permettant de financer son film, Belle enfant, qui devrait réunir Baptiste Lecaplain, Marine Bohin, Michael Cohen. L’histoire ? Parole à l’auteur. « L’Italie que j’adore, avec une histoire totalement différente d’une nuit à Rome. Une rencontre amoureuse haute en couleur, mais aussi la pagaille des liens familiaux… Un film explosif, tendre, drôle, avec des personnages attachants… tel est le but. » N’hésitez donc pas.

Couverture du roman d’Ulysse Terrasson

Série : Une nuit à Rome

Tome : 4

Scénario et dessin  : Jim

Couleurs : Delphine

Genre: Romance

Éditeur: Grand Angle

Nbre de pages: 120

Prix: 18,90€

Date de sortie: le 10/06/2020

Extraits : 

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