Ann fait brusseler la diversité: « Oser s’écouter et ne pas le regretter, n’est-ce pas l’apprentissage de toute une vie ? »

Moi, Souchon, je trouve qu’on ne le reprend pas toujours bien, tellement ses interprétations sont singulières. Or, c’est avec du Souchon que la Bruxelloise Ann (Vandenplas) nous a embarqués dans son univers urbain, faisant brusseler l’emblématique « C’est déjà ça ». Parce qu’une chanson se réapproprie aussi dans la réinstrumentation, la gestion de la latence, des silence, de la gravité mais aussi d’un peu de légèreté, c’est top. Bref, une très belle reprise pour nous emmener au coeur de Chroniques d’une vie urbaine, le premier EP d’ANN. Interview.

© Jehanne Hupin

Bonjour Ann. Chanter, il y en a qui ne savent faire que chanter. Vous, vous avez plusieurs cordes à votre art. Mais chanter, ça reste votre péché mignon ?

Je dirais composer des chansons. Les chanter comme jouer les pièces que j’écris, ce sont en fait des moyens pour faire connaître mes créations. Composer, je le fais depuis mes 15 ans et ça reste toujours un bonheur incroyable. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons décidé de créer des minutes créatives avec Piotr Paluch. Chaque semaine, nous mettons en ligne 1m30 d’une future chanson. Il m’envoie une instrumentale, je compose dessus et je m’enregistre. On se filme chacun chez soi et il monte une petite vidéo. Ces démos deviendront certainement les chansons d’un prochain EP. Ces minutes créatives nous permettent de mettre en lumière ce que nous préférons faire au monde : composer !

La musique, elle est là depuis toujours ?

En tout cas, la musique est mon premier amour artistique. Les premières expériences artistiques qui m’ont procuré des sensations fortes. On oublie rarement son premier amour…

Quelle est la chanson que vous avez le plus chanté dans votre vie ?

Je crois que c’est un des titres de mon premier album avec mon duo « Djane » : « Lassée ». Il avait beaucoup tourné en radio et on l’a chanté de nombreuses fois sur scène à l’époque.

Et l’artiste qui vous a donné envie, à votre tour, de sortir de l’ombre en chansons ?

Je suis une fan inconditionnelle de Michaël Jackson et de ses morceaux qui approchent d’une forme de perfection. C’est ce que j’aime chez lui, on trouve tout dans sa musique : l’authenticité dans l’interprétation, les mélodies imparables, des musiques intemporelles et…évidemment le show. Mon plus grand regret est de ne l’avoir jamais vu en concert. Michael Jackson proposait un album de 12 morceaux qui étaient 12 tubes. Aujourd’hui, c’est très rarement le cas. J’ai découvert l’album « Bad » à 7 ans. Je l’écoute encore aujourd’hui avec le même plaisir.

Et évidemment beaucoup plus tard, j’ai découvert Sade. Ce fut un tel coup de cœur que je n’ai quasi rien écouté d’autre pendant 1 an. Ce fut la période où mon papa était malade du cancer puis est malheureusement décédé. J’ai trouvé les émotions dans la musique de Sade qui m’ont aidé à faire mon deuil.

Ce n’est pas la première fois que vous chantez, loin de là. Déjà, il y a douze ans, vous aviez franchi le pas, de manière funky. Sous le nom de Djane. Vous nous racontez ? Comment s’était déroulée cette première partie de carrière ?

C’était donc un duo vocal, dans un style r&b soul en français.

Ce fut une expérience magique mais notre style de musique n’était pas courant en Belgique. Je pense que notre label ne savait pas trop comment nous développer. Je pense qu’on aurait pu faire une route encore beaucoup plus flamboyante mais un succès est aussi une question de rencontre, de timing, d’encadrement et de chance. J’aurais aimé avoir su à l’époque tout ce que je sais aujourd’hui. Je suis parfois soufflée par la maturité au niveau de l’image et de l’identité des artistes âgés de 25 ans aujourd’hui. Ce n’était pas le cas des artistes il y a 15 ans. On se cherchait, on essayait. On était libres mais on prenait notre temps. Les réseaux ont forcément accéléré ce rapport à l’image.

On en trouve encore des traces ?

L’album se trouve encore (NDLR. en rupture de stock) sur le site de notre éditeur de l’époque : Team 4 action.

