La gazette du BIFFF #2 : comédie noire, zombie, secousses sismiques, nazis, dinosaures et pseudo chasseurs de fantôme, l’univers du BIFFF prend forme en cette deuxième journée de festival

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le cœur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la gazette du BIFFF. Tout, vous saurez tout sur le 37e festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Cette fois c’est parti, le BIFFF est sur les rails, le public est au rendez-vous et le village grouille de cinéphiles impatients de découvrir la programmation du jour. En ce mercredi 10 avril, mon choix s’est porté sur le Ciné 2 pour démarrer la journée, puis sur les films à l’affiche du Ciné 1 pour la fin d’après-midi. Cinq films au programme, c’est parti pour le marathon du jour !

On commence au Ciné 2 avec CRIME WAVE de Gracia Querejeta.

Synopsis : Comme toutes les mères, Leyre a des soucis avec Asier, son fiston d’ado. Bon, certes, le divorce avec son père n’a pas aidé, et c’est vrai qu’on fait toujours des conneries à cet âge. Mais là, Asier s’est surpassé en stoppant net une conversation houleuse avec son père à coup de 22 long rifle à bout portant… Bien décidée à éviter la prison à son roudoudou d’amour, Leyre planque le corps de son ex-époux dans sa bagnole et file se fabriquer un alibi dans un bar. Le crime serait parfait si la seconde épouse du cadavre encore chaud ne venait pas fouiner son nez refait pour retrouver le portable de son mari. Paraîtrait qu’il y a des preuves de corruption accablantes pour la moitié de la ville là-dedans. Et puis, c’est sans compter Julen, le meilleur ami d’Asier, qui mangerait bien du cougar à la Leyre et qui – naïvement – décide d’aller cacher le cadavre ailleurs. Pour l’aider, qu’il lui dit. Manquerait plus que sa mère sénile débarque à la maison et que les flics tombent sur une voiture qui refoule une vilaine odeur de taureau éventré, tiens…

Et bien en voilà une bonne surprise ! Ce film que nous envoie l’Espagne constitue une comédie noire durant laquelle on ne s’ennuie pas un instant et qui mêle avec bonheur humour, action, cynisme et rebondissements au prix d’un scénario bien torché. Les personnages joués par les comédiens Juana AcostaMaribel VerdúPaula Echevarría et Luis Tosar sont parfaits, et la trame regorge de trouvailles étonnantes et de scènes cultes comme cette confrontation entre l’héroïne et le curé à qui elle raconte son histoire dans un confessionnal au prix de détails croustillants à faire frémir les saintes icônes qui ornent les murs du lieu.

Bref, le genre de film qu’on va voir sans vraiment en attendre quelque chose, et qui au final vous fait votre journée !

Note : 14,5/20

Année 2018
Réalisateur Gracia Querejeta
Cast Juana Acosta,
Luis Tosar,
Maribel Verdú,
Paula Echevarría
Distributeur Film Factory
Genre black comedy, crime
Audience ENA
Running time 95′
Pays Espagne
Audio O.V. Espagnol
Sous-Titres Anglais, Français, Néerlandais
Première Première Belge

A 16h30 toujours au Ciné 2, les spectateurs se pressent pour THE DEAD CENTER de Billy Senese.

Synopsis : Le cadavre d’un homme inconnu vient d’atterrir sur le billard de la morgue. On est en pleine nuit, et le médecin légiste Edwards n’est pas vraiment d’humeur à vérifier le dernier repas du macchabée avec son scalpel tout de suite. Autant garder ça pour le matin suivant : de toute façon, cette bidoche inerte n’ira pas bien loin. Mais quelques heures plus tard, le sac mortuaire se met à tortiller comme un ver de terre… Le lendemain, un amnésique catatonique a pris ses quartiers dans la chambre d’un hôpital psychiatrique. Pâlot, le bonhomme. Une bonne gueule de mort-vivant, même. Intrigué par cette arrivée inexplicable, le docteur Daniel Forrester décide de s’occuper personnellement de ce nouveau patient. Mais ce challenge purement professionnel va très vite tourner à l’obsession monomaniaque, surtout quand l’ex-suicidé se mettra à causer et suppliera le doc de le re-tuer. Encore. Et encore…

On nous annonce que ce long métrage nous fera certainement penser à The Autopsy of Jane Doe ou encore The Corpse of Anna Fritz qui sont deux excellents films dans le genre. On en salive donc à l’avance. Hélàs le visionnage de ce film s’apparente plus à un calvaire pour le spectateur qu’à la vision d’une pseudo pépite tant il n’y a pas grand chose à en sauver. Scénario quasi inexistant, comédiens peu attachants, photographie volontairement jaunâtre et trucages vus et revus, on s’ennuie ferme de bout en bout et j’ai dû réellement me forcer à ne pas quitter la salle avant la fin, conscience professionnelle oblige.

