Au fil de l’eau du Lac Canoe où tout naît et s’évapore, Sandrine Revel touche du doigt l’âme de Tom Thomson

Connaissez-vous Tom Thomson ? Non ? Vous n’étiez pas le/la seul(e). Ce peintre ne me disait rien. Il faut dire que je dois bien avouer mon inculture en matière de peinture. Faute de temps. Pourtant, force est de constater que, dans le registre des biopics, ne fût-ce que ces dernières années, la BD a été témoin de spectaculaires biopics sur les apôtres du 3e Art. Sans doute ceux qui ont le plus de potentiels à être évoqués dans la langue de Giraud et Hergé, tant le dessin, la composition par case, évoque l’ADN de la peinture. Preuve magistrale avec Sandrine Revel.

© Sandrine Revel chez Dargaud

Résumé de l’éditeur : Tom Thomson, dont les paysages grandioses de la nature sauvage de l’Ontario ont marqué l’entrée des arts canadiens dans la modernité, est mort jeune dans des circonstances troubles. En enquêtant sur les circonstances de la disparition précoce du peintre, au moment où il parvenait à la reconnaissance, Sandrine Revel esquisse le portrait subtil de cet artiste unique.

© Sandrine Revel chez Dargaud

Après avoir mis en musique le destin contrarié de Glenn Gould il y a quelques années chez Dargaud, Sandrine Revel change de décor, retrouve la nature extasiante mais pouvant être cruelle sans quitter le Canada. Cette fois, c’est Vivaldi qui pourrait mettre ses quatre saisons sur les dessins vibrants de l’auteure, dans un printemps mitigé, qui peine à s’affirmer, mais que Thomson cernait avec tant d’intensité qu’on disait de lui qu’il ferait entrer les arts canadiens dans la modernité.

© Sandrine Revel chez Dargaud

Mais l’automne est bien là, quarante années plus tard, quand une petite équipe se met en tête de retrouver la tombe du jeune prodige. Oui, si on ne connaît pas les raisons de la mort de Thomson, dans cette nature sauvage affolante, enivrante, il est probable que sa sépulture soit, elle aussi, perdue à jamais, pense-t-on à l’époque.

© Sandrine Revel chez Dargaud

Au fil de l’eau du Lac Canoe où tout naît et s’évapore, à fleur d’années et de souvenirs, Sandrine Revel mêle éléments réels, rapports d’enquête et son propre ressenti pour évoquer une oeuvre forte, bruissante, à la forte impression d’inachevé. Avec de grands moments de contemplation.

© Sandrine Revel chez Dargaud

Sur 140 planches d’exploration, de balbutiements, de turpitudes et de moments de grâces, Sandrine Revel fait corps et dessins avec l’oeuvre de Thomson, nous intégrant à son oeuvre, à une exposition décloisonnée riche en surprises et en émotions. Avec cette force incroyable de la peinture mise en récit, par le vecteur BD. La plupart des peintres qu’on admire et qu’on apprend à l’école étaient morts bien avant notre naissance. On les admire, on s’en extasie mais ils ne nous manquent pas. Par contre, Sandrine Revel réussit à nous faire regretter Tom Thomson, sa vision et son talent, toute la puissance de cette auteure est là.

Titre : Tom Thomson

Sous-titre : Esquisses d’un printemps

Récit complet

Scénario,  dessin et couleurs : Sandrine Revel

Genre: Biographie, Drame, Enquête

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 144

Prix: 21€

Date de sortie: le 23/08/2019

Extraits : 

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