Pour le reste, c’était avant les réseaux et les captations. Bref, malheureusement, il n’en reste plus grand-chose. Et je n’ai plus les données de notre site internet de l’époque. Quelques photos et de merveilleux souvenirs demeurent.

Plus tard, c’est à coups de buzz, que les Girls Next Door, entre Neder et Malonne, ont cassé la baraque. Avec votre complice Evelyne Demaude. Le buzz, c’est durable ? On vous a reconnues dans la rue ? Ça vous a ouvert des portes ?

Avec « Atomium », oui on nous reconnaissait dans la rue. « Atomium » était une blague, un gros délire. Nous n’avions pas prévu ce qui s’est passé et c’est ce qui est beau dans cette aventure. Comme je le raconte souvent : Nous avons lancé le clip la veille de mon départ à Avignon. Nous espérions faire 1000 vues…Et puis tout a explosé. Je me rappelle que je donnais des interviews entre 2 tractages à Avignon. Evelyne a dû se débrouiller à Bruxelles avec Piotr (le compositeur) tandis qu’une de mes amies nous aidait à tout gérer. C’était fou.

Si on rassemble les vues youtube et Facebook, nous en avons aujourd’hui 500 000 !

Mais nous n’étions pas prêtes, nous n’avions pas de nouvelle matière. C’était l’été en plus. C’est intense à vivre un buzz, c’est à vivre une fois dans sa vie mais il n’en reste pas grand-chose au final si vous ne construisez pas dessus très vite.

Les Girls Next Door reviendront-elles ?

Personnellement, je ne l’exclus pas comme je l’ai déjà dit à Evelyne. Le truc, ce qui n’a rien à voir avec Evelyne ou mes anciens collègues de travail artistique, c’est que j’ai toujours eu un coté self made woman, j’ai toujours beaucoup bossé au sein de mes projets en équipe. Comme j’ai des facilités avec les aspects de dossier et idées pour se développer, j’ai été amenée à faire beaucoup de choses dans mes projets précédents.

Parce que quand vous vous autoproduisez, c’est un passage obligatoire. Aujourd’hui, j’ai tout simplement envie de faire tout ça pour moi et avoir un projet à moi. Je suis déjà partagée artistiquement entre mon travail en radio et ce nouveau projet. Quand on veut faire les choses bien et c’est mon cas, c’est très énergivore. Et pour revenir sur les girls next door, je me suis rendue compte aussi que la chanson « sérieuse » me manquait.

Changement de style, cette fois, sans doute plus affirmé, plus sérieux mais avec quand même de la légèreté et du funky. Ça s’appelle Chroniques d’une vie urbaine. Comment est née cette aventure extérieure autant qu’intérieur ?

J’étais sur la création d’une 3e pièce. Le sujet était « Bruxelles ». Et l’idée était de faire une sorte de BO comme pour un film. Une BO réunissant les chansons de la pièce qui pourraient aussi vivre leur vie propre. « Bruxelles » est d’ailleurs la première chanson écrite dans ce cadre. Je n’ai pas obtenu les subsides, hélas. J’ai dû alors me poser et voir dans quoi j’avais envie de mettre mon énergie artistique. Revenir à la musique était alors une évidence car j’étais encore plus emballée par l’idée de créer cette BO plutôt que la pièce elle-même.

Cette pièce, vous nous la faites découvrir ?

« Bruxelles » devait être résolument une pièce encourageant à essayer de comprendre l’autre, de ne pas lâcher, ne pas abandonner. Chercher des ponts, chercher des solutions. Parce qu’il y’a forcément toujours quelque chose qui nous lie : Un père, des souvenirs, la ville où je vis… Dans la forme, la pièce devait se dérouler dans dix lieux clefs à Bruxelles (dix scènes), imprégnant les dialogues et les échanges des deux protagonistes des atmosphères des quartiers dans lesquels ils se trouveront et feront progresser la dramaturgie. Dix scènes comme les dix pièces d’un puzzle indispensables donc l’une à l’autre.

Je souhaitais également réaliser des interviews d’habitants des quartiers choisis pour les dix rendez-vous. Par le biais de ces interviews, je voulais qu’ils donnent leur vision du quartier dans lequel ils vivent et qu’ils mettent l’accent sur ce qui selon eux le caractérise.

Et pour l’histoire ?

