Stranger Thynes, ce village belge qui a muté pendant le confinement et accueille désormais tigres, éléphants et autres animaux sauvages

Depuis quelques semaines, la planète vit au ralenti, freiné dans ses élans consuméristes par un virus qui a pris nos habitudes sociales en grippe, tout en se montrant plus féroce qu’une simple grippe. Coupés du monde que nous sommes, à commencé par nos proches les plus intimes, tout en n’ayant jamais été aussi connectés. L’occasion d’y voir passer des photos quasi surnaturelles. Et de s’en rendre un peu plus compte lors des promenades que nous sommes autorisés à faire : en l’absence d’activité humaine, la nature reprend ses droits. Avec Thynes comme épicentre. Le village condruzien semble avoir muté, traversé de dinosaures, éléphants, toucans et autres rhinocéros.

© Matthieu Hendrick

Plus grand-monde sur les trottoirs, les axes routiers désertés, les avions muets… sans nul doute, le confinement et le ralentissement des activités humaines confèrent un second souffle à quelques habitants de nos terres devenus moins farouches. Ainsi a-t-on vu une famille de chevreuils en plein centre de Gembloux, début de semaine dernière.

À Thynes, les choses s’accélèrent, et le petit village tranquille, oserait-on dire timide et ne défrayant jamais la chronique, de jouer une part de Jumanji. Pas encore de monstre du Loch… Lisonette, mais les forêts se sont transformées en jungles. Chaque jour amène son lot de visions irréelles, semblant mélanger la faune des quatre coins du globe. Le village est en mutation et l’un de ses habitants, Matthieu Hendrick (photographe à ses heures mais aussi designer graphique et infographiste, coïncidence ? Peut-être pas) en capte les changements et les poste sur sa page Facebook.

Outre ses habitants de tous poils et assez sauvages, il faut désormais aussi compter sur un changement de topographie. Le paysage s’est modifié de manière plutôt alléchante pour les Thynois qui, à la fin du confinement, voudraient chausser les skis. C’est possible, à quelques encablures du village, des montagnes se sont dressées.

© Matthieu Hendrick
© Matthieu Hendrick

Quand le soir tombe, pour les spectateurs avertis de ce Jurassic Park in real life, c’est un dinosaure qu’on peut voir au loin, menaçant. Bien moins que l’aurore boréale dont les villageois ont été les témoins.

PHOTOS| Bêtes sauvages, aurores boréales: comment Thynes, confiné, a muté en Jumanji
Matthieu Hendrick

Du côté de la crypte, un pygargue à tête blanche a élu domicile, de manière remarquée. Dans les bois et dans les prés, la petite famille a même aperçu des rhinocéros et des éléphants. «Quand la nature reprend ses droits, c’est magnifique.», sourit le photographe qui avait déjà une piste pour débusquer phacochères et autres éléphants. En attendant le prochain cliché. À moins que ce ne soit un montage? Bien fait alors, à tel point que cela occupe bien la petite famille en cette période de «vacances» et les réseaux sociaux en raffolent. Et les habitants s’ébahissent.

PHOTOS| Bêtes sauvages, aurores boréales: comment Thynes, confiné, a muté en Jumanji
Matthieu Hendrick

Dans les commentaires, un guide remonte à 1870 pour trouver trace d’un élément aussi étonnant dans la région. «Durant la guerre de 1870, un dirigeable prussien en déroute a atterri à Thynes. Ce fut un évènement historique pour la population du village. Chaque habitant se sentait obligé de raconter le fait chaque fois qu’il descendait à Dinant: d’où le surnom ‘d’adoreus d’ballon’.» Un surnom qui colle encore à la peau des Thynois. « Ne va-ton pas vers un adoreu de nuages, de dinosaures, d’aigles… », conclut le guide.

© Matthieu Hendrick
© Matthieu Hendrick
© Matthieu Hendrick
© Matthieu Hendrick
© Matthieu Hendrick

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