Un cercle des poètes disparus dans le sud-ouest, un serial-killer qui met de l’alcool sur nos blessures: Bernard Minier laisse au lecteur prendre le temps de son intrigue

Première découverte de l’année. Le Cercle de Bernard Minier est un thriller dans le style que j’affectionne le plus. Il est à la fois enquête policière (ombre tranchante d’un tueur en série intelligent et sadique, fausses pistes, rebondissements, personnages de caractère et attachants) et il mêle subtilement l’intrigue de l’enquête à l’histoire personnelle de l’enquêteur. Il fait la part belle aux femmes de tempérament et ça, j’adore ! C’est mon premier Bernard Minier (que j’avais évité jusque-là à cause d’une analogie de sonorité débile avec Bernard Minet, chanteur de séries manga du club Dorothée de mon enfance….Et que je ne prenais donc pas au sérieux… Oui, je sais c’est idiot mais c’est comme ça !). C’est mon premier Bernard Minier donc et il y en aura d’autres, c’est certain.

« Un coup de fil surgi du passé, un e-mail énigmatique, qui signe peut-être le retour du plus retors des serials-killers, précipitent le commandant Martin Servaz dans une enquête dangereuse, la plus personnelle de sa vie.

Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux…Pourquoi la mort s’acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d’étudiants réunissant l’élite de la région? Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d’anciennes et terribles blessures et faire l’apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens. »

C’est dans les jours chauds chauds et lourds d’un mois de juin que Minier plante son décors. Le Sud y est écrasant et intellectuel. Car il nous entraîne dans la ville fictive de Marsac, y installant un collège anglais, un « Cercle des poètes disparus » du sud-ouest, avec ses étudiants férus de littératures, ses professeurs inspirants à l’ego démesuré et cette société qui vit en vase clos, comme toute ville universitaire.

Très vite, le commandant Servaz s’impose à nous. Il a des failles, des forces, des coups de gueule. C’est un vrai flic de roman, un flic qui dédie sa vie aux enquêtes et qui en a déjà payé le lourd tribu. C’est aussi « Le Flic » qui a mis sous les verrous un tueur en série hors-norme et dont tous les journaux ont parlé il y a deux ans. Mais ce tueur s’est échappé de l’hôpital où il était enfermé, les témoignages proviennent partout. On croît l’avoir vu dans tous les coins de France…mais surtout dans le Sud-Ouest.

Quand Servaz découvre un CD de Mahler dans la chaîne hifi  d’une prof de Marsac assassinée, il se lance à corps perdu dans l’enquête. Le tueur ne peut être que celui qu’il connait déjà, ce CD est sa signature. Mais comme toujours, les apparences peuvent (parfois) être trompeuses.

Un rythme soutenu mais qui laisse la place aux respirations. Et j’ai apprécié. Je lis souvent les thrillers (les bons) en quelques heures seulement. Comme une assiduité qui se crée rapidement, une dépendance à parcourir l’histoire, une servitude à lire au plus vite. Et j’aime, j’adore mais c’est très éphémère. Je ne peux profiter du moment. Un peu comme un boulimique qui ne savoure pas le morceau de chocolat qu’il déguste. Souvent, les bons thriller me font cet effet là. Je passe un bon moment mais trop court. Et très vite, je passe à autre chose.

Avec Minier, alors que l’intrigue était de qualité, l’histoire bien écrite et les personnages attachants, le découpage de l’écriture, les chapitres courts, les pauses dans le récit m’ont permis de prendre mon temps, de savourer, de le laisser et d’y revenir… Pensez donc, j’ai passé près de 10 jours en sa compagnie…. Moi qui épuise jusqu’à 700 pages en une nuit ! Et j’ai apprécié cet espace de respiration que cette lecture m’a offerte. Un livre à parcourir par petites touches et un auteur que je prendrai plaisir à lire dans un autre opus.

Titre : Le Cercle

Auteur : Bernard Minier (et pas Minet !)

Editions : XO

Paru en 2012

Nbre de pages : 559 pages

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