Et vu les réactions négatives et de déception de la plupart des spectateurs que j’ai pu récolter au sortir de la salle, je n’étais pas le seul à me dire que ce petit film from USA ne s’adresse réellement qu’aux inconditionnels du genre ou aux insomniaques. Un pétard mouillé !

Note : 9/20

Année 2018
Réalisateur Billy Senese
Cast Bill Feehely,
Jeremy Childs,
Poorna Jagannathan,
Shane Carruth
Distributeur LC Pictures
Genre film noir, horreur
Audience ENA
Running time 93′
Pays USA
Audio O.V. Anglais
Sous-Titres Français, Néerlandais
Première Première Belge

Direction le Ciné 1 où à 18h30 sera projeté THE QUAKE de John Andreas Andersen.

Synopsis : Trois ans après avoir survécu au tsunami mortel de Geiranger qui a englouti 248 locaux et touristes, Kristian a eu la très bonne idée de déménager au-dessus du niveau de la mer. Sa famille, par contre, est partie s’installer à Oslo, ne supportant plus de voir ce géologue autrefois héroïque sucrer les fraises avec son stress post-traumatique. Et puis, la capitale norvégienne, c’est quand même vachement plus sûr, de toute façon. C’est plus ou moins plat, et il y a 343 lacs pour pêcher la truite pépère ou se faire un pique-nique avec une tranche de grovbrød et du gravlax. Le seul danger (mais vraiment si on chipote), c’est cette faille sismique qui ronflote sous Oslo, sauf qu’elle n’a plus dansé la Lambada depuis 1904. Et, franchement, tout le monde s’en fout… À part Kristian, qui tombe sur des relevés sismiques d’un collègue décédé, et les résultats sont plus qu’inquiétants : non seulement, la ville peut se disloquer à n’importe quel moment mais, en plus, les enfants de Kristian l’attendent désormais au sommet d’un gratte-ciel pour manger un bout. Paraît que la vue est à couper le souffle…

L’année dernière John Andreas Andersen nous avait scotché avec The Wave formidable film catastrophe dans lequel le réalisateur nous faisait découvrir tout son talent pour tenir le spectateur en haleine et lui proposer des scènes d’effets spéciaux de grande qualité. Ce fut pour moi une excellente surprise et j’attendais donc qu’il confirme avec The Quake.

Alors verdict ?

The Quake garde la recette gagnante de The Wave en reprenant les personnages auxquels on s’était attaché dans le film précédent et nous offre quelques belles scènes catastrophes qui resteront dans les mémoires. Néanmoins au niveau du rythme, le film accuse quelques faiblesses. La première partie du film où nous retrouvons les personnages trois ans plus tard, se montre bien trop longue, et certaines ficelles scènaristiques nous laissent sur notre faim, comme cette scène ou le père sauve ça fille d’une horrible chute du haut d’un gratte ciel au prix d’efforts physiques quasi surhumains et se retrouve le plan d’après sorti lui même du mauvais pas dans lequel nous l’avions laissé quelques secondes plus tôt. Et ça sans aucune explication plausible… De plus, la fin du film semble un peu bâclée, au vu de certaines autres grandes scènes précédentes comme celle de l’ascenseur.

En conclusion, The Quake reste un bon divertissement qui confirme le savoir faire d’un certain cinéma norvégien en matière de films grands spectacles, mais déçoit aussi quelque peu, ce deuxième effort étant moins convainquant que le premier.

Note : 13,5/20

Année 2018
Réalisateur John Andreas Andersen
Cast Ane Dahl Torp,
Edith Haagenrud-Sande,
Jonas Hoff Oftebro,
Kathrine Thorborg Johansen,
Kristoffer Joner
Distributeur Kinepolis Film Distribution, Norwegian Film Institute
Genre disaster
Audience ENA
Running time 106′
Pays Norvège
Audio O.V. Norvégien
Sous-Titres Anglais, Français, Néerlandais
Première Première Belge

Un des films les plus attendus de ce BIFFF 2019 c’est sans conteste IRON SKY 2 (THE COMING RACE)  de Timo Vuorensola et c’est la grosse foule qui se presse au Ciné 1 qui  ce soir affiche sold out.

