Six jours de débarquement de Normandie à Graignes : la libération n’aura pas lieu

Je ne sais pas vous, mais en vacances, et encore plus en été, qu’est-ce que le temps passe vite. Alors, six jours, qu’est-ce que c’est ? Ça peut être les derniers jours du reste de ta vie, de ton enfer. Alors que l’Allemagne, la Belgique, la France ont généré énormément d’oeuvres autour de la seconde guerre mondiale, les Américains n’ont jamais été en reste. Pour la gloire mais aussi, plus rarement, face à l’irréparable. C’est ainsi que Robert Venditti, Kevin Maurer et Andrea Mutti adaptent dans une oeuvre choc, heure par heure, la tragédie du village de Graignes.

© Venditti/Maurer/Mutti/Loughridge chez Urban Comics

Résumé de l’éditeur : 6 juin 1944, Jour-J. Cent quatre-vingt deux parachutistes de l’armée américaine sont largués au-dessus des campagnes françaises, à trente kilomètres de leur objectif initial, loin derrière les lignes ennemies… Plongez dans l’histoire vraie du village de Graignes, en Normandie, où l’horreur de la guerre et le hasard des circonstances ont unis les soldats américains et les villageois français dans l’adversité et la fraternité.

© Venditti/Maurer/Mutti/Loughridge chez Urban Comics

Il y a quelques jours, Namur, la ville belge dont je suis le plus proche, commémorait ses bombardements, loupés et meurtriers par une armée américaine qui avait loupé sa cible, un pont plus loin. L’histoire des guerres est ainsi faite, de réjouissances et de drames dont l’horreur sera surmontée si au moins le sacrifice sert à quelque chose.

© Venditti/Maurer/Mutti/Loughridge chez Urban Comics

Le 6 juin 44, date symbolique autant que fatidique pour une poignée de soldats parachutés dans un pays qu’ils ne connaissaient pas, fut le début de la fin. Celle qu’on célèbre encore aujourd’hui et l’autre qu’on a préféré oublié tant les cicatrices ont bien eu du mal à se refermer.

© Venditti/Maurer/Mutti/Loughridge chez Urban Comics

Ils s’appelaient Tommy, Charlie, Travers, Hamner ou encore Jameson. Des majors, des sergents mais aussi des sans-grades. Le 6 juin, il y a 75 ans, ils ont été largués comme tant d’autres parachutistes au-dessus de la France. Pour renforcer les cohortes de combattants face à un envahisseur ayant pris possession depuis longtemps du territoire. Et de la Normandie. Pourtant, cette poignée d’hommes, 182 tout de même, n’ont pas atterri au bon endroit. Embourbés dans ce que, pour peu, ils auraient pu prendre pour un bayou comme ils en connaissent au pays de l’Oncle Sam. « Un bourbier ». Au milieu duquel il y avait un village, Graide. Où des habitants, martyrisés par une occupation qui n’avait que trop durée, vont les accueillir et les aider. Leur donner le réconfort pour combler l’échec dans lequel avait débuté cette mission Boston. Mais aussi peut-être attirer l’attention des indésirables sur ce petit village dans lequel l’union fait la force mais ne suffira peut-être pas.

© Venditti/Maurer/Mutti/Loughridge chez Urban Comics

Au cinéma, on a tellement l’habitude de ces films de guerre vantant le brave héros américain, quasi-invincible et vainqueur des plus grandes épreuves, que cet album fait du bien. La réalité ne semble pas avoir été travestie pour les mystifier et s’ancre ici dans l’horreur. Le lecteur se place en témoin de l’horreur dans son plus simple et sanglant appareil. Le dessin de Andrea Mutti habillé par les couleurs pacifiques puis guerrières de Lee Loughridge est acharné, enragé, jusqu’au-boutiste.

© Venditti/Maurer/Mutti/Loughridge chez Urban Comics

Par contre, c’est au niveau du scénario que le bât blesse un peu. Là où le choix d’éviter l’héroïsme américain plaît, c’est par manque de sobriété que ce court récit (pas de chapitre, pas d' »issue ») pèche un peu. S’il crée des histoires dans le temps imparti, qu’il met la loupe sur le théâtre de la barbarie humaine et gratuite, il zoome et appuie aussi sur les symboles religieux à outrance. Autour du cou ou dans l’église, dans les paroles et les prières, cet aspect accentué a eu le don de nous agacer. Avec le sentiment que ces soldats ne s’en remettaient finalement qu’à Dieu. Dommage, sans quoi, moins obnubilé, ce récit aurait frappé d’autant plus.

Titre : Six jours

Sous-titre : La tragédie du village de Graignes

Récit complet

Scénario  : Robert Venditti et Kevin Maurer

Dessin : Andrea Mutti

Couleurs : Lee Loughridge

Traduction : Nicole Duclos

Genre: Drame, Guerre, Histoire

Éditeur: Urban Comics

Éditeur VO : DC Vertigo

Nbre de pages: 136

Prix: 15,50€

Date de sortie: le 31/05/2019

Extraits : 

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