Intrigues, potins, coucheries et complots à la cour du roi Louis XIII : L’affaire Chevreuse d’Hélène Clerc-Murgier

C’est beaucoup plus qu’un roman historique ou qu’un policier. C’est un livre rempli d’anecdotes sur la cour du jeune Roi de France, Louis XIII (25 ans à l’époque des faits). C’est truffé de potins, de détails croustillants et c’est excellent. J’adore ça pour être précise ! C’est jubilatoire, un peu comme lorsqu’on entend la commère du quartier vous raconter tout ce que vous ne devriez pas savoir. Si seulement mes cours d’histoire avaient été aussi truculents… C’est surtout autour d’un fait historique que se construit cette intrigue. Un complot visant à assassiner le cardinal de Richelieu et le Roi afin de placer Gaston d’Orléans sur le trône. Mais quel regret de quitter toutes ces vipères, c’était tellement amusant. Vivement le prochain !

« Sous le règne de Louis XIII, la duchesse de Chevreuse, amie et confidente de la jeune Anne d’Autriche, envoûte tout le royaume de France par sa beauté et son extravagance. On lui prête de nombreux amants dans les hautes sphères du pouvoir, où elle pourra œuvrer dans l’ombre à son dessein machiavélique : faire assassiner le puissant cardinal de Richelieu et détrôner le roi au profit de Gaston d’Orléans, son jeune frère.

Dans la capitale, loin des intrigues feutrées de la cour, plusieurs jeunes hommes sont retrouvés assassinés. Tous proches de Richelieu, tous soupçonnés de sodomie. A chacune des morts, un billet écrit en italien est déposé au Grand Châtelet.

Pour Jacques Chevassut, qui mène l’enquête, les événements prennent une tournure dramatique le jour où son second, Philippe de May, est attaqué lui aussi. Afin de résoudre cette sombre affaire dont le dénouement se révélera bien insolite, le lieutenant criminel va devoir suivre un dangereux jeu de piste dans les ruelles malfamées de Paris. »

Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse, est beaucoup plus vivante et amusante que ce portrait en Diane Chasseresse (Portrait attribué à Claude Deruet). On la découvre belle, charmante, intelligente, conspiratrice, dominante, espiègle. Elle use et abuse de ses charmes pour obtenir tout ce qui lui plaît, pour faire agir les autres comme elle le désire. Elle a plusieurs maris, plusieurs amant(e)s. C’est une dark-héroïne, une femme de romanesque et démoniaque. Une femme qui conspire perpétuellement. Que je n’aimerais pas avoir de mes amis, et encore moins dans mes ennemis… C’est jubilatoire !

Et puis, cette intrigue historique sous la plume d’Hélène Clerc-Murgier dépoussière Richelieu. Je l’imaginais complètement étriqué dans son habit de cardinal. Je le pensais plus droit qu’une règle, plus avide de pouvoir qu’une hyène. Je le découvre érudit, adroit pour déjouer les complots qui se trament, riche, aimant sincèrement le Roi qu’il a connu enfant.

Je le découvre amoureux, de musique, des mots, des femmes, des hommes aussi, sans doute. L’auteure nous le rend terriblement humain et impitoyable en même temps. Passionnant.

C’est aussi la découverte du Roi Louis XIII, père du célèbre Roi-Soleil. C’est une enfance terrible sous la coupe de Marie de Médicis, sa mère, qui a tellement de mal à lâcher la régence. Un mariage précoce avec Anne d’Autriche, qui le verra contraint à consommer sa nuit de noce à l’âge de 14 ans. C’est un Roi qui préfère tant les favoris qui l’entourent qu’il attendra 23 ans pour avoir une descendance. Un roi jeune, qui manque un peu de caractère mais qui apprend son rôle, qui est entièrement habité par sa fonction.

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C’est aussi une enquête sur les meurtres de jeunes hommes, tous proches de la cour. Tués par une morsure de serpent, mais pas seulement… Les rues d’un Paris du 17e siècle, les lavandières qui lavent le linge dans la Seine. Le rapport d’une société envers les enfants qui ne sont pas bien-nés. Les tavernes, les rues sombres, les dédales, les chevaux et les seaux de pisse qui volent par la fenêtre.

Et, enfin, c’est surtout l’histoire de ce complot que le « Parti de l’aversion » a monté afin de détrôner le Roi de France et de le remplacer par son frère. C’est totalement addictif. Même quand on ne connaît rien à l’histoire et qu’à priori, on n’aime pas ça. C’est génial, c’est drôle, c’est empli de suspense. Ces gens de la cour sont totalement indécents et c’est tellement bon de les voir se débattre dans leurs intrigues.

J’ai adoré, tout simplement. Et si vous cherchez un roman pour vous divertir mais qui, sous cet aspect léger, vous apprendra quelques détails de l’histoire. Arrêtez-vous sur L’affaire Chevreuse, il ne pourra que vous séduire, telle la duchesse du même nom.

Auteure : Hélène Clerc-Murgier

Titre : L’Affaire Chevreuse

Editions : Actes Sud

Sortie prévue le 12 février 2020

Nbre de pages: 395 pages

Prix : 23 €

2 commentaires

  1. UNE AUTEURE ? C’est d’un grotesque !

    UN DANSEUR – UNE DANSEURE
    UN FACTEUR – UNE FACTEURE
    UN DÉMARCHEUR – UNE DÉMARCHEURE
    UN PROFESSEUR – UNE PROFESSEURE
    UN ENQUÊTEUR – UNE ENQUÊTEURE
    UN ASPIRATEUR – UNE ASPIRATEURE

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire tellement argumenté, structuré et bienveillant. On sent que la féminisation de la langue française est un combat important pour vous. Cela fait chaud au coeur pour la femme, professeure et auteure que je suis ! Je ne suis malheureusement pas danseuse ni factrice, j’aurais beaucoup aimé m’épanouir comme enquêtrice et je dois vous avouer ne pas être une grande fan de l’aspirateur… J’aurai donc la grandeur d’âme de laisser son utilisation à ses collègues de genre. En vous souhaitant une excellente journée

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