Charlie Winston revient à lui et à nous avec un album qui a la pêche, qui est vivant, battant

Hobo des grands chemins, on a failli perdre des radars Charlie Winston. L’Anglais voulait partir, loin, et ne plus revenir. La faute à un album, pourtant sublime, qui n’a pas trouvé son public et un voyage en Afrique qui devait se faire en public. Des pépins de santé touchant l’artiste mais aussi son fils ont eu raison de ce grand projet et Charlie Winston a retrouvé le chemin des studios lançant même sur le premier single de Square One, « All we need is music, catch me if I lose it ». La promesse est là, Charlie Winston sera en concert à La Semo et aux Solidarités, cet été. Avant d’autres dates, notamment au Manège de Mons, au centres culturels d’Ath et de Marche, au Reflektor de Liège, au Tremplin de Dison et à la Ferme du Biéreau à Louvain-la-Neuve, l’hiver prochain en solo. Avant ces réjouissances, chronique (tardive) d’un album qui en a sous le capot.

Avant toutes choses, ce qui frappe quand on déambule et flâne tout au long des onze nouveaux titres que dégoupille l’Anglais (toujours tiré à quatre épingles et surplombé de ce chapeau qu’on reconnaît entre tous), c’est la capacité que le bonhomme a à faire vivre ses chansons uniquement pas sa voix. Ici, la musique est un bonus de luxe, de par l’étendue de ses expressions et émotions vocales, Charlie pourrait se conjuguer a cappella (une idée pour un prochain album ?).

Reste que le natif des Cornouailles, élevé dans le Suffolk et désormais basé dans le Sud de la France est parti en studio avec Danny Keane et Sam Walker, rejoints par intermittence par d’autres pour de jolis choeurs, un peu de saxo (Guillaume Funel sur Photograph) et quelques autres belles idées.

Car des idées, ce n’est pas ça qu’il manque et Charlie Winston semble avoir considéré cet album de renaissance un peu plus comme un laboratoire à expérimenter la musique, organique, sachant être douce ou explosive, dans quelques notes d’électro, les jeux de bouche et la manière de poser les instruments. Avec des évocations d’illustres prédécesseurs : sur The Weekend, on trouve des traces du Pop Corn Orchestra; sur Here I am, on pense vocalement à Peter Gabriel sur les refrains quand Charlie n’adopte pas un ton plus urbain, qui dépote…

Avec des trésors de sincérité aussi, irrésistibles comme Rendez-vous (repris en single avec Camélia Jordana), Photograph et le transcendant Until Tomorrow. Sans oublier le très calme Airport. On voyage. En fait, on peut tout lister! Le mieux est encore que vous vous y plongiez.

La musique de Charlie Winston, conçue comme un voyage intérieur qui agite nos membres de plus en plus, fait diablement écho à cette pochette majoritairement blanche (travail de Charlotte Gamus pour la photo, et Kevin Darton pour l’artwork). On ne peut mieux choisie. Parce qu’on y voit Charlie planté comme un Y, chapeau de travers mais prêt à en découdre. Avec quoi ? Un cadre noir, comme une bulle de confort à explorer, à nourrir, à remplir. De ce qu’il y a de plus proche de soi, sans s’empêcher d’aller hors-cadre non plus, il y a de la place. Un open space pour se retrouver et retrouver le public. C’est réussi. Complètement. Une éclaircie radieuse. Un afflux de sang et de sensation qui relance la machine. De plus belle.

Square One

Charlie Winston

11 titres

45 minutes

AFishant Records

Sorti le 28/09/2019

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