Le Jeu : la vie privée des animaux… ultra-connectés et la déraison des réseaux

En moins de deux décennies, le smartphone est devenu le prolongement de l’être. Il est constamment présent ! De la naissance à l’enterrement, l’homme est connecté et partage son histoire et ses opinions sur les réseaux sociaux, par mail ou par SMS grâce à son GSM. De plus, le smartphone étant multifonction, il a remplacé les agendas et les journaux intimes. Pour beaucoup, perdre son GSM symbolise quasiment l’amputation d’une partie de soi. Cet objet relève d’un domaine sacré : l’intimité. Où de grands poètes énonçaient « les yeux sont le miroir de l’âme », la modernité réplique que « le mobile est l’intimité, partagée ou non, de l’être ».

Lors de la 33e édition du festival international du film francophone de Namur, les festivaliers mordus de septième art eurent la chance de découvrir en exclusivité le prochain film de Fred Cavayé (À bout portant, Mea Culpa, Radin).

Pour réaliser ce long-métrage,  le cinéaste français s’est entouré d’une pléiade de comédiens dont la réputation n’est plus à faire. Bérénice Bejo, Suzanne Clément,  Doria Tillier, Stéphane De Groodt, Vincent Elbaz, Roschdy Zem et Grégory Gadebois se sont laissé séduire par le projet de huis-clos choral proposé par Fred Cavayé.

« Le jeu » est le remake du film italien « Perfetti Sconosciuti ». Comme le film d’origine, « Le jeu » raconte la soirée d’une bande d’amis se réunissant dans l’appartement de l’un des couples du groupes pour souper et assister à une ellipse de lune (du superbe point de vue qu’offre la terrasse). Au cours du repas, l’un des convives soumet l’idée de mettre en place un petit jeu. Tout au long de la soirée, chaque SMS, mail et appel que chacun d’autres eux recevra devra être partagé à toute l’assemblée.

Ce film choral en huis-clos rappelle un autre film du genre, « Le prénom » de Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte mais, contrairement à cette adaptation de pièce de théâtre, « Le jeu » se veut moins élitiste dans le contenu du script. Malgré les rôles de psychologue, de chirurgien et d’homme d’affaires, ce long-métrage ne s’essaye point au jeu de l’embourgeoisement par l’utilisation de références culturelles qui ne font écho qu’aux classes supérieures.

De plus, l’objet principal de cette œuvre étant un sujet contemporain des plus universaux, ce film est adapté à un large public. « Le jeu » se veut être un film tout public qui permettra à tout un chacun d’y trouver son compte tout en ouvrant des portes pour une réflexion critique personnelle de notre société. Et même si « Le jeu » est une réalisation pleine d’humour, le spectateur se sent parfois mal à l’aise. Le final déroutant de ce film laissera le public face à une question dont Bérénice Bejo et Stéphane De Groodt offrent chacun une piste de réponse. La subtilité de script découlant du panel de rôles (plus diversifiés que ça tu meurs) qu’inclut l’histoire offre de réels fous rires inattendus aux spectateurs. Quand la situation laisse à penser que Fred Cavayé s’est abandonné à la facilité, l’histoire éblouit le public de ses multiples facéties.

Enfin, il faut saluer la scène du coup de fil père-fille(-mère) qui à elle seule accrédite le fait qu’il ne faut absolument pas rater ce film qui sortira en salle le 17 octobre prochain.

 

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