Petite Mini Cooper cherche son chemin entre deux eaux. Sauf coup de théâtre, après l’heure du thé de ce mois de mars, le Royaume Uni reprendra son indépendance et sortira des eaux européennes. Depuis quelques mois, le Brexit est devenu un marronnier des médias traditionnels et généralistes. Et dans le rush, il est parfois difficile de trouver la bonne profondeur pour vulgariser et rendre intelligible un phénomène économique, politique et social aux nombreuses répercussions. Entre la marmelade et les After Eights.

C’est pourquoi Spirou et son armée pacifique de héros et d’auteurs de bd amènent sa science (sur les bonnes bases jetées par feu le magazine Groom mais aussi une ADN présente depuis longtemps déjà) dans un numéro spécial « Brexit or not Brexit » en librairie dès ce mercredi 6 mars. Un groom bien intentionné depuis 80 ans vous sauve la mise. God bless you.

Au fil de 52 pages, des artistes affûtés étudient la question sous divers aspects (les pour et les contre), se prolongeant et se recoupant les uns les autres sans se marcher sur les pieds. Tous se sont débrouillés pour que le sujet soit leur cup of tea. Avec humour (que vont devenir nos albums de musique made in England, légion dans nos étagères) mais aussi inquiétude (le spectre de la guerre d’Irlande qui n’a jamais été aussi proche, la montée du racisme).

Dans des styles graphiques et informatifs tous azimuts, Terreur Graphique, Lewis Trondheim Fabrice Erre, Fabcaro, Bouzard, Philippe Bercovici, Frédéric Neidhardt, Christophe Bertschy, etc. trouvent les mots et les dessins pour faire sourire et réfléchir. Puis Dupuis a aussi eu, sur une page, la bonne idée de convier cinq artistes anglais pour s’exprimer (James Gifford, Quinton Winter, Hunt Emerson, Chris Garbutt et Felt Mistress) et d’interviewer Charlie Adlard, dessinateur des redoutables Walking Dead.

Un beau tour d’horizon sans grande littérature mais dans le vif d’un sujet qu’on comprend sans forcément s’y attendre (le principe de Spirou étant avant tout de divertir) un peu mieux. On ne voudrait pas être sous le chapeau d’ Elizabeth! Ça doit chauffer.

En librairie dès ce mercredi 6 mars, 52 pages, 2,50€
