Roch Acoustique ou la porte ouverte sur les souvenirs.

C’est toujours très agréable d’entrouvrir la porte de ses souvenirs d’enfance ou d’adolescence. Écouter un chanteur, un groupe, une musique est une des clefs pour pousser cette porte. La mémoire des sons est ainsi faite qu’elle fait des sauts, dans votre passé, et choisit, selon des critères connus d’elle seule, ceux qui sont visibles au moment où la porte s’ouvre. C’est ça que Roch Voisine vous offre, c’est pour ça que j’ai acheté mes places pour le Théâtre de Namur. Mais c’est un vrai showman que j’ai découvert. Une voix avec du coffre et de la tenue et une gueule à se faire pâmer la plus réfractaire des carmélites ! On se rend très vite compte qu’on est en présence d’un être d’exception, qu’on aime ou pas sa musique, cela est une évidence.

C’est à l’heure prévue que le chanteur a traversé la scène. Dans une tenue très élégante : pantalon et petit gilet de costume noir sur une chemise blanche à plis. Avec sa guitare, il s’est assis sur un tabouret haut et sans même regarder le public, a commencé par la plus connue de ses chansons : Hélène. Comme ça, sans même nous parler. Puis, la dernière note tue, il a relevé la tête et a affirmé : « Ça, c’est fait. On en est débarrassé ! On va pouvoir commencer ! Pour ceux qui ne sont venus que pour ça, vous pouvez rentrer chez vous plus tôt, ça vous aura fait une petite – toute petite – soirée ! « 

Et le chanteur peut surprendre. Par les chansons que la béotienne que je suis ne maîtrisait absolument pas ! Mais aussi par le registre dans lequel il les présente. C’est un vrai plus, délicieux même. On sort des grosses orchestrations, des bandes pré-enregistrées, il y a juste lui et sa guitare… Puis, un peu plus loin, une basse et un piano. Et cette simplicité est rassurante, réconfortante.

Ces sonorités sont même enivrantes par moments. Et puis sa voix qui emporte au loin dans les souvenirs d’une enfance ou d’une adolescence passée. Dans ces temps où il était impossible d’écouter la radio sans entendre le grand Canadien chanter. Dans ces années où les petites filles étaient soit Roch, soit Patriiiiick à la récré (je dois confesser que je faisais partie de la seconde catégorie). Mais il est inscrit comme la bande sonore de ces années. Et c’est bon de s’y plonger durant une heure trente (plus 20 minutes de rappels).

Et puis j’ai découvert un homme de scène, à l’américaine, avec un sourire ravageur et une gueule à tomber. Mais aussi un humour canadien très proche de notre troisième degré à la belge, et c’est très sympa. Pendant quelques instants, quelques heures, on a eu l’impression qu’il est parfaitement ravi d’être là, avec nous. Que le show n’était que pour nous, que les anecdotes (parce que le monsieur est très bavard entre ses chansons) nous sont données en faveur, en confidence presque. Que nous sommes l’oreille à laquelle il se confie. Et c’est bon, c’est doux, c’est rassurant.

Même si lorsqu’on écoute quelques extraits disponibles sur le net, on a la confirmation que tout ça est bien écrit, bien rodé. Rien de grave, Roch joue parfaitement son rôle. Et nous, nous nous laissons bercer par cette illusion de vivre un moment d’exception.

Dans la salle de Théâtre de Namur, c’est sûr qu’il y avait beaucoup de femmes, de fans. Les hommes se comptaient sur les doigts de deux mains. Et les cris se sont un peu calmés par rapport aux années 90. Les femmes sont devenues des mères et quelques rides se sont accrochées sur leurs visages. Roch aussi a pris quelques années. À 57 ans, le monsieur est un homme, plus une idole de midinettes. Et franchement, ça lui va tellement bien.

Moi qui ne suis pas de ses groupies, qui ne connaissait pas son répertoire, qui n’ai pu chanter à pleine voix que la reprise de Cabrel – Petite Marie – qu’il a proposé (oui, je suis épouvantablement inculte en Roch-Voisinemania), j’ai été séduite par l’artiste, par le show, par la puissance de sa voix, par ses blagues, ses anecdotes et par son accent si mimi. 

Alors comme il termine si bien son spectacle par la chanson ‘J’veux pas vieillir », nous aussi on a vieilli. Mais avec une soirée comme celle qu’il nous offre, on fait reculer un peu la marche du temps et ça accroche durablement un sourire à nos visages. Car, à la sortie, ce ne sont que des visages heureux, souriants et des yeux brillants que j’ai croisés. Les images encore fraîches de ces instants, les quadras et quinquas s’en sont retournés retrouver leurs enfants !

Et je promets que s’il revient faire un tour du côté de Namur, je serai à nouveau présente dans la salle. Pour vivre encore un instant hors du temps comme celui-là.

Et puis pour ceux qui voudraient en profiter, il est pour quelques jours encore en Europe. Vous pouvez retrouver les dates de sa tournée sur le lien ci-après : https://rochvoisine.com/tournee/

 

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