PHOTOS| Bertier en version légère et en aérobie, Odieu clown blanc et maître de la piste, des rires et des larmes

L’ASBL Rock Oasis Events entend amener sur les scènes éveroises des artistes de haut niveau, connus ou moins connus ainsi que des groupes tribute de qualité, ou comme ce soir, des artistes plus underground que l’on peut catégoriser dans le style Pop, Rock, chanson alternative », punk ou même parfois indéfinissable.

Il est des artistes créatifs et inventifs qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie pour souvent ensuite virer accro, et en redemander encore. Certes ces artistes n’attirent pas toujours la grosse foule, mais ils ont leurs aficionados fidèles et inconditionnels dont je suis.

Ce soir, c’est Bertier, emmené par le poète dandy Pierre Dungen, qui fera office de mise en bouche avant Didier Odieu , savoureux plat de résistance.

Le Collectif Bertier, c’est d’abord deux chanteurs, des êtres d’une extrême sensibilité, Lara Herbinia et Pierre Dungen, qui s’entourent de musiciens exceptionnels dont, pour cette formule en trio, le guitariste Quentin Steffen (Studio Suzy-Q) qui a composé certaines des mélodies sur les textes poétiques de Pierre Dungen.

Bertier est né en 2014 et a eu parmi ses musiciens et compositeurs des pointures connues internationalement comme Yan Péchin et Jean-François Assy. Mais pour cette prestation, c’est une version light qui nous est proposée et qui se produit ce soir devant un écran sur lequel défile un visuel créé par Lara, photographe de très grand talent.

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Au programme, une revisite des titres phares de leurs deux albums : Dandy sorti en 2015 et Anna & Roby sorti en 2017. Le public n’est pas nombreux mais attentif et enthousiaste, et c’est sous des applaudissements nourris que s’achève cette première partie de soirée.

Après un entracte d’une vingtaine de minutes, les spectateurs rejoignent à nouveau la salle qui baigne dans le noir absolu troublé à peine par les lueurs deux lampes de chevet à gauche et à droite de l’immense piano Yamaha qui trône au milieu de la scène.

Silence dans la salle…Rien ne se passe. Après quelques minutes le public montre des signes d’inquiétude et se pose des questions sur la suite du programme sachant qu’Odieu est un personnage atypique et qu’ avec lui il faut s’attendre à tout. Soudain, dans la pénombre de la salle s’élèvent les premiers accords de piano qui confirment que notre homme est bien en place.

Le premier titre s’achève, et voilà qu’apparait dans la lumière un Dider Odieu blafard sous son maquillage tout en blancheur, les yeux cernés, habillé d’une queue-de-pie et arborant le sourire éclatant d’une personne heureuse d’être là.

La soirée sera bonne, Odieu est en forme, et le piano a l’air solide.

Odieu est un poète, contestataire, anti-système, dénonciateur des abus de pouvoir en tous genres et profondément humain. Il est le clown triste sous sa couche de make-up, le clown blanc maître de la piste qui fait des pirouettes autour de son instrument à chaque fin de morceau, suscitant l’hilarité ou les larmes d’un public attentif à ses frasques et aux claquements de couvercle de son piano.

Ses mimiques insensées et sa bouille inimitable font de lui le plus adorable des conteurs, mais en restant toujours punk dans l’âme.

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Au terme d’un concert formidable d’une heure trois quart, il reviendra pour un rappel après avoir tombé la veste, et c’est en bras de chemises qu’il nous offrira encore le plaisir de deux titres avant de rejoindre les coulisses laissant son public l’ovationner longuement, mais sans retour.
Une fois de plus l’homme a été hautement fidèle a sa réputation et a tout donné.

C’était du très grand Odieu ce soir. Bravo et merci !

Texte et Photos Pierrot Destrebecq (photographe)

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