Synopsis : Vingt ans après les événements d’Iron Sky, la terre s’est payé une guerre nucléaire maousse et assez définitive…Depuis, l’ancienne base lunaire nazie est devenue le dernier refuge de l’humanité et, au fil des décennies, des colonies se sont formées avec leurs propres idéaux fascistes et leurs religions 2.0, parmi lesquelles on trouve les Jobistes, un culte basé sur les préceptes de Steve Jobs… Mais la base lunaire se détériore méchamment et le temps est désormais compté. Une rumeur se met alors à circuler sur d’éventuels survivants habitant une cité souterraine au centre de la terre, et une bande d’explorateurs est vite envoyée sur place avec l’espoir secret d’y trouver une seconde résidence. Mais tout ce qu’ils vont trouver, c’est un monde peuplé de dinosaures très gourmands et dirigé par les Vril, une race de reptiliens à la solde d’un certain Adolf H…

Iron Sky  fut un gros coup de coeur pour la plupart des festivaliers du BIFFF et des amateurs de films déjantés de Sci-Fi, et sa suite s’est fait attendre longuement. Timo Vuorensola était donc attendu au tournant pour ce deuxième long métrage qui disons le tout de suite tient toutes ses promesses. 

Tourné dans les studios AED d’Anvers cet opus qui s’apparente à l’esprit d’une bd fantastique portée à l’écran, se vit à cent à l’heure et l’action y est omniprésente agrémentée d’un humour jubilatoire. Au casting, on retrouve Udo Kier qui campe un Adolf H complètement allumé , Lara Rossi en héroïne quasi invincible, ainsi que dans les rôles des vaillants combattants Vladimir Burlakov et Tom Green.

Rajoutez à ça des dinosaures très méchants, des vaisseaux spatiaux bricolés à l’arrache, des héros bras cassés mais courageux et une musique du groupe slovène Laibach toujours aussi percutante, et vous avez un des films incontournable de cette édition 2019. Et la bonne nouvelle c’est qu’un troisième volet est en projet. Irrésistible !

Note : 15,5/20 

Année 2019
Réalisateur Timo Vuorensola
Cast Julia Dietze,
Kit Dale,
Lara Rossi,
Stephanie Paul,
Tom Green,
Udo Kier,
Vladimir Burlakov
Distributeur Metropolitan Filmexport
Genre black comedy, science-fiction
Audience ENA
Running time 92′
Pays Allemagne, Belgique, Finlande
Audio O.V. Anglais
Sous-Titres Français, Néerlandais
Première Première Belge

Ma journée marathon se termine avec DEADTECTIVES  de Tony West toujours au Ciné 1

Synopsis : Vous entendez des voix chez vous ? Vous avez des livres qui volent tout seuls dans le salon, des portes qui claquent alors qu’il n’y a pas un pet de vent, ou des messages d’amour spontanés sur votre vitre embuée du genre « tu vas crever ce soir » ? N’ayez crainte : Sam et sa bande d’enquêteurs paranormaux sont là pour faire la nique aux esprits revêches, avec leur matériel dernier cri et leurs caméras pour alimenter leur show de télé-réalité. Le problème, c’est que tout est faux, qu’ils ont autant de spiritualité qu’un troupeau de chèvres et que leur audience ne suit pas… Dans un ultime effort pour finir la saison, leur producteur décide alors de les envoyer dans la maison la plus hantée du Mexique. Sam et ses bras cassés décident alors de mettre le paquet sur les effets spéciaux, mais ils vont très vite se rendre compte que le concept de la fameuse maison, c’est un package all-in dans l’enfer des fantômes meurtriers… 

Sorte de Ghostbusters du pauvre, ce film souffle le chaud et le froid avec cette histoire de chasseurs de fantôme bidons qui se trouvent confrontés à de vrais phénomènes paranormaux et à des esprits bien réels. Le scénario n’a rien d’original, et notre plaisir est proportionnel au peu d’originalité de la trame. On trouve malgré tout de ci de là quelques bons moments amusants dans le film comme celui où un des membres de l’équipe devenu lui même fantôme se couvre d’un drap blanc pour faire comprendre aux vrais fantômes qu’il est bien un des leurs.

Bref, une péloche à mater avec des potes pour terminer une soirée bien arrosée, mais qui ne marquera pas cette édition 2019 par son originalité même si l’effort bien sympathique est louable.

Note : 11,5/20

Année 2018
Réalisateur Tony West
Cast Chris Geere,
David Newman,
José María de Tavira,
Martha Higareda,
Tina Ivlev
Distributeur Odin’s Eye Entertainment
Genre black comedy, ghost movie
Audience ENA
Running time 92′
Pays USA
Audio O.V. Anglais
Sous-Titres Anglais, Français, Néerlandais
Première BIFFF Premiere

Voilà ceci termine cette deuxième gazette, à bientôt les biffeurs et les biffeuses pour une prochaine gazette du BIFFF sur Branchés Culture. Stay tuned !

Jean-Pierre Vanderlinden

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