Lorsqu’Isabelle et son frère Xavier atteignent respectivement l’âge de dix et onze ans, leurs parents décident de se séparer et de faire respecter le choix de leurs enfants: Xavier veut aller chez sa mère, dans le Sud de Bruxelles, à Woluwé, et Isabelle veut rester avec son père, dans le Nord,  à Schaerbeek. Ils se retrouveront ensemble un weekend par mois et aux vacances scolaires chez l’un ou l’autre parent et s’écriront une lettre chaque semaine. Cela dure un temps, puis, quand ils se retrouvent face à face lors de circonstances familiales, ce sont surtout les incompréhensions et les maladresses qui prennent le dessus. Jusqu’au jour où un événement les oblige à se revoir, non sans difficultés, le manque de temps aidant, dans dix endroits de Bruxelles différents.

C’était prometteur, dites donc ! Pour revenir à l’EP, cette Bo, on y retrouve un compagnon de route qui n’est pas de la dernière drache bruxelloise, Piotr Paluch. Vous nous le présentez ? Il met de la musique sur vos mots ?

Il met de la musique sur mes mots et mes mélodies. On se comprend musicalement à la vitesse de l’éclair. Je n’aurai plus jamais ça avec personne. Aujourd’hui, je crois pouvoir dire que c’est le compositeur de ma vie. Il a monté son propre label : Abyssin Productions. Vous y trouvez du jazz et du neo classique. Des projets d’une qualité musicale raffinée. Les choses ont très bien démarré avec mon projet et je suis heureuse de vivre cette nouvelle aventure avec lui.

Premier extrait, C’est déjà ça. Ça fera penser à nos lecteurs que c’est du Souchon, et c’en est. C’est le premier clip issu de cet album-EP. Cette chanson s’est imposée ?

Elle a marqué l’adolescente que j’étais. Je la réécoutais régulièrement et ne comprenait pas pourquoi elle n’avait pas été davantage reprise tant elle est intemporelle. J’en ai parlé à Piotr et il était tout de suite emballé.

Comment apprivoise-t-on puis se réapproprie-t-on, réarrange-t-on (plus électro, plus tribal, un peu Woodkid peut-être) un mythe comme celui-là ?

Je dirais sans trop réfléchir et..heureusement ! Avec le recul, je me rends compte qu’on aurait pu complètement se planter, se prendre les foudres des fans de Monsieur Souchon. On a fait ça spontanément. J’avais envie que la batterie soit très en avant, j’avais envie de quelque chose de très moderne. Et Piotr est arrivé avec ce beat. Et voilà c’était parti.

Au fond, il faut demander une autorisation, j’imagine ? Y’a-t-il une chance qu’Alain Souchon l’entende, votre version magnifique !

Vous avez le droit de faire une reprise mais par contre vous ne pouvez pas changer les paroles car sinon c’est une réadaptation. Il faut demander une autorisation par contre pour mettre en image une reprise, ce que nous avons évidemment fait auprès des éditions Souchon et de Warner France. J’ignore s’il a entendu ma version. En tout cas, j’ai reçu l’accord.

© Jehanne Hupin

Vous aviez une histoire particulière avec cette chanson ? Vous vous souvenez de la première fois où vous l’avez entendue ?

Ma maman avait une compilation de chansons qu’elle aimait. Elle l’écoutait dans sa cuisine pendant qu’elle préparait le repas. Moi, j’écoutais Paula Abdul et Whitney Houston à fond. Et entre deux disques, la chanson de Souchon pourtant éloignée de mon univers était venue me cueillir. Parce que c’est un témoignage humain et ça touche à l’universel. C’est la force d’une telle chanson. La force de la plume d’Alain Souchon.

Vous l’implantez à Bruxelles. Y’a-t-il une rue de Belleville à Bruxelles ? Y’a-t-il eu la tentation de peut-être changer l’une ou l’autre phrase ?

Il y’a des rues de Belleville partout en Europe. Et on est tous passé devant ces humains déracinés qui tentent d’accepter qu’à présent leur vie devra se faire loin de leur pays d’origine. Parce qu’on oublie parfois que derrière les décisions politiques, les débats, les avis, il y’a une histoire humaine, il y’a quelqu’un qui, souvent, n’est pas parti par choix. On part avec l’espoir de trouver mieux. Mais c’est toujours très difficile. Et non, je ne me serais pas permise de toucher à cette chanson.

