Les lumières s’éteignent, le public en redemande, quelques filles se pâment; Adam Naas a déjà quitté la scène laissant planer son aura de demi-dieu

Auteur d’un « The Love Album » fascinant sorti chez Universal Music, sous les labels Mercury Records et Virgin Records, Adam Naas se pose comme un artiste en devenir aux multiples talents dont le travail ne tardera pas à payer. Sorti de nulle part en 2016 avec le titre « Fading away », cet ovni était en concert récemment au Botanique, l’occasion idéale d’aller tester la bête sur les planches…

Vers 20h, la Rotonde est encore peu remplie pour l’arrivée sur scène de Goodbye Moscow.

Goodbye Moscow © Jean-Pierre Vanderlinden

Le Bruxellois Benjamin Hutter, alias Goodbye Moscow, rêve sa pop en français et nous propose des chansons sensuelles et dansantes remplies de fraîcheur qui nous font penser à Etienne Daho ou Lescop, version positive attitude. Un titre comme « l’Océan » témoigne parfaitement de ce style épuré bien sympathique et rafraîchissant bien agréable à l’écoute. À suivre…

Lorsque les deux musiciens d’Adam Naas, Louis Guego, le plus souvent à la guitare, et Christelle Cannot, à la basse et aux claviers, prennent place sur scène, le public est nettement plus nombreux et l’arrivée de notre homme dans un halo de lumière est saluée par une jolie clameur de satisfaction.

Adam Naas © Jean-Pierre Vanderlinden

Avec sa voix soul haut perchée et son charisme naturel, Adam Naas semble incarner le rejeton génial et atypique né d’un choc ADN entre la gestuelle d’un Prince et l’émotion d’un Jeff Buckley, et auquel on aurait rajouté un soupçon d’Asaf Avidan. Tout d’abord très calme derrière son pied de micro, chantant presque a capella, il semble soudain s’électriser comme un pantin désarticulé mi ange-mi démon qui nous envoûte littéralement durant chaque titre. Sa voix miraculeuse s’appuie sur une présence scénique évidente, qui semble parfois lui échapper.

Adam Naas © Jean-Pierre Vanderlinden

On reste suspendu à ce timbre unique, capable de vous donner la chair de poule et de partir la seconde d’après dans des délires vocaux passionnants. Quelques titres émergent de ce rêve éveillé comme « The Love », « I Want to Get You Close to Me » ou « Shalalalove », pour n’en citer que quelques-uns de mémoire.

En 75 minutes d’un concert brillant durant lequel le temps s’est littéralement suspendu, le français a interprété, ce soir-là sur la scène du Botanique, quelques perles musicales, nous faisant par là même vivre une expérience sublime dont lui seul connait le secret. Les lumières s’éteignent, le public en redemande, quelques filles se pâment, l’artiste, lui, a déjà quitté la scène…définitivement. Un grand moment !

Jean-Pierre Vanderlinden

Le concert en images…

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