Duo de Dugo: les enfants, omniscients ou de la résistance, toujours gagnants pour imposer leurs rêves au monde de brutes

Alors que Yakari se prépare à tirer sa révérence, force est de constater que le catalogue des Éditions du Lombard à destination de la jeunesse se trouvait un peu déforcé. Des série majeures s’étant arrêtées et d’autres commençant à dater. Outre l’éternel Ducobu et les indémodables Schtroumpf, Le Lombard a depuis quelques mois décidé de prendre le taureau par les cornes et de renouveler ses propositions à l’égard du jeune public et des ados. Cela passe par des Youtubeurs, des adaptations de dessin animé à succès ou l’autofiction d’une vedette du cinéma français mais aussi des créations originales. Déjà auteur de ce qui, à force de puissance émotionnelle, humaine et documentaire, est devenu une vraie locomotive de l’éditeur; Dugomier lance une toute nouvelle série ambitieuse, challengeant les teenagers et la bonne écoute du monde qui nous entoure. Sans se lasser des Enfants de 40, ceux de la résistance.

© Dugomier/Castellani/Ben BK chez Le Lombard

Résumé de l’éditeur : À New York, cinq adolescents se réveillent un jour dotés du savoir absolu. L’information se répand sans tarder, et les jeunes prodiges sont immédiatement mis à l’abri par le FBI. Que faire quand on a 15 ans et plus besoin d’apprendre la moindre leçon ? Nos héros n’auront pas le temps d’y réfléchir longtemps. Une organisation gouvernementale secrète est décidée à les capturer. Et ils ont une énigme à résoudre : d’où vient leur faculté ? Qui sont ces créatures aux pouvoirs divins qui ont décidé de changer leur destin ?

© Dugomier/Castellani/Ben BK chez Le Lombard

Aujourd’hui est un autre jour et il commence de manière stridente pour James, Ambèr (l’accent grave est important), Diego, Albert et Jessica. Si leurs noms sont gravés dans la pierre dans un endroit encore secret, ils ne se connaissent pas (encore), sont issus de milieux différents mais tous ont quelque chose en commun ce matin-là. Un insupportable bruit dans les oreilles, un acouphène. Qui va déboucher les voies impénétrables du savoir absolu.

© Dugomier/Castellani/Ben BK chez Le Lombard

Avec quelques subtilités qui seront très a propos et appréciées pour déjouer les pièges tendus sur leur chemin, nos jeunes héros vont devoir apprivoiser l’omniscience. Qui peut être très pesante, susciter les convoitises mais aussi la jalousie et les moqueries. Ambèr va vite vouloir en finir, définitivement. Pas besoin d’être omniscient pour savoir que du haut de trois étages, un saut dans le vide laisse peu de chances de survie. Celle-là même qui passera par la mise en place d’une bulle de confort et la réunion des quatre nouveaux « mutants ». Sous les feux des projecteurs de médias qui n’attendaient pas tant de buzz. Jessica, Cendrillon moderne au coeur, les rejoindra plus tard. Si les sbires du FBI lui en laissent l’opportunité. Car ils ont d’autres projets, plus enchaînés, pour le quintet.

© Dugomier/Castellani/Ben BK chez Le Lombard

L’idée de Stephen Desberg sur laquelle Vincent Dugomier a conçu cette nouvelle épopée de science-fiction est une arme à double-tranchant. Comment créer la surprise avec des héros qui savent tout et ont potentiellement un, ou deux, coups d’avance sur leurs opposants. Dugo, tout de go, ne parvient pas totalement à dompter la bête dans ce premier tome qui appelle peut-être une longue série et rappelle diverses fictions récentes comme Harmony et Les Chroniques d’Under York dans sa manière de plonger dans le futur tout en se raccordant à l’antiquité et mythologie. Dans ce monde qui est le nôtre, même s’il se vit aux États-Unis, on a vite l’impression que tout est trop facile pour nos héros. Tout est réglé comme sur du papier à musique, même quand les auteurs donnent l’impression que les choses vont se corser.

© Dugomier/Castellani/Ben BK chez Le Lombard

Si bien que le lecteur que je suis s’est vite laissé enfermer dans une espèce de faux-rythme dont le fil rouge est très artificiel : la fugue de Jessica et les embûches sur sa route au coeur de la « zone aveugle » pour rejoindre ses acolytes héroïques. Quitte à soulever une taque d’égout que deux agents du FBI pourtant bien costauds seront incapables de déloger sans astuce. L’intelligence de savoir tout sur tout, d’accord, mais la force de soulever des montagnes ? Oui, on a parfois l’impression que Les Omniscients nous prend pour des c***; pas méchamment hein, plutôt par excès de gentillesse.