© Jehanne Hupin

Pour le reste, la chanson qui ouvre l’album, c’est Apprendre à s’écouter. Vous y êtes arrivée, à vous écouter ? Il a fallu du temps ? Le monde artistique, si compliqué parfois, rend-il les choses plus compliquées ?

Ecouter son instinct, c’est aussi parfois prendre des risques. Si vous décidez de stopper une relation amoureuse ou une collaboration professionnelle parce que vous sentez que vous méritez mieux, il y’a toujours le risque de ne pas trouver ce qu’on recherche. Il y’a le risque du vide et de la solitude. C’est partir vers l’inconnu en choisissant de se respecter. Oser s’écouter et ne pas le regretter quelles que soient les conséquences, n’est-ce pas l’apprentissage de toute une vie ?

Au fond, on entend souvent des acteurs/actrices (que vous êtes aussi, entre autres) avouer avoir horreur de se regarder au cinéma. Et pour une chanteuse, on doit aussi apprendre à s’écouter ?

De mon côté, pas de soucis. Que ce soit niveau caméra ou niveau chansons, j’ai un regard critique et analytique. Je suis dans une recherche précise. Donc je ne me regarde pas de manière contemplative en fait. Donc c’est même plutôt gai de s’écouter pour peaufiner et s’améliorer.

© Jehanne Hupin

Le deuxième titre est on-ne-peut-plus actuel. Elle s’intitule Les gens pressés, au rythme desquels il faut s’ajuster. Le confinement a changé la donne, non ?

Ce sera le 2e single qui arrivera vers le 20 Juin. Le confinement n’a pas changé la donne car ici je parle des gens pressés d’avoir un résultat, par exemple dans une collaboration professionnelle. C’est tout un état d’esprit et c’est plus compliqué à changer qu’un rapport au temps dans la vie. Cette chanson explique ce que je n’ai pas réussi à exprimer à certaines personnes. Le droit d’avoir le temps de grandir, le droit à l’erreur sans avoir constamment l’impression que l’autre va se faire la malle, le droit qu’on prenne du temps avec vous, le droit de se sentir unique pour quelqu’un aussi.

Devoir prouver sa valeur, c’est éreintant à la fin. Aujourd’hui, je me sens libérée car je suis mon propre capitaine. Et finalement, même si je ne pensais pas à ça en l’écrivant, cette chanson peut évoquer aussi les pressions que vous font ressentir l’autre dans le cadre d’une relation amoureuse.

Plus loin, en conclusion, il y a Je trace. Cette volonté de prendre la vie à bras le corps pour en faire celle dont on rêve, qu’on ne vit qu’une fois. C’est ce que vous faites aujourd’hui ?

C’est le combat de toute ma vie. Petite, je rêvais de descendre à la boîte aux lettres et d’y trouver une lettre avec une nouvelle qui allait changer ma vie. Puis, un jour, j’ai compris que le contenu de cette lettre, c’est moi qui allait devoir l’écrire. La vie est courte et j’essaye dans la mesure de mes moyens de créer la vie qui me tente. Même si parfois, je pourrais effectivement rester dans le fauteuil avec un plateau repas et me reposer. Même si il n y’a jamais une garantie que les efforts vont payer. Je préfère me lancer. C’est ça que je raconte dans « Je trace ».

Au fond, durant ce confinement, qu’avez-vous fait ?

J’ai mangé et marché. Les permissions des promenades distanciées avec un ami m’ont sauvée. J’ai d’ailleurs l’impression de me sentir encore plus proche des amis avec qui j’ai fait ces promenades. Ce fut une période tellement inédite et horrible à la fois.

Bruxelles, on y revient, avec un titre éponyme. Bruxelles, c’est votre ville, on ne s’en lasse pas ?

Je suis une fille de la ville, j’aime ma ville et ma commune. Je serai toute ma vie une citadine. Je suis une fidèle. Bruxelles fait partie de ma famille. C’est une vieille amie qui m’offre des madeleines de Proust un peu partout dans ses recoins. Tant de souvenirs.

Tout n’est pas tout rose, non plus ? Jamais acquise ?

Forcément, une ville cosmopolite avec tant de nationalités nécessite d’acquérir une ouverture d’esprit, une ouverture à l’autre et aux différences. Chez certaines personnes, cette ouverture est plus compliquée. Les moyens devraient être concentrés dans l’enseignement. C’est pour moi la clef de beaucoup de choses dans notre société. Car c’est là que nous recevons des outils pour travailler cette ouverture d’esprit et en faire une force et une richesse.

