Quand American Sniper rencontre Men in Black, ça ne peut produire qu’une rencontre du troisième type : Motor Girl

Délire post-traumatique. Ayant vu le film de Clint Eastwood, sur le retour d’un GI traumatisé par son combat avec l’ennemi ou avec lui-même; à la lecture de Motor Girl, je m’attendais à tout sauf à ça. Entre la vie quotidienne et la vie irréelle déjantée de notre protagoniste militaire, on s’y perd un peu.

© Terry Moore chez Delcourt

Résumé: Samantha est une femme compliquée. Après trois séjours  au front, elle revient brisée aux Etats-Unis, souffrant d’un syndrome post-traumatique. Elle choisit de vivre retirée du monde et gère un garage – ou plutôt une casse auto – en plein désert. Fuyant la compagnie, elle ne se confie à personne sauf à son ami imaginaire, un gorille de 2,20m de haut. Ensemble, ils font face au crash inopiné d’une soucoupe volante près de sa casse… On vous l’avait dit, Samantha est du genre compliqué.

© Terry Moore chez Delcourt

Cet album, on le doit à Terry Moore. Il fut à l’origine du label Homage avec Jim Lee, Kurt Busiek et James Robison puis à la création de son propre label « Abstract Studio » sous lequel il publie Motor Girl. Il a créé Strangers in Paradise, une série de comics qui lui a valu plusieurs prix.

© Terry Moore chez Delcourt

L’histoire commence avec Samantha et de son compagnon simiesque dans une casse au beau milieu du désert. On se rend vite compte que sa réalité est troublée. Très vite son univers devient totalement « strange ». Des petits hommes verts ne s’exprimant que par onomatopées débarquent. Une Agence Gouvernementale veut acquérir son cimetière de voitures. Les militaires sont  dépourvus d’intelligence et défouraillent à tout-va.

Bref c’est un chaos, sans nom. C’est alors que l’auteur distille par à-coups le passé et le présent de notre GI Jane décorée. Ces éclairs de lucidité, nous montre la souffrance physique et mentale de notre héroïne.

© Terry Moore chez Delcourt

La pudeur de l’auteur pour nous parler des troubles psychiques subis par les militaires lors de conflits est assez bouleversante. Les sévices perpétrés sur Samantha sont seulement sous-entendus et ne noircissent pas le comics qui se veut avant tout léger.

© Terry Moore chez Delcourt

Mais j’avoue que l’imbroglio émanant de ces élucubrations m’a un peu perdu. Il y a beaucoup trop d’intervenants et d’éléments qui parasitent la trame de la narration. Les délires causés par l’opération ou par son problème cérébral auraient pu être simplifiés pour une meilleure compréhension du thème abordé. Par contre, l’empathie dégagée par l’entourage de Samantha est vraiment touchante. Les personnages sont très attachants; tout le monde souhaiterait avoir une grande peluche pour se protéger et une mamy comme Libby. Le dessin est assez inégal tout au long de l’album – des couvertures appliquées aux planches trop jetées, il y a un monde – mais ne gâche pas son efficacité.

En vérité, cet album ne vous laissera pas indifférent. Comme Samantha, vous ne sortirez pas totalement indemne de cette lecture.

Titre : Motor Girl

Récit complet

Scénario et dessin  : Terry Moore

Noir et blanc

Traduction : Anne Delcourt

Genre: Comics, Drame psychologique, Guerre,

Éditeur: Delcourt

Collection : Contrebande

Nbre de pages: 250

Prix: 19,99€

Date de sortie: le 22/08/2018

Extraits : 

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