La vie hantée d’Anya, une tétanisante bouffée d’oxygène

Aussi à l’aise dans le registre du comics que dans des histoires plus indés, l’Américaine Vera Brosgol (alias verabee) a vu son premier album et coup de maître, La vie Hantée d’Anya, être réédité en français. Un récit adolescent qui sous des dehors naïfs et réalistes finit par donner des sueurs froides inattendues.

En ces temps de pandémie et de confinement, l’envie sera grande de se procurer de bonnes lectures. Épanchez la seulement ! Mais privilégiez les commandes en ligne auprès de vos libraires habituels plutôt que d’un célèbre géant du web. Vous pouvez vous rendre sur ce site, par exemple => www.lalibrairie.com.

© Vera Brosgol

Résumé de l’éditeur : Anya a l’impression d’être en permanence la petite nouvelle : fille d’immigrés, elle n’a jamais réussi à trouver complètement sa place. Mais quand elle tombe dans un puits et découvre le fantôme qui s’y trouve, elle a l’impression de se faire son premier véritable ami. Les ennuis commencent quand ce fantôme, prénommé Emily, devient jaloux de tout ce qui remplit la vie d’Anya.

© Vera Brosgol chez First Second

Eisner Award, Harvey Award, Cybils Award, une reconnaissance mondiale… pour un premier roman graphique aux airs de rien, en apparence, Vera Brosgol touchait du doigt et du crayon bien des coeurs. Sous des dehors tristement banals, l’illustratrice américaine appuie là où ça fait mal pour une enfant de moins de quinze ans. Quand la différence est une arme dont se servent les « compagnons » de classe pour vous faire sentir bien seul.

© Vera Brosgol chez Rue de Sèvres

C’est le cas d’Anya, en manque de repère, intériorisant sa peine, incapable de l’extérioriser une bonne fois pour toutes. Chance, au fond d’un puits, là où elle ne pouvait pas tomber plus bas, Anya va revivre en trouvant la mort. Un fantôme au doux nom d’Emily qui va devenir son Casper et donner du sens et du courage à sa vie, pour affronter les autres. Avec un regard vide mais des paroles convaincantes. Sauf qu’Emily n’est pas vraiment Casper, c’est une parasite qui n’attend que l’occasion de se nourrir, d’aspirer l’énergie retrouvée d’Anya.

© Vera Brosgol chez Rue de Sèvres
© Vera Brosgol chez Rue de Sèvres

Quelque part entre le dessin de Marjane Satrapi et celui privilégié par les auteur(e)s de blog BD, privilégiant la délicatesse, la rudesse parfois, du noir sur le blanc, Vera Brosgol livre un premier album graphique qui se donne les moyens de ses ambitions, installe le doute, l’ennui même, pour mieux surprendre le lecteur dans la deuxième partie de ce livre qui fiche le cafard et traite par le fantastique les thèmes cruciaux que sont l’acceptation de soi et le harcèlement. Un ouvrage tétanisant parfois, mais qui donne au final une bouffée d’oxygène.

© Vera Brosgol chez Rue de Sèvres

Titre : La vie hantée d’Anya

Récit complet

Scénario et dessin : Vera Brosgol

Traduction : Alice Delarbre

Noir et blanc

Éditeur VF : Rue de Sèvres

Éditeur VO : First Second Books

Nbre de pages : 224

Prix : 16 €

Date de sortie : le le 28/08/2019

Extraits :

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