Emporté au loin par La Vague polynésienne d’Ingrid Astier : parenthèse tahitienne dans une vie où l’on ne cesse de courir

Un roman en nuances de clair-obscur. Un roman qui se lit comme une parenthèse tahitienne dans une vie où l’on ne cesse de courir. Un morceau d’existence, avec des petits et des grands bonheurs, avec l’odeur de l’huile de monoï et d’une fleur d’ Ylang-ylang dans les cheveux. Un roman aux deux visages. Celui de l’île paradisiaque, de la vie des surfeurs en quête de la vague parfaite comme la couverture couleur entourant en première peau le récit…Puis un roman qui peu à peu prend la couleur et la saveur du roman noir…avec cette couverture en noir et blanc qui se laisse découvrir sous cette première enveloppe. Une vraie réussite que la Vague d’Ingrid Astier.

« Sur la presqu’île de Tahiti, la fin de la route est le début de tous les possibles. Chacun vient y chercher l’aventure. Pour les plus téméraires, elle porte le nom de Teahupo’o, la plus belle vague du monde. La plus dangereuse aussi.

Hiro est le surfeur légendaire de La Vague.

Après sept ans d’absence, sa sœur Moea retrouve leur vallée luxuriante.

Et Birdy, un ancien champion de surf brisé par le récif.

Arrive Taj, un Hawaïen sous ice, qui pense que tout lui appartient.

Mais on ne touche pas impunément au paradis.

Bienvenue en enfer.

Ici c’est Teahupo’o, le mur des crânes. »

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Première partie : l’Aurore.

Hiro s’occupe de son neveu resté sur l’île après le départ de sa mère. Il surfe, jardine, respire les senteurs de sa terre et fume un peu de paka, l’herbe locale.

Ici, on est attaché à son île. Ici, on enterre le placenta des bébés qui viennent de naître pour que les adultes qu’ils deviendront puissent prendre racines. Ici, les minutes ralentissent… On n’est pas pressé. On a le sens des priorités. C’est dans le paradis que nous emmène l’auteur. Un paradis aux couleurs de carte postale, un paradis où le sel de la mer décolore les cheveux des surfeurs, un paradis où la seule préoccupation de Hiro est de connaître la météo afin de prévoir la force de La Vague.

Mais l’aurore arrive tous les jours à son terme. Et une fois la journée déroulée, les bonheurs vécus, les rires partagés…Arrive le crépuscule…

Et avec lui toutes les ombres humaines. Et avec lui, tous les secrets cachés qui en profitent pour prendre le large…Et avec lui, la rage et la vengeance.

Et avec une petite musique de ukulélé en fond sonore, ça a le goût du paradis. Je ne peux que vous conseiller Wallis et Futuna Première qui m’a accompagné tout au long de cette lecture. Un pur bonheur.

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Avec Ingrid Astier, la collection Equinox-Les Arènes ont fait le bon choix. Écrivaine au tempérament insulaire (île d’Yeu, Irlande, Polynésie), Ingrid Astier est normalienne et agrégée de lettres. Elle a choisi le roman noir, qui lui permet de se pencher sans réserve sur l’être humain. Elle aime bâtir des mondes en immersion. La Vague est son cinquième roman. En 2010, Ingrid Astier a reçu le Grand Prix Paul-Féval de la société des gens de lettre pour Quai des enfers. Elle a réussi le pari de m’inciter à en découvrir plus sur son oeuvre.

C’est un roman heureux qui tourne au roman noir. Un peu comme la vie parfois… Surprenant, passionnant, intéressant. Je l’ai dévoré.

Auteure : Ingrid Astier

Titre  : La Vague

Editions : Equinox – Les Arènes

Sorti en février 2019

Nbre de pages : 398 pages

Prix : 20€

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