Quand le manga se fait thriller, il peut montrer toutes les perversions et les dérives du Dark net: fable moderne ou juste la réalité à peine cachée?

Tout est bon dans le cochon…ou dans l’être humain! Du trafic d’organes en passant par le trafic sexuel, tout est bon pour se faire du fric… dans Ice Pig.

Résumé: La société Farm, au coeur de nombreuses légendes urbaines (vente d’esclaves, trafic d’organes, système de caste), fait sa loi dans la société japonaise. Une lycéenne, pirate informatique surnommé Ice Pig, et Vespa, un jeune homme sans revenu fixe, en ont été victimes. Unis par une relation de maîtresse et serviteur, ils cherchent à se venger et déclarent ensemble la guerre à Farm.

Vespa, un jeune homme ayant fui la compagne, va de petits boulots en petits boulots. Un jour dans un bar, on lui propose de transporter une cargaison un peu spéciale. Se rendant compte qu’une organisation fait du trafic d’être humain, il décide d’intervenir. Mais, coupable de trahison, il est lui même vendu comme esclave. Croyant avoir perdu définitivement sa liberté, Vespa se voit sauver par une jeune et séduisante hackeuse se faisant appeler Ice Pig. Enfin réuni, ce duo maîtresse/esclave entame une lutte sans merci contre Farm.

Yukai Asada en est le scénariste et le dessinateur. D’origine japonaise, il commence à dessiner en 2005 « Mc Law » avec le scénariste Shinchosha. Ensuite il crée « Woodstock », un manga basé sur la musique puis « Tokkô Zero » et enfin « Ice Pig ».

Pour le graphisme, rien a redire. Les traits sont justes et appuient bien les caractères des différents protagonistes. Il y a énormément de personnages différents et les décors sont très variés et très riches. Les trames sont bien utilisées et rendent bien l’ambiance malsaine de certaines scènes. Petit clin d’oeil à « Ça » avec Gripsou/Pennywise.

Pour le scénario, je dirai juste qu’il est troublant de vérité. Il faut le prendre comme une fable moderne qui montre bien l’univers dans lequel on vit… et c’est bien ça le plus choquant. La réalité dépasse la fiction, et c’est dans cela que l’auteur est audacieux. Pas de faux-semblant, pas de compromission. On se rends compte que la vie n’est pas rose, mais qu’il y a bien des zones d’ombres (comme la peau du cochon). Mais encore faut-il parvenir à les éviter! Nous ne naissons pas tous égaux et ce manga nous le rappelle. Il suffit de regarder l’actualité: les trafic d’organes en Amérique du Sud, les jeunes filles vendues à des proxénètes en Asie, ou bien encore le chantage vidéo, conséquence de notre monde ultra-connecté, pour savoir que tout est prétexte à faire de l’argent. Tout est de l’ordre du maître à esclave. Asada a su, comme dans une relation SM, appuyer là où ça fait mal. Il n’a pas eu besoin de trop forcer sur l’hémoglobine car les scènes qu’il nous présente parlent d’elles-même. Et force est de constater que ce genre d’organisation est difficilement gérable et arrêtable par une quelconque autorité ou gouvernement, et qu’à tout moment on peut y être confronté.

On ne sait pas si, réellement, au Japon, à l’heure actuelle, cela se produit mais en tout cas dans le monde oui, et c’est ça qui fait le plus peur. Peur pour nos proches, pour nous-mêmes.

C’est un thriller bien ficelé qui sort un peu de la bande dessinée classique que je lis car criant de vérité. J’ai hâte de lire le reste de le série (il y a 5 tomes au total). Les Editions Delcourt ont réalisé un excellent travail sur la jaquette et l’impression est irréprochable.

Titre: Ice Pig

Tome: 1

Scénario et dessin : Yukai Asada

Traduction: Anne-Sophie Thevenon

Genre: Seinen

Éditeur: Delcourt-Tonkam

Nbre de pages: 188

Prix: 7,99€

Date de sortie: 14 mai 2019

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