Chicos Y Mendez, le nouveau joyau de la scène latin alternative a enflammé l’AB Club !

S’il est un nom qui est sur toutes les lèvres, aujourd’hui, dans les milieux branchés de la musique et de la scène latin-alternative, c’est bien celui de Chicos Y Mendez. La formation tire sa quintessence de l’identité métissée de son leader belgo-péruvien, David Méndez Yépez. Le groupe se produisait il y a quelques jours sur les planches de l’AB Club pour la release party bruxelloise de son premier album « Esencias », un concert sold out, pendant lequel le groupe a littéralement mis le feu, nonante minutes durant, devant un public conquis.

C’est à 12 ans, une guitare à la main que David Méndez Yépez commence à chanter son pays d’origine, le Pérou, et sa Belgique natale. Balancé des deux côtés de la frontière linguistique, il s’inspire de ses nombreux voyages réalisés au cours de ses études pour livrer une musique multiculturelle bercée par la cumbia péruvienne et par le flow du reggae avec une touche de musiques urbaines. En réalité, il explore un large spectre musical.

Vient ensuite la rencontre avec l’auteur-compositeur Thibault Quinet (Tito), qui se transformera en une amitié musicale propice à la composition. Si David puise dans son héritage latin,  Tito s’inspire davantage de ses influences éclectiques que sont le jazz, la soul et la musique urbaine. Ensemble, ils créent un style « Latin alternative » ouvert sur le monde. Leurs chansons parlent des peines et des doutes de la vie et ne tardent pas à toucher un public qui se retrouve dans cette musique positive et entrainante teintée aussi de rock et de pop.

Mais venons en au concert…

Ce soir pas de première partie, juste un DJ sensé nous mettre dans l’ambiance jusqu’ à 20h30, heure à laquelle Chicos Y Mendez déboule sur scène accueilli chaleureusement par un public venu pour danser et faire la fête. Car c’est bien de ça qu’il s’agit lors d’un concert du groupe, d’une fiesta totale qui s’étend de la scène au public.

Dès les premiers accords de « Llévate »  les corps se meuvent, les hanches chaloupent et les sourires naissent sur les visages. Comme si cette musique fraîche mais néanmoins enlevée servait de baume musical aux âmes humaines endolories par la rudesse d’une époque dont les dérives sont légions.

Le groupe enchaîne avec  trois titres tirés d’Esencias : le remuant « Respira », « Porque » et « Proliferamos » qui nous permet d’apprécier le jeu de guitare incisif et plus rock de Tito.

Dans les premiers rangs les fans sont aux anges et ça danse comme une seul homme,  si l’on peut dire, car le public féminin est présent en nombre. Au plus on l’observe sur scène, au plus on se dit que David a un petit air de Manu Chao époque La Mano Negra, et mon petit doigt me dit que le premier a dû en son temps tendre l’oreille sur la carrière du deuxième, ce qui en soi est un compliment.

« Reggaetón Feminista », le single imparable et anti-machiste de l’album fait encore monter l’ambiance d’un cran et précède « El Tiempo », « Incompleto », « Dilo mas » et « Parte de mi ». La trompette de Sam Versweyveld fait des merveilles, tandis que la section rythmique composée de François Cappelle à la basse et Nicolas Scaillet à la batterie assure brillamment le beat.

Le ton se radoucit un peu avec l’arrivée sur scène de la chanteuse Farah El Hour pour un magnifique duo émotion avec David sur « Ils dansent » .

Puis ça repart sur les chapeaux de roue avec un des meilleurs titres de Esencias, l’excellent et remuant « Mi Ciudad »  suivi par « De pie »  puis par « Nostagia Mia », le titre qui clôture l’album et qui nous est livré « live » dans une version énergique et bluffante idéale pour la scène.

Les musiciens quittent les planches, mais la foule les rappelle et c’est parti pour un « Multibelgical » irrésistible dont le refrain est repris en choeur par une salle qui danse maintenant du premier au dernier rang.

« Sentido » terminera le set avant que Chicos Y Mendez ne gratifie son public d’un « Reggaetón Feminista » bis pour la route. Lorsque les lumières se rallument, beaucoup de spectateurs sont en nage, mais tous ont le sourire.

Un concert de Chicos Y Mendez se savoure comme un grand plat de chef étoilé dont on déguste chaque bouchée avec gourmandise, et qui n’aurait qu’un seul défaut : un léger goût de trop peu !

Bravo !

Jean-Pierre Vanderlinden

En bonus le concert intégral de l’AB :

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