Si l’on en croit l’instrumentation, c’est une ville qui jazze ?

Le jazzy, un peu comme Sade le propose dans sa musique m’inspire un voyage singulier entre mélancolie, parcours de vie, mystère et renaissance. Je ressens Bruxelles comme ça.

Une petite visite vite fait ? Quels sont vos immanquables bruxellois (arts, monuments, resto…) ?

Restaurants : Le Patio d’été sans hésiter à Flagey. Une cuisine raffinée et réconfortante.

Ne manquez pas les glaces chez Cônes Avenue de l’Hippodrome ou un éclair moka chez Chambelland au cimetière d’Ixelles ou encore une dégustation de fromages au comptoir de Samson tenue par 2 sœurs supers.

Pour m’habiller, sans hésiter, le magasin Les Bourgeoises à Fort Jaco. Petits prix pour une collection magnifique et un personnel en or. Voilà les endroits où vous me verrez tout le temps. J’aime mes commerçants de quartier. Je suis sensible à ça.

Pour ce qui est du culturel, vous pourrez me voir partout. : au théâtre, au Musée, au ciné…

Deux choses me guident : Les sujets pour mes chroniques radios où je suis guidée par mes coups de cœur et mes envies et le soutien à certains collègues comédiens ou chanteurs.

Pour cette deuxième dimension, il est évident que je n’irai pas voir une création avec laquelle je n’ai aucune affinité mais j’aime aujourd’hui l’idée de soutenir culturellement une belle personne elle-même solidaire et attentive à ce que font les autres. C’est un milieu difficile et je trouve que la solidarité est importante voire essentielle. J’ai reçu des coups de pouce inattendus dans ma carrière, j’essaye de ne pas avoir la mémoire courte. Je n’aime pas cet esprit parfois très famille fermée du monde culturel. Pour moi, être artiste, c’est être ouvert d’esprit. Avant même la créativité.

On reste dans votre ville, avec Elle ? Qui est-elle ? Elle existe ? Une vraie voisine ? Elle, c’est un regret ?

Non c’est une fiction mais je crois pourtant que cette voisine, sur le point de faire une bêtise fatale, nous la croisons presque tous au moins une fois dans sa vie. Pas de culpabilisation ici bien entendu, juste l’idée de se dire que l’écoute, le temps peut parfois sauver des vies. En prendre avec quelqu’un ne coûte pas grand-chose.

J’ai l’impression qu’on la connait tous, on a tous croisé des personnes auxquelles on n’a pas fait attention. On aurait dû !

Exactement. Cela fait partie des petites choses qu’on peut apporter pour aider les autres. Un peu d’écoute, un regard bienveillant peut changer les choses. Vraiment.

Enfin, parlons de Nostalgique. Vous l’êtes ? Il est question de la nostalgie, notamment musicale. La musique actuelle, elle a perdu de sa résonance ? C’est pour ça qu’on ressent un charme vintage sur cet album ?

Je me demande souvent si c’est parce que j’avais un rapport fusionnel avec la musique dans les années 90 que je préfère cette musique ou si, effectivement, la musique d’aujourd’hui a moins de charme. Je pourrais vous en parler pendant des heures. Je trouve qu’aujourd’hui, on met les mêmes effets sur les voix et, du coup, elles perdent leur timbre singulier. Je trouve que les années 90, c’était l’époque des stars comme Prince ou Georges Michaël, des parcours qui faisaient rêver, des histoires, des artistes qui traversaient des modes. Oui je suis nostalgique et l’époque d’aujourd’hui me plaît moins.

Cet album sort avec la complicité d’Abyssin Prod. Vous nous en parlez ?

Un label mené par Piotr Paluch et ses 20 ans d’expérience dans la musique. Ce qui m’a toujours fasciné chez lui, c’est son ouverture d’esprit. Il a une formation jazz mais écoute de la pop depuis toujours. Il est ouvert à plein de styles, sans préjugés. Ses premiers artistes sont dans le néo-classique et le jazz. Il travaille avec un artiste dans le rap pour le moment. Vous entendrez parler de ce label dans l’avenir!

Merci beaucoup Ann et longue vie à Bruxelles et tous ses ailleurs. Rappelons que l’EP sort ce 12 juin et est composé de 7 titres. Infos sur votre site ou votre page Facebook.

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