EN CONFINEMENT| Dans l’ombre des seigneurs et dans l’intimité musicale de Calogero avec quelques raretés

« C’est un drôle de silence qui vient de la rue
Comme un dimanche imprévu
Un homme chante là-bas, sur un balcon
Sa voisine l’accompagne au violon »

Comme beaucoup d’artistes confinés chez eux, privés de scènes, privés de sortie discographique (ce n’était pas encore son cas), Calogero a trouvé un peu de temps dans l’attente pour proposer à ses fans et autres auditeurs une chanson inédite inspirée et aspirée par le courant des événements de cette crise. On ne sait pas s’il applaudit à son balcon, mais toujours est-il que sur son fidèle piano, cet homme plus que jamais au milieu des autres a enchaîné des notes qui ressemblaient à autant d’encouragement pour les héros ordinaires qui font que l’espoir est intact et qu’en ses heures de morts, la vie vaincra.

Sur un texte écrit par Bruno Guglielmi, dans cette pièce aux reflets bleutés puis sur toutes les bandes FM et les réseaux sociaux, cela a donné On fait comme si. Vibrante chanson dont la totalité des recettes sera reversée à la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.

L’occasion aussi, puisqu’on a le temps et que Calogero nous invite quelques minutes dans l’intimité de son studio improvisé de revenir quelques mois en arrière. Alors, l’hiver arrivait et pour se ternir bien au chaud, l’artiste proposait une double-parution : l’intégralité (le terme est un peu fort tant il manque au moins trois disques de bonus, hommages et versions B apparus au fil de rééditions, de BO – comme celles, très bonnes, de Mon Pote ou Flics – ou d’albums collectifs) de sa discographie en solo studio comme live (avec l’inédite dernière tournée) et un triple best-of (Studio/Live/Rareté).

Plus de trente ans après son début de carrière au sein des Charts, Calogero est devenu l’un des artistes français les plus prisés par le public mais aussi par ses pairs. En témoignait donc, outre cette discographie déjà impressionnante, une série d’inédits. Ou du moins des morceaux qu’on n’a pas l’habitude d’entendre chanter comme ça, par cette voix. Parce que Johnny, Julien, Françoise, Florent, Serge ou encore Maëlle. Avant que ces grands interprètes ne s’emparent de ces sons où l’ADN Calo est remarquable, celui-ci en propose des maquettes et pose sa voix. Des chansons qui pouvaient être une fin en soi, ce que prouvent les deux cds d’inédits (26) dans l’Intégrale et le cd-11 titres dans le best-of.

Autant d’occasion d’apercevoir Calogero au turbin, posant sa voix sur des maquettes qu’il propose à d’autres. Et il y en a ! Tout n’y est pas, bien sûr. Victime de collectionnite aiguë, je suis de ceux qui préfèrent tout entendre d’un artiste, même les coups de mou, les bides, les chefs-d’oeuvre passés inaperçus aussi, j’aurais tellement aimé entendre une version Calo de Perso de Fred Blondin, de Panorama de Kent, le Châtelet-les-Halles de Florent Pagny ou encore la tripotée de superbes chansons offertes à Patrick Fiori.

Ces versions existent-elles ? Faisons avec ce qu’on a et c’est déjà plus que suffisant. Quel bonheur d’entendre Calogero entrer dans l’arène sur le prémonitoire Ça n’finira jamais de Johnny Hallyday ou Les Murs Porteurs de Florent Pagny. Difficile de rivaliser avec ces incroyables performers, Calogero en a la voix mais, en éclaireur, il y amène d’autres nuances.

Loin des démos que certains groupes ou artistes proposent en bonus à des fans acharnés alors qu’elles restent des versions de travail baragouinées et sans aucun effort vocal (je me souviens des versions démo de l’album Spiralling de Keane), pas inintéressantes mais d’un intérêt se situant ailleurs que dans la simple beauté de ces « pépites »; Calogero propose déjà des hors-d’oeuvre, ayant déjà l’éclat des beaux trésors, de l’émotion intacte, saisie au premier degré. Il y a de l’application et de l’implication. Sur des compositions portant des textes de Patrice Guirao, Maris Bastide, Christophe Cirillo, Serge Lama (un tonitruant souvenir)…)  Plus que le mérite d’exister, ces versions en ont l’originalité et la puissance. Pourquoi vous, Le Soldat, Le souvenir ou le très énergique Sur un coup de tête de Maëlle, on adore.

Fameux cadeaux que de les déballer, dans leur jus (ça crépite par instants, une chanson ne va pas jusqu’au bout), aux côtés de maquettes de chansons déjà enregistrées pour lui-même, qui nous met dans la position privilégiée d’être témoin de la popote interne d’un grand compositeur dans la chanson française de ces vingt dernières années.

L’intégralité de ces raretés collectionnées pour l’intégrale est disponible sur Deezer:

Pour le reste, l’intégrale studio est l’occasion de redécouvrir un album mal aimé comme Pomme C qui est pourtant un jalon dans la carrière de Calogero. Coup de coeur absolu.

2 commentaires

  1. Tout à fait d’accord avec la conclusion sur Pomme C, c’est pour moi le meilleur album, et je regrette l’absence d’un livre de la tournée qui a suivi.

  2. Bonjour,
    Je me permets de commenter parce que j’ai vraiment l’impression de lire un ami, à se demander si ce n’est pas un pseudo !

    Bon il ne serait pas d’accord sur Pomme C (moi je le suis).

    J’en profite donc pour inviter de manière éhontée l’auteur à aller écouter l’épisode 5 du podcast « Calogero le podcast » dédié à l’intégrale.

    Je pense que notre intervenant Pascal est le jumeau de l’auteur de cet article ^^

    Bonne journée

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