Evil fun : Kiss reprend Oops I deadites again et le plus hot des groupes au monde débarque dans Army of Darkness

Crazy crazy nights. Et pourquoi pas crazy holidays ? Faites chauffer les piles à lire imagées, Vestron arrive avec du lourd. Depuis quelques mois, cette structure d’édition s’est dressée pour vous donner du plaisir, rien que du plaisir. En son sein ? Tous vos héros sont là, ou presque. En tout cas, ceux qui ont fait les belles heures du cinéma des années 80 (Predator, Alien, Terminator, Judge Dredd… et bientôt tous les univers dont s’est emparée la limousine du scénario: Brian Wood),  et, parfois, continuent à les faire aujourd’hui. Des personnalités de la culture populaire décidément tout-terrain puisqu’ils s’attaquent au Neuvième Art.  Parfois dans des crossovers qui sembleraient bien inimaginables à première vue mais coulent finalement de source, entre vétérans du pays des idoles cultes.

© Bowers/Sims/Coleman/Brown

C’est ainsi que Ash a rencontré Kiss et ça donne Kiss my Ash, un slogan tout trouvé dans ce match des héros de genres bien différents. Quoique. Alors que le groupe de glam rock a entamé une tournée d’adieu, il puise dans l’eau de vie et d’éternelle jeunesse que peut être la BD. Qui voyage dans le temps, en plus. Nous sommes en 1979, la belle époque de tous les possibles, et Ace, Peter, Gene et Paul, sous leurs costumes et maquillages, n’ont besoin de rien pour faire parler leur aura. Ash, lui, a loupé le coche. Il n’a jamais été dans la petite et hanté cabane dans les bois qui a bouleversé sa vie.

Résumé de l’éditeur : Ash, le héros de la saga Evil Dead fait équipe avec KISS, le groupe le plus ‘HOT’ du monde, pour déchiqueter les cadavéreux dans le moyen-âge hanté d’Army of Darkness ! 1979. KISS s’est volatilisé en plein concert et Ash n’est jamais allé dans la cabane trouver le Necronomicon… mais le destin le rattrape sous la forme d’un sorcier qui l’envoie au moyen-âge, pour un remake d’Evil Dead 3 dont il n’est pas le héros… Pourchassé par les cadavéreux et complètement paumé, il ne pourra compter que sur 4 chevaliers outrageusement maquillés !

© Bowers/Sims/Coleman
© Bowers/Sims/Coleman
© Bowers/Sims/Coleman
© Bowers/Sims/Coleman

« You wanted the best, you got the best ». Tellement bons qu’ils se croyaient intouchables, c’était sans compter Blackwell, un sinistre personnage, masqué de sang, qui entend bien ratiboiser le quatuor et les anéantir. Enfin, pas tout à fait. Dans un match de magie noire et grâce au Necronomicon plus en forme que jamais, Blackwell et ses sbires va expédier, sous les yeux ébahis des fans qui croient à une énième mise en scène, au pire des moyen-âge.

© Bowers/Sims/Coleman/Brown chez Dynamite

Ash, lui, a bien perdu sa main mais à cause d’un banal accident domestique qui ne fait pas de vous un héros. Le destin l’a frôlé et l’a laissé sur le quai. C’est la m****. Comment se pourrait-il qu’une seule personne au monde croie encore qu’il est l’élu ? Où est l’élu, chantait Obsipo, dans une veine bien différente de Kiss (la folle équipe de la fin des années 70: Ace Frehley, Gene Simmons, Paul Stanley et Peter Criss). Et, pourtant, ça se produit, comme dans les Visiteurs, la prédiction peut encore se produire même si Ash(ley) va devoir apprendre sur le tas (et il est gros ce tas d’emmerdes) comment on hache du deadites et des cadavéreux.

© Bowers/Sims/Coleman/Brown chez Dynamite

Alors que les Éditions Reflexions continuent leur série, un autre comicbook qui donne suite directe au troisième film de Sam Raimi, Vestron (qui réappuie le format fondamental que jouent les paperbacks dans nos vies d’amoureux de personnages cultes et feuilletonesques, tellement qu’on ne s’en sépare pas comme ça) refait le film. Sans faire table rase de tout ce qu’on sait sur les héros, qu’ils soient musicaux ou horrifiques et perpétuant l’essence-même de ce qui vivifie les mythes; cette histoire signée Chad Bowers et Chris Sims, dessinée par Ruairi Coleman et mise couleurs Timothy C. Brown joue le jeu des What if ? En rajoutant à la légende de ces cinq garçons dans le vent… putride de l’enfer sur terre et temporel. Ainsi, le lecteur apprendra que le pouvoir de fascination que nourrit Kiss tire sa source de réels pouvoirs magiques.

© Bowers/Sims/Coleman/Brown chez Vestron

En cinq épisodes et quelques pics d’angoisse sanguinolente, avec des combats de langues entre morts et morts-vivants, des retournements de situation, des sosies maléfiques, Kiss vs Army of Darkness mêle tous les ingrédients qui ont fait le sel et le jus des deux univers en collision parfaite. Avec ce qu’il faut de punchlines et de références très plaisantes. Si ce n’est pas la même histoire, ce musical reboot fait lien. Et les traits de Ruairi Coleman font le boulot, intrépide et heroïc fantaisiste même si nous n’aurions pas craché sur un peu plus de décors pour ancrer les personnages dans certaines actions.

© Bowers/Sims/Coleman

Mais, ça, c’est pour chipoter. Parce que les auteurs font de la folie un régal, complètement rock’n’roll et dégénéré. À ne plus savoir où donner de la tête, même désolidarisée de votre corps de mortel. Là où bien d’autres perdent leur âme, Kiss comme Ash n’en ont que faire. Et c’est peut-être ça le plus étonnant.

© Bowers/Sims/Coleman/Brown chez Vestron

La machine en route, le monde franco-belge a beaucoup de retard sur les nombreuses publications américaines mettant ces héros au turbin sans répit. Le rêve qu’on pensait inaccessible devient réalité, Vestron fait partie des téméraires qui le réalisent avec classe. You were made for fuckin lovin it !

© Bowers/Sims/Coleman

Titre : Kiss Army of Darkness

Récit complet

Scénario : Chad Bowers et Chris Sims

Dessin : Ruairi Coleman

Couleurs : Timothy C. Brown

Traduction : Fred Wetta

Genre : Aventure, Épouvante-horreur, Fantastique, Rock

Éditeur VF : Vestron

Éditeur VO : Dynamite Entertainment

Nbre de pages : 128

Prix : 16,95 €

Date de sortie : le 24/05/2019

Extraits : 

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