© Dugomier/Castellani/Ben BK chez Le Lombard

Là où on attendait une série qui démarrerait sur les chapeaux de roue; et c’est le cas dans le dessin de la toute jeune Renata Castellani dynamique, expressif et très énergique; cet album est surtout un faux-démarrage s’appesantissant sur la course-poursuite avec Jessica et, paradoxalement, expédiant la constitution du groupe des Omniscients. Si ce ne sont quelques cauchemars, ce club des cinq 2.0 s’entend vite comme larrons en foire. Comme s’ils s’étaient toujours connus, faisant l’économie de la psychologie des héros et de leurs caractères pouvant être incompatibles, encore plus quand un tel changement leur tombe dessus.

© Dugomier/Castellani/Ben BK chez Le Lombard

Tout se passe trop bien. Cela dit, si je n’ai pas eu l’impression d’avancer très loin (d’ailleurs le résumé si dessus pose des questions auxquelles ce premier tome n’apporte même pas la réponse), le concept promet son lot de surprises explosives et pose une question fondamentale: à l’heure des disques durs internes et externes, comment retenir toutes les connaissances du monde et ses leçons ? Je ne suis même pas inquiet sur l’avenir radieux de cette série.

© Dugomier/Castellani/Ben BK chez Le Lombard

D’autant plus que Vincent Dugomier peut compter sur cette merveille que continue d’être Les Enfants de la résistance pour témoigner de toute sa grâce et toute son humanité à s’emparer d’un sujet  Au fil des tomes, ce traitement façon « têtes blondes » de la seconde guerre mondiale et de la résistance qui s’est organisé, cette série n’a fait que bonifier, s’enrichir, à chaque case.

Les enfants de la résistance jurent désobéissance en attendant De Gaulle

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

Résumé de l’éditeur : L’Allemagne a décidé de faire venir de force des travailleurs français pour faire tourner ses usines. Le STO est instauré. François, Lisa et Eusèbe décident d’aider les récalcitrants à fuir. Mais les autorités ont aussi créé la Milice française et c’est une menace supplémentaire qui se profile pour tous les résistants…

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

Dans le sixième tome, paru un peu plus tôt cette année, portant un titre fort comme Désobéir !, Vincent Dugomier et Benoit Ers livrent un épisode magnifique, passionnant. Pourtant, plus que jamais, c’est la latence qui l’emporte, sans retournement de situation, sans escalade de la douleur. Les explosions sont passés, la menace est présente, le guerre avance et emporte de plus en plus d’hommes sur les routes, au STO, Service du travail obligatoire, pour remplacer les ouvriers allemandes promis à la guerre. Les affiches fleurissent, toujours avec ce souci du détail documentaire et iconographique, et le club des trois, François, Lisa et Eusèbe, doivent rivaliser de méfiance, tout en continuant de développer et professionnaliser le réseau de résistance Le Lynx.

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

Ce n’est pas la seule manière de désobéir: les Zazous font leur apparition dans le petit microcosme campagnard de Pontain-l’-Écluse, d’autres s’inscrivent à l’université ou trouvent du travail à la ferme pour éviter le STO. Sans compter ceux qui n’ont que leurs membres pour trembler, leurs larmes pour couler, de l’hypothèse qui les attend : aider l’Allemagne, contre leur gré. Bien sûr, il restera la solution de travailler comme un pied. Face à la guerre totale annoncée, le camp ennemi charrie lui aussi quelques amis, un peu opportunistes, de Pétain.

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

Entre désobéissance et obéissance, François, Lisa et Eusèbe font leur chemin de foi. Pour une fois, depuis le début de la série, il n’y a pas trop de croix. Le trio avance comme des adultes, sans être déconnecté de sa condition d’enfant. Avec un peu des Castors Juniors, des premiers amours et des premières frustrations, et l’envie de tout miser sur les rêves de liberté et de fraternité. Au fil de ses chapitres et de son érudition fascinante, Les enfants de la résistance font cours d’histoire, aventureux et émouvant, essentiel.

Série : Les omniscients

Tome : 1 – Phénomènes

Scénario : Vincent Dugomier

Dessin : Renata Castellani

Couleurs : Ben BK

Genre : Fantastique, Science-fiction

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 64

Prix : 12,45€

Date de sortie : le 12/06/2020

Extraits : 

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Série : Les enfants de la résistance

Tome : 6 – Désobéir!

Scénario : Vincent Dugomier

Dessin et couleurs : Benoît Ers

Genre : Histoire, Aventure, Drame

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 48 (+ 8 pages de dossier documentaire)

Prix : 10,95€

Date de sortie : le 24/01/2020

Extraits : 

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