Atypical, entre autisme et manchots

Atypical, une série teenagers, mais pas trop. Il est temps de faire un point après la sortie de la troisième saison de cette production Netflix réalisée par Robia Rashid.

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Atypical, kézako ?

La série met en lumière la vie de Sam, jeune homme autiste, à travers ses questions, son anxiété, sa famille, sa vie affective, ses rapports aux normes sociétales, mais aussi la transition des changements s’opérants dans son parcours.

La première saison se concentre majoritairement sur lui ; ses difficultés à se sociabiliser, à vivre le rejet par sa différence, ses affects, son hypersensibilité à presque tout, son suivi thérapeutique forment une grosse partie de l’histoire. C’est une première bonne approche pour comprendre certains mécanismes, certes romancés, de l’autisme. Voir l’autisme à travers une personne. Essayer de sortir de ce cadre « médical » et prendre en compte l’humain derrière son étiquette. Son vécu, ses ressentis. L’approche psychologique est hyper intéressante pour construire l’essence même du personnage et ensuite comprendre ses relations avec son environnement.

La deuxième saison met beaucoup plus en lumière l’entourage. Chaque identité se dessine. Il n’y a pas de famille normale, c’est un fait, car qu’est-ce que la normalité ? Mais comment une famille parvient-elle à gérer les aléas de la vie lorsque l’un de ses membres a des besoins différents ? On assiste à toutes les remises en question autour du mariage, l’adolescence d’une sœur « normale », la scolarité, les chagrins, mais aussi les angoisses de mettre à mal un environnement déjà fragilisé. Il ressort aussi le côté de l’aide qu’on peut aller chercher par les groupes de soutien, continuer autour des thérapies, faire prendre conscience que l’erreur est humaine.

Les rôles s’étoffent… On découvre Casey, la soeur et son ironie, masque à la bienveillance. Elsa, une mère qui veut tellement bien faire qu’elle finit par perdre pied et fait tout éclater. Mais aussi Doug, le papa gentil, trop maladroit et parfois démissionnaire.

Quant à la dernière saison, on prend un peu des deux saisons précédentes, mais on rajoute toute l’évolution des personnages (même les secondaires comme les amis des enfants), la résilience, l’envie d’avancer, le pardon. Le parcours de l’adaptation d’un jeune autiste au sein d’une université et les choses mises en place pour aider les personnes ayant ce syndrome.

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Alors ? On bingewatche ?

Après avoir bingewatché chaque saison à chaque sortie, je peux affirmer que je ne me lasse pas des aventures de Sam Gardner et de ses proches. En plus de découvrir une autre facette de l’autisme, cette série est un vent de fraîcheur. Il est vrai que c’est très américain et qu’on retrouve le côté adolescent que Netflix peut avoir dans certaines de ses séries, mais quelle belle mise en forme pour traiter d’un sujet sérieux. Et on connait aussi ce côté de faire des choses innovantes de la part du géant.

On ne pourra jamais s’identifier totalement à une personne autiste, comprendre son vécu, mais il y a quelques choses dans cette série qui permet de nous relier aux personnages, et même à celui de Sam. Elle nous donne la possibilité de ressentir de l’empathie, de partager leurs petits bonheurs, leurs peines, leurs joies. Je me suis souvent retrouvée avec une larme à l’œil (voir même de chaudes larmes coulant à flots, arrêtons la pudeur !), pour ensuite rire aux éclats quand Sam, pour la millième fois, fait une parallèle entre les autres et des Manchots. Un fil rouge se tisse durant toute l’histoire, autour de la passion qu’a Sam pour les manchots et le dessin. On en apprend d’ailleurs beaucoup sur ces petits mammifères ; les intarissables explications de Sam en guise de reportage animalier bien étoffé !

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Ce n’est pas seulement une série gentillette. Il y a de l’humour, du sarcasme, mais aussi une réelle prise de position, en traitant le sujet au-delà de la comédie. Car, d’après moi, la série essaye de montrer aussi la dure réalité d’être différent, toujours dans l’optique de dédramatiser et prendre du recul quant aux difficultés que l’on peut rencontrer. J’ai parfois trouvé une bonne morale derrière les bouts d’histoires, une approche différente d’affronter les problèmes. Oserais-je dire qu’elle peut être un petit peu thérapeutique ? Allé, j’ose !

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Et l’autisme dans tout ça ?

Il est important de prendre conscience de la richesse des personnes autistes. Dans cette histoire, on peut voir beaucoup de choses mises en place pour leur accompagnement. N’étant pas une grande connaisseuse des structures aux USA je ne saurai confirmer ou non si ce point-là est totalement réel ou alors idéalisé pour faire prendre conscience de l’importance de structures au sein d’établissements normalisés. Cependant en Belgique et en France, dès que l’autisme est décelé, souvent la solution se trouve dans les institutions, car l’enseignement n’est pas adapté à ces personnes « différentes ». Mais est-ce réellement la meilleure solution ?

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Finalement, on en retire quoi ?

Il y a des petits points négatifs, mais dans la globalité, c’est une série qui vaut la peine d’être vue. C’est un bon moment à passer tout en apprenant des choses sur l’autisme et sa psychologie. On passe par différentes émotions et sentiments et, à mes yeux, c’est un élément clef quand on parle de cinéma et de séries. Quand un spectateur peut se mettre à la place et ressentir des choses, c’est que c’est réussi !

La télécommande est à côté de vous ? Allez, on appuie sur Netflix et entrez dans la bulle de Sam ! Vous avez son accord.

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Atypical

Série réalisée par Robia Rashid

Avec Keir Gilchrist, Jennifer Jason Leigh, Brigette Lundy-Paine

3 saisons disponibles sur Netflix

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