Lucky Luke, un cow-boy à Paris: je flinguerai ton nom, liberté, et plus vite que ton ombre !

Ça y est, la fin d’année approche et, comme toujours, entre saint Nicolas et le Père Noël, elle apporte ses chocs de héros. Comme toujours certains font l’impasse, d’autres reviennent à la charge. C’est le cas du bisannuel Lucky Luke qu’on aurait très bien pu croiser au… Parc Astérix (Astérix qui fixe rendez-vous dans les salles obscures avec Le secret de la potion magique mais aussi dans un album illustré adapté du film par Fabrice Tarrin, mais revenons à nos chevaux) parce que le cowboy de moins en moins solitaire fait escale… à Paris dans son nouvel album, à nouveau scénarisé par Jul et dessiné par l’indécrotable (indésellable, même) Achdé, depuis 15 ans. Un album qui sort le cowboy de sa zone de confort et de ses terres de western pour faire la part belle à la Ville-Lumière mais, surtout, à une grande dame enflammée, la statue de la liberté.

© Jul/Achdé/Mel chez Lucky Comics/Dargaud

Résumé de l’éditeur : Le sculpteur français Auguste Bartholdi fait une tournée spectaculaire aux États-Unis pour lever des fonds qui lui permettront d’achever la future Statue de la liberté. Mais plusieurs incidents visent la statue et même directement Bartholdi. Lucky Luke est missionné pour escorter le Français, et ce, jusqu’à Paris. C’est un choc culturel pour le cowboy qui, non content de traverser l’Atlantique pour la première fois, découvre la splendeur de la ville lumière, et le mode de vie de ses autochtones, les parisiens.

© Jul/Achdé/Mel chez Lucky Comics/Dargaud

Un titre qui joue les références cinéphiles; un album qui commence par la fin; des Dalton qui jouent les figurants de luxe avant qu’un gigantesque cornet de glace, le bras de la Statue de la liberté tenant sa légendaire torche (décidément multifonctionnel puisqu’elle fera aussi un nid-de-pie tout trouvé), ne leur vole la vedette (à Averell, surtout); des Indiens furax et ayant le scalp facile; Lucky Luke, dont le chemin sera encore bien long pour regagner sa maison, qui doit jouer de la gâchette; c’est clair ce huitième tome ne gâche rien et part dans tous les sens. Mais, pour l’heure, c’est encore le désert (avec un seul « s », Averell) et jouer les Gene Kelly, ça se mérite. Hein, Luke ?

© Jul/Achdé/Mel chez Lucky Comics/Dargaud

Mélangeant habilement l’Histoire et la fantaisie humoristique, Jul retrace le périple des morceaux de La liberté éclairant le monde, emmené à travers l’Ouest à la rencontre des peuples pour lever des fonds. Un véritable crowdfunding avant l’heure dans un univers où les hommes passent allègrement du bon au mauvais côté de la Loi. C’est le cas du directeur du pénitencier de Cross Junction, où justement les Dalton ont atterri, qui avait des vues sur Oyster Island (ou Bedloe’s Island), pour y implanter sa prison. Justement là où Bartholdi verrait bien sa monumentale statue. Alors, cet îlot rocheux sera-t-il l’île de la liberté ou celle de la captivité ? Les bagnards ont choisi leurs camps (sur fond d’une chanson bien connue de La reine des neiges) et le bras-de-fer est engagé et tous les (six-)coups (et plus si affinités) sont permis.

© Jul/Achdé/Mel chez Lucky Comics/Dargaud

Finalement, le héros à la brindille ne verra Paris que le temps de vingt planches, de quoi nous laisser sur notre faim ? Sans doute. Pourtant, ce tome qui accumule les bons mots et les références détournées est un excellent cru. Après une Terre Promise agréable mais sans plus, Jul perpétue beaucoup mieux l’identité du lonesome cowboy et s’autorise des disgressions caustiques, dans la voie de Goscinny. Mettant à mal le nouveau héros de son catalogue en lui faisant prendre l’eau et la nausée, Jul intensifie la drôlerie une fois sur le plancher des vaches bleu-blanc-… rouge qui ne regardent pas les trains passer puisque les cheminots sont forcément en grève. Pique et pique et collé-vanne, Jul a trouvé le moyen de flinguer plus vite que son ombre et tout y passe : l’ère sécuritaire dans laquelle nous vivons, la folie des parcs d’attraction et des fresques autour des héros de BD ou encore… les pourboires dans les restaurants que les « bouseux de Bruxelles » oublient trop souvent.

© Jul/Achdé/Mel chez Lucky Comics/Dargaud

Alors que Mel ne trahit pas l’identité picturale de la série (et réussit de beau compromis dans la nuit et alors que Lucky Luke tente de voler la vedette au Spiderman français en escaladant la statue); l’humour graphique n’est pas en reste et nous fait des french kiff. S’offrant l’oxygène et la pureté de Paris (kof kof), Achdé s’en donne à coeur-joie dans des décors nouveaux pour notre justicier. Bref, un très chouette album qui écrit en filigrane, ton nom, liberté qui, elle, guide le peuple. Ou tente de le guider, car apparemment elle a trumpé les Américains et grugé les Brésiliens. Peut-être faudrait-il la récurer un bon coup pour qu’elle éclaire à nouveau le monde ? Du moment qu’il nous reste l’humour, tout n’est pas perdu. Et ce nouvel album de la légende de l’Ouest est bon comme du pain… français, forcément.

© Jul/Achdé/Mel chez Lucky Comics/Dargaud

Série: Les aventures de Lucky Luke d’après Morris

Tome: 8 – Un cow-boy à Paris

Scénario: Jul

Dessin: Achdé

Couleurs: Mel

Genre: Aventure, Humour, Western

Éditeur: Lucky Comics

Nbre de pages: 48

Prix: 10,60€

Date de sortie: le 02/11/2018

Extraits:

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