Nicoby: quatre saisons, et une autre en confinement

Il y a des auteurs qui se sont tellement fait leur place dans la bande dessinée qu’on les reconnaît mieux en traits dessinés que sur photo. Nicoby est de ceux-là tant il a souvent versé dans l’auto-fiction ou biographie, baladant son physique d’homme normal, avec son gros nez et son éternel pull rayé. Après vingt ans et déjà une bibliographie longue comme deux bras, Nicoby s’apprête à livrer ses quatre saisons, une série de recueils de petites histoires tous azimuts et autobiographiques dont le premier tome (sur quatre) a été repoussé à octobre. Mais comme nous l’avons déjà reçu, on ne se prive pas de vous en parler. D’autant plus qu’une cinquième saison, indépendante, est en crowdfunding. Elle porte le doux nom de confinement.

Résumé de l’éditeur : Aujourd’hui quadragénaire, Nicoby prend de la hauteur en passant la tête par-dessus le toit de son atelier pour compiler le bilan de sa vie d’auteur, retracer sa carrière dans un recueil de récits courts en quatre saisons. Du printemps de la création à l’hiver assombri par la maladie d’Alzheimer dont souffre sa mère, l’artiste invite ses lecteurs à partager ses aspirations et ses inspirations intimes dans une succession de séquences recousues avec humour et autodérision.

Édition spéciale © Nicoby chez Dupuis

Au fil des années, c’est peu dire que Nicoby a trouvé une place particulière dans mes bibliothèques. Un peu comme si nous l’avions vu grandir et faire grandir son amour de l’art, du neuvième plus particulièrement, dans des albums attachants, se recoupant parfois mais emmenant toujours plus loin la sympathie naturelle qu’on lui porte. Sincère et naturelle.

© Nicoby chez Dupuis

Après avoir tant fait d’oeuvres de mémoire pour la BD (Pilote, Hara Kiri, Fournier ou les Mastodonte), Nicoby a trouvé l’Aire Libre pour se mettre une nouvelle fois en cases et nous donner à voir des petites et grandes histoires qui n’avaient pas trouvé place jusque-là, des souvenirs, des bonus, des interstices entre des précédents albums et des rencontres. Avec Patrice Leconte (qui, lui aussi, a été auteur de BD), Gotlib et sa coccinelle, Isabelle Giraud, Blutch… quelques anonymes aussi. Sans oublier Jean-Christophe Menu avec qui Nicoby nourrissait des rêves de reprise de Tif et Tondu. Il l’aura fait le temps d’une courte histoire, seul, également présente dans le livre, alimentée de croquis de croquis de voitures vintage fait dans une casse. Des images déjà vues pour les aficionados des petits tirages quasi homemade dont l’auteur a la coutume.

© Nicoby chez Dupuis

Si ce n’est un style synthétique et qui préfère aller à l’essentiel, être direct, plutôt que de s’encombrer de détails, ce premier pavé d’un peu plus de 200 pages pourrait n’avoir ni queue ni tête, tant il est question de tout et de rien (mais toujours d’amour des choses bien faites). Alors, les Éditions Dupuis et l’auteur ont décidé de regrouper toute cette face submergée de l’iceberg selon leurs couleurs, leurs chaleurs, leurs tempos, les températures extérieures et intérieures. De quoi donner quatre saisons et ainsi parcourir la carrière de Nicoby, de ses jeunes années à aujourd’hui, dans ses aspects professionnels mais aussi privés. Nicoby est d’ailleurs bien parti, avec sa pointe d’humour mais aussi son grand coeur (il le prouve plusieurs fois, il pourrait être un « méchant » appâté par le gain mais il demeure un vrai gentil, passionné).

© Nicoby chez Dupuis

Entre les petits secrets des grandes histoires, quelques anecdotes autour de ses livres et nombreuses rencontres, Nicoby garde le trait léger même quand l’heure est plus grave, l’hiver. Quand sa petite maman perd la boule et les repères sous l’emprise du monstre Alzheimer (et l’auteur sait y faire pour mesure la profondeur du malaise). En fait, cette série/collection est bien partie pour nous faire voir mille vies, et autant de sentiments, en une.

© Nicoby chez Dupuis

Mes quatre saisons gagnera donc les rayons des libraires, début octobre, mais en attendant, il y a de quoi patienter. L’auteur le dit lui même: « le quotidien est une source de scénarios inépuisables ». Comme Les quatre saisons l’est. Mais pas que. À la faveur de cette fin de printemps, en grande partie assigné à résidence, Nicoby part en campagne pour son prochain album: C’est la guerre. Un autre journal intime abordant le confinement. Exclusivement et non-exclusivement, puisque, de ricochet en ricochet, cette épreuve inédite (cette expérience intime vécue avec des proches qui se comptent sur les cinq doigts de la main, mais mine de rien universellement) a soulevé bien des thèmes. Certains incontournables, d’autres insoupçonnés. Assez que pour inspirer Nicoby, à raison de deux planches par jour. Au bout du compte, ça en fait 120, et des bonus.

© Nicoby
© Nicoby
© Nicoby

C’est la guerre, chez les amis de Komics Initiative, propose donc de s’en faire le recueil, en différentes versions. De plus en plus étoffées au fil des paliers qu’aideront à franchir les généreux donateurs. Et s’ils sont sages, les pages encrées en noir et blanc trouveront même les couleurs de Philippe Ory. Voilà qui est très prometteur et se passe, dès maintenant, sur la plateforme de crowdfunding Ulule.

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Titre : Mes quatre saisons

Tome : 1/4

Scénario et dessin : Nicoby

Couleurs : Nicoby et Philippe Ory

Genre : Anecdotes, Autobiographie, Recueil d’histoires courtes

Éditeur : Dupuis

Collection : Aire Libre

Nbre de pages : 216

Prix : 22€

Date de sortie : le 02/10/2020

Extraits : 

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