Last Train, machine à vapeur, à sueur, à rocker

Des baguettes qui s’entrechoquent trois fois, un son tonitruant qui envahit la pièce. Last Train passe, ne le manquez pas. Restez pas allongés sur les voies, ça ne sert à rien, embarquez. Le rock va vous passer dessus et vous arracher la gueule. Last Train, c’est du grand spectacle. Ils vont allumer le sapin bruxellois, enfiévrer la dernière ligne droite avant 2020, ce sera le 19 décembre au Botanique, arrêtant sa tournée très européenne, en Belgique. Lieu idéal pour faire rayonner la musique.

Pas la temps de lambiner, de se dire qu’on a bien le temps, que l’hiver, on le passerait bien au fond de son lit, voilà la dose de peps que vous n’attendiez plus. Tel un transsibérien lancé à pleine vitesse, Last Train a le don de réchauffer l’atmosphère, d’échauffer les rails et les oreilles avec un son d’emblée percutant.

On ne sait pas s’ils se voyaient déjà en haut de l’affiche mais, avec The Big Picture, le quatuor de rockeurs s’impose un peu plus. La voix est toujours Gallagherienne-alsacienne, mais les quatre garçons énervés sortent des codes, imposent leur loi. Jeunes briscards qu’ils sont. Les morceaux proposés sont amples et se laissent le temps de vivre. Loin du formatage pour passer sur les ondes.

En dix titres seulement, Jean-Noël Scherrer, Julien Peultier, Timothée Gerard et Antoine Baschung répandent leur flagrance tonitruante. Jeunes fils (du rock) en sueurs. C’est du grand spectacle qui traverse les enceintes et ne peut que venir chercher l’oreille et l’esprit. C’est tout ce qu’on aime. Tout ce qui nous manque bien souvent dans les sons conventionnés.

Dans cette balade qui ne laisse guère le temps d’apprécier le paysage (quand on secoue la tête et le reste du corps, endiablé par ces sonorités qui nous imbibent, c’est compliqué) ce qui pourrait être le milieu, le ventre mou de l’album, ne l’est pas du tout: The Idea of someone a tout pour les faire entrer dans une autre dimension

Si le groupe doit encore s’affranchir de ses illustres prédécesseurs, il y a ici de la suite dans les idées, des morceaux hors-formats, hors-radio, qui prennent du temps à se construire, d’amener les couches (Tired since 1994), quelque chose de désespéré et de profondément et totalement engagé. Et engageant. Jusqu’à l’apothéose, 10’27 » pour la plage titulaire de l’album qui finit de nous nourrir. Et là le train, comme dans les westerns, arrive en bout de piste, plonge dans le ravin. Ne reste plus qu’à nous envoler !

Retrouvez le groupe le 19 décembre sur scène dans La Rotonde du Botanique et le 28 février au Reflektor de Liège.

The Big Picture

Last Train

10 titres

57 minutes

Deaf Records

Sorti le 13/09/2019

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