Thomas Gunzig en inventeur de créatures moches et terriblement gentilles salvatrices d’une Terre magnifique mais atrocement inhumaine

Encore une découverte de la collection Zone J des éditions Mijade… Et encore un choix judicieux. Avec ce roman (que je n’arrive pas à qualifier de jeunesse), une satire de notre société de consommation poussée ici à l’extrême, Thomas Gunzig nous emmène avec lui dans un univers complètement différent, de créatures horribles et puantes ayant honte d’elles-même mais tendres et gentilles. C’est un roman épique et de science-fiction, c’est un roman bienveillant, heureux et léger. Parfait à lire sur la plage, avec les enfants pour en discuter ensuite…avec les plus grands. Car sous des aspects ludiques et divertissants, il pose de vraies questions et un vrai regard critique sur les choix opérés par notre société.

A lire aussi : Le temps des sauvages : Goethals croise Gunzig et le loup est plus que jamais un homme pour le loup.

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« Quelque part dans l’espace, à bord d’un œuf spatial, vivent les Yurks. Ces extraterrestres sont laids, horriblement laids, au point qu’ils ne veulent plus se marier entre eux. Un Yurk du nom de Pieds-qui-puent imagine une solution : les Yurks doivent se réincarner dans de belles formes. c’est alors que le scanner du vaisseau découvre, à des kilomètres de là…

…les jolis dessins de Polo, qui travaille dans une usine de fabrication de crayons de couleur et qui, pour oublier le rude labeur, se réfugie tous les soirs dans les dessins de petits montres, de jolis petits monstres.

Qu’adviendra-t-il de Polo? »

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Pour illustrer cette chronique, cela nous tenait à coeur de vous montrer des visuels de Monster Project : https://themonsterproject.org/

Sur Terre, le complexe industriel de la société Farben Jeux-Jouets-Joie a progressivement pris toute la place, tous les emplois et toute latitude avec les lois… C’est plus simple, depuis quelques années, le gouvernement du pays a été remplacé par un consortium international de patrons de sociétés. Les humains ont pensé que cela apporterait prospérité et paix mais la mondialisation n’a fait place qu’à la misère et au travail des enfants. Polo a onze ans, dont six passés dans les ateliers Farben, à tailler, trier et classer des crayons de couleur 12 heures par jour !

Pendant ce temps-là, Farben se lève heureux au son de la marche militaire… Puis tous les jours, entre le toast et le café du matin, il est envahi par un sentiment maussade, une mauvaise humeur qui remplace tout et qui s’installe jusqu’à la nuit… Mais il n’y a aucune raison, il vit dans un complexe immobilier de luxe et fait partie des grands privilégiés. Quand l’extraterrestre Pieds-qui-puent et Polo s’associent pour trouver une solution aux problèmes qui les préoccupent (une nouvelle apparence pour Pieds-qui-puent et de nouvelles conditions de vie pour Polo) l’avenir de chacun d’eux et de leur peuple s’éclaire.

C’est un vrai roman épique, une quête pour sauver le monde terrestre mais aussi une civilisation extraterrestre… On s’attache fortement aux Yurks, à leur pudeur, à leur recherche du bonheur, des contacts et de l’amour que leur apparence physique empêche depuis tellement d’années.

Une jolie et intelligente fable satirique qui se prête particulièrement à une lecture transgénérationnelle et qui est proprice aux discussions par ces longues soirées d’été…

Et ce qui ajoute au plaisir de la lecture, l’auteur, Thomas Gunzig, est Belge et talentueux. On en est fier !

Auteur : Thomas Gunzig

Titre : De la terrible et magnifique histoire des créatures les plus moches de l’univers

Editions : Mijade  – Zone J

Réédition de février 2019

154 pages

Prix : 6,50€

 

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