Toutes blessent la dernière tue : bouleversante, Karine Giebel raconte Tama, esclave des temps moderne

On me l’a conseillé comme le roman à lire en cette année 2018. Un vrai coup de coeur de la part de plusieurs amateurs de thrillers, le livre à mettre au pied du sapin. J’ai suivi ces excellents conseils et je sors heureuse et bouleversée d’avoir parcouru plus de 700 pages aux côtés de Tama, jeune esclave des Temps Modernes.

En 1848, la France a aboli l’esclavage. Mais il aura fallu attendre la loi du 5 août 2013 pour que la réduction en esclavage, la servitude et le travail forcé fassent leur entrée dans le code pénal.  À partir de cette date, aucun être humain ne pourra être asservi par la force ou la contrainte en France, de quelle que manière que ce soit… Mais ont-ils été vérifier dans les arrières-cuisines des immeubles haussmanniens ou dans les loggias de pavillons de banlieue? Parce que la servitude domestique est une réalité. En France comme ailleurs.

Tama a 8 ans lorsque son père la vend à Majda. Elle quitte le Maroc avec cette inconnue pour découvrir une vie de souffrances, de corvées et d’asservissements en France, dans le pays des Droits de l’Homme. Malgré les sévices et les heures de labeurs, Tama ne se résigne pas. Elle n’abdique jamais. Elle courbe l’échine parfois sous les coups, parfois sous la faim, parfois sous la morsure du froid mais jamais elle n’abandonne la colère et le combat.

Elle gagne des petites victoires en crachant dans le café de celui qui l’a battue, et des grandes en apprenant à lire seule, à même le sol d’une buanderie sans chauffage. Elle est rebelle, attachante, intelligente. Elle est enfermée et tellement libre au fond d’elle, tellement courageuse. On a envie de la protéger, de la prendre par la main et de lui dire que la vie, ce n’est pas ça, qu’elle a droit à sa part de soleil.

C’est un roman dur, c’est un roman noir mais c’est aussi incroyablement lumineux. Malgré les horreur que l’on découvre au fil des pages, Tama reste encrée dans l’espoir et son espoir nous fait tellement de bien.

Karin Giebel nous offre un thriller psychologique magistral, un vrai coup de coeur en cette fin d’année. Les conseillers avaient raison, c’est le roman à lire. Pour découvrir une réalité qui existe, aujourd’hui, en 2018. Pour ne pas dire que l’on ne savait pas, pour découvrir le prix du courage, la force du combat, le bonheur de sa propre vie.

Bouleversant, magnifique et terriblement réel.

Titre : Toutes blessent la dernière tue

Auteure : Karine Giebel

Editions : Belfond

Année de parution : 2018

Nbre de pages : 736 pages

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